AFP: Triste nouvelle plantigrade


 
 
Ukski
Ukski
inscrit le 22/10/04
16 sujets, 518 messages
 
Voilà, sans vouloir relancer forcément des débats qui n'apportent que rarement quelque chose ici, voici la triste nouvelle.


BERLIN (AFP) - L'ours brun "Bruno" qui semait la panique depuis mai au Tyrol (ouest de l'Autriche) et en Bavière (sud de l'Allemagne) a été abattu par des chasseurs dans la nuit de dimanche à lundi en Bavière.
Après deux semaines infructueuses de traque pour capturer vivant l'ours qui n'hésitait pas à s'approcher des habitations, les autorités tyroliennes et bavaroises avaient annoncé samedi que l'ours serait abattu à la première occasion.

Bruno s'était échappé début mai du Haut Adige italien pour traverser le Tyrol et sévissait depuis des semaines à la frontière austro-allemande. Il avait décimé au moins deux dizaines de moutons et de nombreuses volailles. N'ayant pas encore atteint l'âge adulte, ce spécimen était le premier à s'aventurer en Allemagne depuis 170 ans.

Après les premières apparitions en Bavière de l'ours, les autorités bavaroises avaient déjà décidé de l'abattre mais étaient revenues sur leur décision, des organisations écologistes ayant violemment protesté.

En Autriche vivent une trentaine d'ours qui ont été lâchés au cours des dix dernières années par l'organisation de la protection de la faune et la flore, WWF, dans des provinces qu'ils peuplaient jusqu'au début du 20ème siècle -Tyrol, Carinthie (sud) et Basse Autriche. D'autres ours venus de Slovénie se sont également implantés en Autriche.


Pendant un bon moment, l'ours flirtait avec la frontière austro bavaroise, avec d'un côté des hordes de chasseurs teutons avide d'un trophée devenu rare (sic), et de l'autre des randonneurs photographes autrichiens. La bêbête s'était taillé une sacré réputation de malin, en repassant à chaque danger la frontière. Et lors de nos randos dans les vallées susceptibles de l'abriter, c'est vrai qu'on rêvait secrètement d'apercevoir le farceur.

Mais le lobby des chasseurs autrichiens (qui arrivent à faire fermer des zones au ski HP/rando en hiver... c'est dire leur pouvoir) et le comportement de l'ours a convaincu les autorités autrichiennes de changer de camp. Et donc de rejoindre la position de l'Allemagne, où la peur de l'ours est viscérale..

C'est bien dommage.

Une opinion partagée aussi par un pote norvégien, qui trouve cette peur ridicule: chez lui, en Norvège, 8 attaques d'hommes par l'ours ont été recensées depuis 1900. 7 concernaient des ... chasseurs.
 
 
clemenza
 
triste nouvelle !
 
 
Niko_R
Niko_R
inscrit le 10/02/05
8 sujets, 604 messages
 
Vous savez ce qu'ils vont faire de la graisse?
 
 
krakoukas
 
y'a combien d'especes qui disparaisse de la planete par jour deja ???

alors cette mode de s'interresser a la vie des 3 ou 4 ours européens, pffffff.... ca rime pas vraiment a grand chose nan ?
je dis ca comme ca.
 
 
Niko_R
Niko_R
inscrit le 10/02/05
8 sujets, 604 messages
 
Surtout que des ours en Italie, y'en a quelqu'uns!
 
 
greulaux
 
krakoukas (26 juin 2006 13 h 58) disait:

y'a combien d'especes qui disparaissent de la planete par jour deja ???



Pour répondre à ta question :

I.3. LA CONVENTION INTERNATIONALE SUR LA BIODIVERSTE
[...]
Aux « morts naturelles » dues aux phénomènes du volcanisme, aux chocs telluriens, aux changements climatiques et autres maladies, s'ajoutent les pressions humaines. François RAMADE (1977) affirme que l'agression humaine est aussi vieille que la découverte du feu par nos ancêtres paléanthropiens. C'est en effet, à partir de ce premier acquis technologique que l'homme a commencé à exercer des actions dégradantes sur les écosystèmes naturels. Cette œuvre a été entamée par les chasseurs paléolithiques. Ces derniers, en effrayant et en traquant le gibier à l'aide du feu, auraient causé d'importants bouleversements dans de nombreuses communautés végétales du vieux monde et ceci déjà sans rapport avec les faibles effectifs de leurs populations.

L'histoire récente montre que l'homme assume une grande responsabilité du rythme alarmant dans la disparition actuelle des espèces. Des travaux récents sur l'extinction des espèces (on a beaucoup réfléchi sur la disparition des dinosaures et des rhinocéros laineux par exemple) ont renouvelé la tradition évolutionniste « ponctuelle ou catastrophique » et lui ont redonné une place explicative dans l'histoire de la vie sur terre. Cette idée s'oppose à celle du « gradualisme » défendue par Darwin, qui veut que la sélection naturelle procède essentiellement par de petites variations anatomiques ou de comportement. L'histoire de la vie sur terre serait caractérisée par la succession de périodes d'évolution normale pendant lesquelles ont lieu des extinctions normales d'espèces et de périodes de grands bouleversements écologiques, de modifications brutales des conditions de vie dues à des phénomènes extraordinaires (chocs telluriens ou chutes des météorites, éruptions volcaniques) à la suite desquels on enregistre des phénomènes d'extinction de masse, des processus de disparition d'espèces de très grande ampleur.

C'est ce même regard qui est posé sur l'évolution actuelle de la diversité biologique. L'extinction des espèces n'est plus seulement appréhendée au travers des cas d'espèces isolées plus ou moins charismatiques mais, comme un phénomène de destruction rapide à grande échelle des milieux de vie. Selon EDWARD WILSON(1992), RICHARD LAEKEY et ROGER LEWIN (1995), on assisterait ainsi à la sixième grande crise d'extinction biologique de l'histoire de la vie sur la Terre. Le niveau, l'intensité et la responsabilité de l'homme, en tant que super prédateur au dessus de « tous » en sont les principales caractéristiques.

Les différentes périodes de l'évolution se sont déroulées sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'années mais la dynamique en cours tient en l'espace d'une ou de deux générations. Les conséquences en sont potentiellement catastrophiques. Norman Myers (1979) évoque « l'arche de Noé ». Paul Ehrlich (1988) compare les conséquences de cette rapide érosion de la diversité biologique à celle que provoquerait un hiver nucléaire. Dans le climat d'urgence caractéristique des problèmes globaux d'environnement, beaucoup de biologistes et écologues pensent que c'est l'avenir de la planète qui est en jeu. La controverse n'en demeure pas moins en ce qui concerne l'ampleur véritable des problèmes et ses conséquences.

Les estimations fournies quant au rythme actuel de l'érosion de la Biodiversité sont sujettes à controverse. Ceci est dû non pas à un doute sur l'ampleur du phénomène, mais à l'absence d'un mécanisme de suivi systématique et global. Dans tous les cas, RICHARD LAEKEY et ROGER LEWIN (1995) estiment que le rythme actuel de disparition annuelle se situerait entre 17 000 et 100 000 espèces. TOLBA (1992) affirme que selon plusieurs auteurs, au cours des trois décennies à venir, le quart de la diversité biologique totale de la terre sera exposé à un risque critique de disparition. Entre 1990 et 2020, la disparition des espèces suite à l'exploitation des forêts primaires tropicales, entraînerait la perte de cinq (5) à dix (10) % du total des espèces de la terre. Ceci équivaudrait à une perte potentielle de 15 000 à 50 000 espèces par an, soit 40 à 140 espèces par jour. Toujours selon cet auteur, le statut actuel des espèces au niveau mondial serait établi comme suit : 3956 menacées , 3647 vulnérables et 7240 rares. TOLBA (1992) continue en distinguant trois catégories d'activités humaines responsables du phénomène actuel de la disparition d'espèces. Ce sont :

Premièrement la perte ou la modification des habitats : En général, une diminution de 90 % de la taille d'un habitat, entraînerait une diminution d'environ 50% des espèces que cet habitat pourrait héberger à long terme. Et ceci est actuellement dû à une mauvaise pratique des systèmes de production.

Deuxièmement la surexploitation : les cultures industrielles sont la cause de la perte de plusieurs espèces. Le commerce international a été à l'origine de la perte ou de la fragilité de plusieurs espèces dans plusieurs régions du monde, comme c'est le cas actuel de l'éléphant africain.

Troisièmement la pollution : l'utilisation des pesticides a affecté la survie de plusieurs espèces d'oiseaux et autres organismes. Les pollutions atmosphériques, celles des milieux terrestres ou aquatiques sont à l'origine de la réduction de la plupart des écosystèmes et des populations d'espèces sensibles.




Entre 17 000 et 100 000 par an ... même la fourchette basse me fait froid dans le dos !!!
 
 
krakoukas
 
gloups.. mais........ c'est la fin du monde....
 
 
krakoukas (26 juin 2006 15 h 37) disait:

gloups.. mais........ c'est la fin du monde....


A plus ou moins long terme, oui, c'est inéluctable...
 
 
greulaux
 
Darth Slovas (26 juin 2006 15 h 39) disait:

krakoukas (26 juin 2006 15 h 37) disait:

gloups.. mais........ c'est la fin du monde....


A plus ou moins long terme, oui, c'est inéluctable...


Sauf si l'espèce humaine avait le bon goût de disparaître avant les autres !
 
 
Calim
Calim
inscrit le 06/11/01
153 sujets, 13K messages
 
greulaux (26 juin 2006 16 h 22) disait:

Sauf si l'espèce humaine avait le bon goût de disparaître avant les autres !

la fin du monde aurait quand meme lieu ! c'est inevitable (-;
d'ici qq milliards d'année ... qui sait a quoi va ressembler la terre !
 
 
greulaux
 
Calim (26 juin 2006 16 h 55) disait:

greulaux (26 juin 2006 16 h 22) disait:

Sauf si l'espèce humaine avait le bon goût de disparaître avant les autres !

la fin du monde aurait quand meme lieu ! c'est inevitable (-;
d'ici qq milliards d'année ... qui sait a quoi va ressembler la terre !


Une grosse montagne gavée de poudre légère peut être ?? Roohh, ce serait énervant quand même ...
 
 
axar
axar
inscrit le 21/12/04
87 sujets, 3002 messages
 
Juste pour me faire l'avocat du diable... même si la nouvelle est infiniment triste, un ours qui a appris à s'approcher des habitations pour fouiller dans les poubelles est un ours fichu... jamais plus il ne s'en sortira seul, et ne sera indépendant du point de vue de l'alimentation. La chasse, la pêche, la cueillette, fini! Il finira par être abattu à un moment où à un autre.

Donc bon, abattre un animal condamné, c'est pas ce que je trouve pire.
Ce que je trouve pire, c'est le chasseur qui abat un animal sain, et indépendant dans son milieu naturel.
Et aussi un chasseur qui ne l'abat que pour le trophée.