Poudreuse printanière à Engelberg
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Poudreuse printanière à Engelberg

Des Anges Et Des Monts...
Texte Gravfael
Photos Stephane Delécluse "Oakley" / dessins : Simon Charrière
Texte Gravfael
Photos Stephane Delécluse "Oakley" / dessins : Simon Charrière
Des Anges Et Des Monts...

Le week-end dernier Pat Vuagnat, Simon Charrière et "Gravfael" accompagnés du photographe Stéphane "Oakley" Delécluse sont allés profiter des chutes de neige de Janvril à Engelberg. Si comme eux vous voulez encore profiter de ces conditions printanières hivernales, la station est ouverte jusqu'au 28 mai 2017.

Il y a des délices qu’il faut savoir attendre, celui-ci a été désiré 5 longs mois. On peut le classifier en "grand cru vendange tardive".

Après une météo hivernale compliquée, avec une neige rare et souvent dangereuse, après un printemps aux températures anormalement élevées, la majorité du peuple skieur avait voté pour la mise au placard des lattes. On en n’était pas loin d’ailleurs, mais on ne pouvait pas s’empêcher de scruter le ciel en espérant secrètement un dernier relent d’hiver.

Ce retour aux flocons a eu lieu il y a quelques jours déjà, avec le flux du 16 au 19 avril qui a permis de passer une journée excellente le 20. Puis, un nouveau flux est venu envahir une partie des Alpes, de façon massive dans certains coins, comme ici en Suisse Centrale, dans la vallée magnifique d'Engelberg.

Jour 1

Malgré un début d'épisode neigeux en dessous des prévisions sur cette montagne, nous avons persisté et nous arrivons le vendredi matin après avoir traversé des paysages dignes d’un début de saison. De la neige sur la chaussée à 500m d’altitude, ça fait bizarre un 28 avril ! Une petite pensée pour les arbres fruitiers en avance et généreux en fleurs cette année. Ils vont souffrir de cet épisode neigeux…

Sur la route, les nivoses et les webcams nous laissent rêver de quelque chose qu’on s’auto-censure, de peur d'être déçu par naïveté.

Le parking vide laisse présager des conditions peu agréables. Pas grave, on aime ça !

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On commence à 2500m, sur la piste et on se rend vite compte que nos rêves étaient…pessimistes. Un bon 60cm, faces shoots à gogo. On ne voit rien mais ce n’est pas gênant, ça rend même le jeu plus excitant. On tente un bord de piste, c’est encore plus fat. La neige est légère, bien froide, même si certains coins sont plus denses et qu’il faut de la pente pour avancer. On enchaîne, Pat Vuagnat nous déniche d’autres coins plus adaptés : le pied ! 

Stéphane shoote et réussit à capter des images fidèles à la réalité malgré un jour blanc. Ça pose gras, l’impression que nos traces se recouvrent à chaque passage. L’euphorie nous atteint. Un moment hors du temps. Une journée indescriptible. À 15h, on mesure entre 1m10 et 1m30 de fraîche selon le secteur. Miammm ! La neige évoluera un peu dans la journée, faisant un yoyo inquiétant d’humidité. Elle reste très bonne à skier, mais nous finirons trempés. Le vent s’invitera de temps en temps aussi, histoire de mettre le doute quant à la stabilité et la qualité du manteau neigeux pour le lendemain…

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Jour 2

Après une nuit courte et un peu agitée au couvent St Joseph, les nonnes adorables nous régalent d’un bon petit déjeuner, simple et calme. Dehors, tempête de ciel bleu, lever de soleil radieux, ce coin porte bien son nom, nous sommes aux anges ! L’architecture du bourg est atypique pour une station. Une ville à la montagne, avec des bâtiments aux styles mélangés, témoignage de la longue histoire de cette ville qui comptait déjà plus de 1700 habitants il y a… 160 ans ! Son abbaye, ses immeubles au style du XIXème, ses chalets traditionnels, le tout côtoyant élégamment un funiculaire et un tremplin de saut à ski. On comprend que pas mal de riders tombent amoureux et y restent faire leur vie… Surtout que les gens sont sympathiques.

Le stress monte d’un coup en arrivant aux remontées, qui tournent plus tôt qu’on ne croyait. Il y a beaucoup de monde. Laub, cette belle pente de 1000m, est chargée, va falloir se gaffer. On monte à Stand, 2500m, et on tâte le manteau sur des pentes douces, au soleil. Stéphane immortalise ces premières courbes du jour, on glisse dans un bon mètre de neige qui s’est asséchée avec le froid sec de la nuit, bingo !

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On y retourne, on cherche des coins tranquilles tout en profitant de ces conditions exceptionnelles. Simon Charrière se lâche sur quelques cailloux, Pat Vuagnat pose de jolis sauts, et la poudre nous caresse le visage quasi à chaque virage, les cristaux de neige incrustent un sourire universel sur toutes les faces qu’on croise. Nous restons prudents, on tente la grande face de Laub mais en variante moins exposée. On est le 29 avril, on skie de la poudre jusqu’à 1600m, jusqu’aux hanches au-dessus de 1900m, la meilleure neige de la saison, à part pour Simon Charrière qui s’est gavé au Japon, un plaisir partagé entre amis, une journée qui entre dans la légende de notre courte vie, de quoi patienter pour les 6 prochains mois ! Quoique, la météo semble vouloir remettre ça…
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