byron disait:
Et ça ne choque personne qu'il y ait des gens qui dorment à la rue au 21ème siècle, après 60 années de prospérité sans équivalent ? PAs seulement des marginaux au rmi, mais aussi des gens qui travaillent... En France en 2007, il ne suffit pas de travailler pour avoir une vie correcte et un logement décent et ça ne choque personne ?
Il ne s'agit pas d'encadrer les loyers, de légiférer un peu plus dans le maquis du droit immobilier, mais simplement de dire que l'état est responsable d'offrir un toit aux membres de sa communauté... COmme elle est obligée d'offrir une éducation jusqu'à 16 ans... Mais ça vous choque peut être aussi qu'on ne puisse plus mettre plus un gosse de 12 ans au taf...
Tu te méprends. D'abord, en ce qui concerne la chose obligatoire jusqu'à 16 ans, il s'agit de
l'instruction, pas de l'éducation, malgré le nom (absurde) du ministère concerné. L'éducation, c'est une affaire privée, certes, très déficiente dans beaucoup de cas. L'État ne fait qu'organiser un système d'enseignement gratuit pour que l'obligation
faite aux familles soit applicable par ces dernières indépendamment de leurs ressources. D'accord, certes, on tend à vouloir imposer
l'école obligatoire, mais il s'agit d'une perversion de la loi dans un esprit totalitaire (formater la jeunesse, ni plus ni moins, idée portée par les Meirieu et disciples).
Si l'État devient responsable du logement des citoyens (et des autres), ça va être l'URSS, ou, pour reprendre l'expression consacrée, la "France à deux vitesses" : ceux qui ont (plus ou moins d'ailleurs, j'ai déjà évoqué mon propre cas) les moyens de se payer un loyer "sur le marché", et ceux qui s'en foutent, car les largesses publiques leur offrent un toit.
Déjà, l'existence d'un "marché concurrentiel" en matière de logement est douteuse. Des tas de logements sont vides, d'autres ont été convertis en bureaux (c'est pratique, les bureaux, bien moins d'installations à faire et à entretenir, et des loyers surfaciques égaux à ceux des logements) vides également, donc une offre réelle. Seulement voilà, quand l'offre en choux-fleurs est trop importante, les prix chutent et la production diminue, alors que pour le logement, ces aléas sont quasi-inexistants : la maison ou l'appartement vides se conservent des années en l'état, le loueur n'est pas tenaillé par l'angoisse de l'invendu, ce qui n'aide pas les prix à baisser malgré l'inadéquation entre les prix et la demande.
Et paradoxalement, on se bat pour les logements pas chers (qui sont rares), donc leurs loyers montent !
Je vois dans beaucoup de communes rurales des lotissements pousser comme des champignons alors que la population n'augmente pas, cela veut dire que les maisons dans les bourgs se vident, est-ce bien raisonnable ? Là encore, personne n'en veut car c'est trop cher et il y a des travaux à prévoir si on veut le confort le plus moderne.
Ainsi donc, je trouverais intéressant que soit engagée une action pour laisser dégringoler les prix de l'immobilier, lesquels sont devenus insupportables pour la majorité de la population. Par exemple en lançant massivement (il y a déjà de timides tentatives) des programmes de logements à prix coûtant. En réglementant très sévèrement les loyers. Mais pas de "cadeau aux pauvres", ni d'extension du domaine de la lutte judiciaire (surtout quand les tribunaux ont déjà du mal à s'occuper des affaires sérieuses), moyens infaillibles de créer une caste "prolétarienne" et une caste "bourgeoise" définitivement hermétiques l'une à l'autre (c'est déjà bien en train). Car pour l'instant, on dirait bien que nos gouvernements successifs n'ont eu pour but que de préserver (voire d'augmenter) le confort des petits et grands rentiers, quasiment en les subventionnant.