Bakuriani, petit Caucase, petit Japon 
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Bakuriani, petit Caucase, petit Japon 

second épisode de notre série sur le ski en Géorgie
Texte Guillaume Lahure
Photos Guillaume Lahure
Vidéo Illustration Simon Charrière
Texte Guillaume Lahure
Photos Guillaume Lahure
Vidéo Illustration Simon Charrière
second épisode de notre série sur le ski en Géorgie

En février 2017, avec Sophie Lechasseur et Simon Charrière, nous avons eu la chance grâce à Daniel de Ski Georgia de découvrir le ski dans cette ancienne république soviétique. Après 2 journées à Mestia, nous voici en route vers la station de Bakuriani.

Bakuriani

La station de Bakuriani est située à 180 km à l'ouest de la capitale dans le massif du Petit Caucase qui occupe le sud du pays, à la frontière avec l'Arménie. A un peu plus de 3 heures de route, c'est une destination beaucoup plus accessible depuis la capitale que la région de Mestia.

A 1700 mètres d'altitude, c'est une station aux infrastructures très modernes avec une offre touristique bien établie mais clairement familiale. 

Elle est posée dans un grand cirque qui offre de très nombreuses possibilités Freeride avec des accès simples en suivant les crêtes : les canyons sont très nombreux et un régal à skier, tout comme les nombreuses zones de forêt. Dans les deux cas, ces zones représentent des antidotes très efficaces au vent qui souffle très souvent dans le coin : ne vous fiez pas aux crêtes pelées, la poudreuse n'est pas très loin. Sans révéler trop les spots des locaux, ça se passe en direction du Mont Sakvelo qui culmine à 2816 mètres pour les canyons, et les forêts que nous avons explorées étaient dans la zone de droite (avec retour à la station en voiture). 

Le terrain est très ludique, et le potentiel vraiment vaste, la concurrence pour les traces inexistante. On regrettera de ne pouvoir y passer qu'une journée

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traitement VIP

En arrivant aux remontées mécaniques, on réalise que les remontées ne tournent pas : trop de vent ! Le fait que notre trip soit réalisé en partenariat avec le ministère du tourisme géorgien nous évitera aujourd'hui de devoir mettre les peaux (ce qui n'aurait pas été une catastrophe) : une dameuse, puis des motoneiges nous amènent au pied du tout dernier funiculaire, qui tourne rien que pour nous. Grand luxe! Nous voici seuls au monde avec notre guide à 2700 mètres.

Le paysage est grandiose, mais boudiou ça souffle fort. 

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Les canyons

Quelques minutes de marche et nous sommes rassurés : non, toute la station n'a pas été soufflée. Les canyons sont sympathiquement remplis, la neige a parfois été un peu travaillée mais reste super bonne. Et plus on s'éloigne des crêtes meilleur c'est sur cet itinéraire très ludique. Nous voilà revenus en plein hiver après les conditions printanières de notre seconde journée à Mestia.

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un peu de neige en suspension

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Sophie, la guerrière quebecoise

40° de fièvre mais hors de question pour Sophie Lechasseur de rater cette journée. Elle y sera vraiment allée au mental, respect!
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intermède gourmand

La Kapatchuri, sorte de pizza au fromage et quasi plat national,  se déguste à toute heure du jour et de la nuit. Pas chère, délicieuse et pleine de bonnes choses qui donnent de l'énergie, la Kapatchuri est en Géorgie votre meilleure amie, tenez vous le pour dit.

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Le petit Japon

Changement de versant, direction les forêts de Bakuriani et leurs Tétras du Caucase tapis sous la poudreuse. C'est un peu bravache, complétement exagéré, mais de retour du pays du Soleil Levant, je n'ai pu m'empêcher de voir des similitudes entre la forêt de Bakuriani et les forêts du Japon. La poudreuse y était ce jour là toute identique, l'ambiance similaire, même le skieur, Simon, était le même que celui que j'avais shooté un mois plus tôt au Japon dans la forêt de Tsugaike.

Après une courte approche via les crêtes soufflées, la forêt nous récompense avec une poudreuse profonde et super légère. Un vrai bonheur pour ce dernier run de la journée.

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Petite photo souvenir avec au centre notre super mega Guide du jour, qui aura partagé tous les bons spots du coin. Anecdote amusante, Baqar Gelashvili est pisteur ici à Bakuriani et sa tenue est celle des ski-patrol de Park City, aux US. C'est le cas partout dans les stations géorgiennes : les pisteurs portent des tenues récupérées dans le cadre (on imagine) d'un programme de partenariat avec les stations américaines.

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Bords de routes

C'est vraiment quelque chose de fascinant lorsque l'on traverse la Géorgie, le spectacle est permanent. Non pas qu'il s'y passe quelque chose, mais parce qu'on a l'impression d'avoir emprunté une machine à remonter le temps et d'être bloqué entre deux époques, spectateurs de cette Géorgie un peu délabrée qui se présente à nous, comme un pays qui aurait été ravagé par la guerre et qui peinerait à se reconstruire. Or ce n'est pas le cas : il a tout simplement subi de plein fouet l'effondrement du bloc communiste.

Du coup, je m'excuse presque auprès de nos hôtes de l'insistance que je met à photographier des bâtisses pas toujours très glamour, alors que le pays est si beau par ailleurs. Je ne voudrais pas paraitre plus malpoli ou crétin que je ne le suis déjà. Pas de soucis, ils assument avec raison cet héritage qui participe à l'attrait de cette destination (des circuits touristiques commencent d'ailleurs à se monter sur le thème).

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Et si on reprenait la route justement?

Notre périple se poursuit au pas de course : notre planning, le seul possible tenant compte des contraintes de chacun, impose pour ce tour (partiel) du ski en Géorgie de faire en une semaine ce qu'il faudrait faire en deux. Je regrette de ne pas avoir le temps de me balader dans le vieux village de Bakuriani qui semble abriter des bâtisses incroyables. Ce sera pour une prochaine fois, Gudauri nous attend... Nous remontons dans le 4x4.
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Madloba

Un immense madloba à Daniel pour sa gentillesse et son implication totale dans l'organisation de ce voyage.

Madloba à Giorgi Chogovadze du GNTA (Office de tourisme géorgien)

Madloba aussi à Sandro Onoprishvili de Mountain Resorts Development Company

Madloba enfin à nos chauffeurs / guides / oenologues en dehors de la neige : Irakli et Tsotne

Madloba à Baqar, notre guide ski sur place

Madloba aussi à Fujifilm France qui m'aide à essayer de faire de belles photos.

9 commentaires

ventoux84

inscrit le 18/11/03
A noter que Bakuriani était candidate avec sa voisine Borjomi pour l'organisation des JO de 2014 que Sotchi a finalement organisé !
Bast03
Statut : Gourou
inscrit le 27/01/03
Stations : 2 avisMatos : 1 avisPhotos : 1 photos du jour
Et du coup, t'as les plans des pistes des stations géorgiennes?? :)
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Bast03
Statut : Gourou
inscrit le 27/01/03
Stations : 2 avisMatos : 1 avisPhotos : 1 photos du jour
Merci pour ce récit, j'adore voyager à travers les trips des autres, à défaut de pouvoir le faire par moi-même. Je trouve les photos magnifiques, surtout celles en NB (neige en suspension). Ce XT2, c'est quand même du bon matos ;)
Du coup, j'ai quelques questions :
-ils vivent de quoi les Georgiens ? Et qui financent les infrastructures Pomagalski toutes neuves ?
A Tetnuldi, tu disais qu'il y avait peu de skieurs, c'est pareil ici?
ventoux84

inscrit le 18/11/03
Je peux te répondre car je connais un peu ce pays.
Tetnuldi, c'est une vitrine, une station ex-nihilo loin de tout ! Un truc à la Russe!
La route est interminable...
Mountain Resorts of Georgia a implanté durant l'été 5 téléskis dans la vallée de la Svanétie (où se trouve Tetnuldi) pour développer le ski. L'objectif de ce plan de construction de téléskis dans des micro-villages de montagne (Svanétie) est de diffuser une culture ski dans le pays! Il y a un gros travail aussi en cours pour sécuriser et terminer la route qui va jusqu'à Ushguli au fin fond de la Svanétie. Un aéroport a été construit à Mestia à quelques kilomètres de Tetnuldi. Les choses se mettent en place... mais sans véritablement de plan j'ai l'impression.

Bakuriani, c'est différent. C'est un village. C'est assez proche de la capitale Tbilissi (3 heures). C'est sûr en semaine il n'y a pas grand monde car les gens travaillent mais le week-end cela se remplit facilement. Les Géorgiens ne viennent pas forcément pour skier mais aussi pour faire la fête! On y croise pas mal de Russes mais aussi des Azéris! On les reconnait au plaques d'immat.

Mountain Resorts Development Company porte le développement du ski en Géorgie. Cette entité dépend du ministère de l'économie et du développement durable.
C'est donc des fonds publics mais comme partout on emprunte pour financer tout cela : http://georgiatoday.ge/news/5379/TBC-Bank-to-Support-Mountain-Resorts-Development-Company-of-Georgia

Enfin pour les remontées ...Poma mais pas que ... Doppelmayr vient de livrer un télésiège débrayable 6 places places à Mestia ...
http://www.mrg.gov.ge/eng/main/index/36
Installation dont je n'ai absolument pas saisi l'intérêt pour effectuer une liaison sans ski propre entre Mestia et la station d'Hatsvali!
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Bast03
Statut : Gourou
inscrit le 27/01/03
Stations : 2 avisMatos : 1 avisPhotos : 1 photos du jour
Merci pour ces mines d'infos. Mais un truc que je ne comprends pas bien : pourquoi développer autant le ski si les Géorgiens ne skient pas plus que ça ? C'est vraiment dans un but touristique et de faire de la Géorgie une destination ski ? Qui serait interressé ? Les russes ? Les européens?
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ventoux84

inscrit le 18/11/03
114'000 "skieurs nationaux" d'après le dernier rapport Vanat ! Le triple pour les étrangers. On est clairement sur les balbutiements du ski en Géorgie...mais le tourisme est le principal levier d'attractivité du Pays ... Plus largement et au delà du tourisme hivernal, on croise du Russe, des Israéliens, des Azéris... Énormément de touristes du golfe à Tbilissi. Notre guide nous disait qu'il n'avait jamais vu de femmes en burqa avant. De belles montagnes, un riche passé et un coût de la vie très très attractif. Autant d'atouts.

Il faut se rappeler aussi que le Pays a très mal vécu sa période post-soviétique avec une guerre civile. Rebelote ensuite en 2008 quand Saakachvili a pensé qu'il pourrait reprendre l'Ossétie du Sud aux Russes...Ces événements ont d'une part généré beaucoup de dégâts dans le Pays, d'autre part ralenti son développement économique et touristique. Le tourisme est donc un prétexte pour booster les investissements dans un contexte économique pas folichon.

Pour clore, Tbilissi a accueilli l'an dernier le 3rd Euro-Asian Mountain Resorts Conference...3 français dans le programme officiel (http://www2.unwto.org/event/3rd-euro-asian-mountain-resorts-conference) ... On transpose notre modèle de développement des stations intégrées dans le Caucase ... comme on l'a fait en Russie et comme on est en train de le faire en Chine, en Iran ... Il faut fabriquer de la station. Le client n'existe pas encore mais on construit dans le but de le faire venir. Après 2020, le Pays a de grande ambition en termes d'accueil d’événements liés au ski ... peut-être une nouvelle candidature aux JO qui sait ?
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Balam

inscrit le 16/01/13
Bravo pour ce beau récit qui nous fait voyager. Les bâtiment font parti du la culture du pays, ne soit pas désolé

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Nikoloz

inscrit le 18/01/18
Un bon reportage sur Bakuriani ou moi même j'ai passé un partie de mon enfance et adolescence et ou nous avons monté la première école de ski en 1998, merci.

Beaucoup de choses ont évolué depuis et nous en sommes ravis, c'est très bon pour les locaux qui sont de plus en plus nombreux à venir sur dans les stations mais aussi pour le tourisme qui est une des importantes sources de revenu pour le pays

En revanche il faut faire attention au faits historiques : "Géorgie un peu délabrée qui se présente à nous, comme un pays qui aurait été ravagé par la guerre et qui peinerait à se reconstruire. Or ce n'est pas le cas" : Ce n'est pas le cas? Avez vous oublié (ou n’êtes vous pas au courant) de l'invasion Russe sur le territoire géorgien en août 2008?

La route que vous avez prise vers Gori et Khashuri était coupée et occupée par les russes et la ville de Gori ainsi que les alentours, bombardés par leur aviation (entre autres points bombardés sur le territoire géorgien)

Les russes se sont retirés des routes mais sont toujours stationnés à quelques kilomètres (limite visibles à l’œil nu) de cette fameuse route qui vous emmène à Bakuriani

Non pas que ça craint pour y aller ou autre mais, c'est bien d'avoir l'image générale et ne pas mettre tout sur la chute du communisme, le pays est toujours occupé en ce moment.

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