Bon Appétit. Monstre épisode. Groenland.
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Bon Appétit. Monstre épisode. Groenland.

La Team Bon App navigue sur les fjords du Groenland en compagnie d'Adrien Coirier pour une  partie de traque aux couloirs
Texte Victor Galuchot
Photos Fabien Maierhofer
Vidéo Nico Favre
Texte Victor Galuchot
Photos Fabien Maierhofer
Vidéo Nico Favre
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Le printemps est un moment de la saison que j'apprécie tout particulièrement. Les jours s'allongent, les objectifs professionnels sont quasi tous remplis et chacun d'entre nous retrouve comme un second souffle pour finir la saison en beauté. C'est aussi l'époque des premiers BBQ mais ça c'est une autre histoire... C'est ce moment là que nous avons choisi pour tourner nos fameux « Monstres épisodes ». Et, bien que les oiseaux qui se remettent à chanter nous rendaient insouciants, vos serviteurs étaient dans une belle merde. En effet quelques mauvais rebondissements sur le plan initial et pas mal de procrastination nous ont conduits à ce qu'on appelle « être dans le flou artistique » . Un peu comme la fois où je suis allé passer le BAC d'allemand à l'oral... En bref, on savait pas où on allait. 
Mais ce qui a fait la grande histoire de Bon Appétit se sont les amis. Et c'est encore un bon copain qui a trouvé de quoi écrire une page de notre grand bouquin. Une option de rêve sortie du fond du chapeau de Mr Adrien Coirier. Le bougre se torture à vomir en mer sur des voiliers depuis quelques années pour réaliser de beaux projets mêlants marins et montagnards. Et ce genre connexions nous a permis d'atterrir au Groenland, sur le voilier de Thierry Dubois. Nous passions alors de la vilaine sensation de solitude face à un prof d’allemand qui ne comprend pas pourquoi vous ne pipez pas un mot alors que vous pratiquez depuis 3 ans, à un bonheur de voir son nom à coté la mention bien sur les résultat d'un diplôme volé. 
Mais passons sur les flashback d'une scolarité rocambolesque. Voilà donc vos serviteurs nauséeux, sur une magnifique goélette : La Louise. Thierry Dubois, marin chevronné ayant participé à de grandes courses notamment le Vendée globe, a construit ce bijoux en 5 ans grâce à ses compétences d’ingénieur naval. Nous voilà donc sur l'eau à la sortie de la capitale du Groenland : Nuuk. Adri est déjà à la barre naviguant vers nos premières aventures à ski. La côte Groenlandaise s'apparente au cliché qu'on a de la Norvège, de grands Fjords découpant un paysage de montagnes d'environ 1000m plutôt abruptes. C'est ici que nous allons jouer durant les 9 prochains jours. La Louise sera notre QG, notre véhicule, notre maison, mais aussi notre abri contre les tempêtes. 
Thierry nous mène, vers une première zone de couloir qu'il connait. Après un coup de jumelle nous choisissons le terrain qui sera notre premier contact avec la neige Groenlandaise. Un Couloir d'environ 500m qui présente une option sécuritaire pour prendre la température comme on dit... Nous découvrons alors que se rendre au ski est tout une aventure lorsqu'on navigue. Il faut en effet ancrer le bateau et mettre l'annexe à l'eau. Si comme nous, vous vous y connaissez autant en navigation qu'en bowling, l'annexe est un petit bateau genre zodiaque qui permet de se rendre à terre. Nous voilà donc sur ce petit zod en train de prendre de prendre des embruns plein la face impatients de reposer les pieds sur terre. En effet 3H sur l’océan ont suffi à nous donner le mal de mer, et par la même occasion le mal de terre une fois de retour sur un sol immobile... Mais qu'importe, nous voilà sur nos skis. Plutôt sur nos crampons car le couloir est bien glacé, le vent ou peut être même la pluie ont vitrifié la neige. Mais la vision d'un couloir rectiligne à 45°, avec en ligne de mire l'océan et notre bateau ancré là rend la qualité de la neige secondaire. Ces premiers virages resteront bien gravés dans ma mémoire, non pas par leurs qualités mais bien par la beauté de cet environnement. Je prend alors la mesure de ce que vont être ces 9 jours à sillonner les fjords Groenlandais sur La Louise. Le voyage d'une vie, une parenthèse complètement hors du monde des Hommes. Où nous serons de simples petits bonhommes au milieu de ces deux espaces sauvages qui imposent tant le respect, l'Océan et la Montagne.
Après ce premier contact plus que satisfaisant nous levons l'ancre direction le sud. Un grand nombre de Fjords se succèdent tout le long de la côte et ceux qui nous intéressent n'ont jamais été visités par des skieurs. Thierry est déjà venu en repérage, il a même skié l'entrée d'un de ces Fjords mais la banquise à rendu une exploration plus approfondie impossible. Les cartes locales bien qu'approximatives laissent deviner le potentiel de la zone. Encore et encore des montagnes culminants 1000m au dessus de l'eau et fendues de grandes saignées blanches. Paradis offrant un terrain d'aventure qui aura raison de notre énergie bien avant que nous en ayons fait le tour. 

Un grand nombre de Fjords se succèdent tout le long de la côte et ceux qui nous intéressent n'ont jamais été visités par des skieurs

Victor

L'équipe Bon App accompagnée d'Adri joue les explorateurs, le ski est excellent et nous avons la chance de découvrir chaque fois un couloir aussi bien voire meilleur que le précédent. Tout cela rythmé par la vie très particulière sur le bateau. Chaque étape de la journée est une aventure, soit parce que nous faisons quelques manips sur le bateau, soit simplement parce que partir au ski représente tout une préparation. En effet, pour nous c'est la même histoire que lors de la première visite de Thierry. La banquise rend parfois les fjords impénétrables. La Louise est bien un brise glace mais sa force et son poids ne sont pas grand chose face à la solidité de la glace. Nous parvenons à casser une trentaine de mètres de banquise fragile quand la côte est encore à plus d'un kilomètre. Il faut alors descendre depuis la proue du bateau sur la glace pour tirer l'encre et la coincer sur la banquise. De là nous partons une échelle sous le bras à l'assaut des montagnes. Après une vingtaine de minutes de pas de patineur nous atteignons enfin la côte. C'est ici que l'échelle prend tout son sens. Là, au bord de la terre, la banquise est complètement fracturée. Les mouvements verticaux créés par la marée cassent la glace à l'endroit où elle voudrait s'accrocher à la terre. Suivant cette marée il nous faut donc une échelle pour atteindre la montagne en passant par dessus et/ou entre ces fractures bleus menaçantes. Ce genre de moments donnent à ce voyage une saveur toute particulière.  
Le ski est ce qui nous a amené là mais nous avons trouvé bien plus. L'expérience de la vie sur un bateau, la rareté et le luxe de s'attaquer aux montagnes depuis la mer, la beauté des éléments et d'une nature intacte. Une bouffée de simplicité et de sens loin de l'absurdité de notre vie moderne. Neuf jours ne serons jamais assez pour satisfaire ma soif de cette vie vraie. Mais ça restera quelque chose d'énorme. C'est déjà une telle chance que d'avoir vu et vécu cet endroit.  

Merci à mes amis de Bon Appétit, merci à Adri de nous avoir ouvert cette porte, un énorme merci à Marion et Thierry qui gèrent La Louise d'une main de maitre. Un grand bravo et beaucoup de respect à Thierry qui navigue et explore ces côtes sauvages depuis 8 ans. Et qui, de part cet engagement, permet aux plus nombreux de toucher ce rêve du bout des doigts. 

 Vive la vie. 

 Allez Ciao ! 

8 commentaires

klyxt
Statut : Gourou
inscrit le 09/11/08
Photos : 1 photos du jour
Magnifique vidéo avec des paysages vraiment sublimes!!!
 

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Micka_74

inscrit le 03/01/17
Matos : 1 avis
il est ptet pas doué en LV2 le Victor, mais les beaux textes ça il sait y faire ! bravo à vous, c'était vraiment un épisode monstrueux
 

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freeryan
Statut : Confirmé
inscrit le 12/02/05
Un mOnstre épisode magnifique , la destination , le voyage , les délires , le ski , les prises de vues ..

Vous m'avez régalé ...
M E R C I !! :)
 

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