la suite....
Je ne pense pas qu'il y ait des différences majeures entre les capacités des joueurs des différentes nations. Capacités traduisent des ressources, celles-ci pour faire court, sont d'autres tactiques et techniques, (ce sont celles qui mobilisent le plus la compréhension et la connaissance du jeu), d'ordre physique, enfin d'ordre mental (intensité et degré des motivations). Les unes ne vont pas sans les autres, elles sont interactives et dans un travail de formation ou de perfectionnement, elles s'enrichissent mutuellement.
Selon que l'entraîneur structure plus ou moins le jeu, on mobilisera les joueurs sur un jeu plus programmé et forcément moins adaptatif et vice versa. Le sens que l'on donnera à la situation et la fluidité des mouvements collectifs et de leurs exécutions s'en trouveront modifiés.
Quel est le degré de structuration utile pour ne pas ne pas abaisser le seuil d'adaptabilité d'un collectif ? La question reste posée ? Mais choisir de passer par le travail de structuration avant de développer les potentialités adaptives me parait hypothéquer grandement la progression d'une équipe y compris a un haut niveau de pratique, mais la tendance, c'est de croire qu'à ce niveau, la dimension 'compréhension et connaissance du jeu' doit être acquise, ce qui est une erreur.
Dans ce cadre, le jeu français est à un tournant. Le jeu que dit vouloir développer le staff français implique les joueurs dans un travail auquel ils ne sont pas forcément tous habitués en club puisqu'il s'agit bien de recréer les conditions du jeu total, celui que l'on retrouve dans la compétition. Conditions de jeu total qui créent les variations adéquates en fonction de l'évolution de la situation. Une action collective bien menée se distingue par la fluidité de son déroulement à la fois dans le temps et dans les espaces de jeu. C'est la synchronisation optimale des diverses actions (somme de toutes les actions individuelles qui la composent) qui va rendre l'action efficace et permettre des enchaînements fluides (la continuité du jeu qui avance avec tout les ingrédients qui vont avec en terme de vitesse et technicité

. La réponse est bien tactique puisqu'il y bien adaptation tant individuelle que collective à la réaction de la défense. C'est le replacement défensif qui guide les choix de jeu en allant jouer là où la défense présente des faiblesses.
Le jeu alternatif des français dans le tournoi trouve une explication dans ce manque de constance dans la justesse d'exploitation des situations évolutives rencontrées. Le fameux "référentiel commun", indispensable pour aller vers du "mieux jouer efficace", reste à perfectionner. Cela ne peut se faire que dans un travail qui implique tout le collectif dans un rapport de force qui prend en compte toute la complexité du jeu.
Bien sûr, on peut choisir de jouer au rugby autrement, mais le type de formation sera différent et ne créera pas les mêmes joueurs. C'est un choix qui est tout à fait respectable et a fait ses preuves. J'espère que les adeptes sauront le défendre surtout quand ce jeu ne sera pas gagnant.