Il est des jours comme ça, où l?on doit savoir faire preuve d?adaptation. À l'origine, simplement une sortie de programmée, reste juste à définir le lieu, puis départ !
Qui aurait pu prévoir, allez-vous me dire, au vu des bulletins météo pas si alarmistes que ça (un peu de zef çà et là) , que les crêtes (et tout le reste, d?ailleurs) du Grand Serre allaient essuyer la colère de Zéphyr comme on en est rarement gratifiés ?
Qui aurait pu dire, vous répondrai-je, que nous ne le mettrions pas à profit ??
Pour ce qui est de se pencher tôt sur l?ouvrage, on repassera... c?est avec une bonne demi-heure de retard que l?autocar jaune et bleu quitte Grenoble, direction une petite station au-dessus de Séchilienne. Tout commence bien, ciel couvert mais sans plus, journée sous d?assez positifs augures, si ce n?est... pas énormément de pistes d?ouvertes d?après l?office de tourisme. Ça ne fait rien nous disons-nous, nous avons un terrain de jeux assez accessible (qualifié de « frigo » exemplaire par un certain Ottakar il y a peu ;))
Oui mais... voici plutôt : à peine un pied à terre, vent par rafales passagères de quelque chose comme 90 à 100 km/h, ajoutez à cela un front de neige ayant peine à se remettre d?une LPN (limite pluie-neige, bande d?ignares, la protection de la nature on s?en fout !) un peu trop haute pour l?endroit ? à la soûûûpe ! ? , le décor est planté.
Et nous avec.
Il nous suffit d?une première montée sur le télésiège pour constater que la journée serait ardue, nous n?en étions pas encore à devoir débarquer que les passagers précédents ont voulu jouer aux châteaux de carte à la descente du siège : tout le monde soufflé, pas de jaloux, balle au centre. On aura au moins évité le ridicule de les imiter, mais de peu...
Bref, on a désormais le choix entre la cohue (c?est beaucoup dire !) des quelques familles et irréductibles qui auront tourné sur le front de neige toute la journée, et le ballottage des crêtes à peine visibles au-dessus de nous.
Effectivement on n?avait pas prévu ce genre de scénario, mais la force réside dans l?adaptation, disait je ne sais plus qui (on s?en fout) : aujourd?hui ce sera journée peaux de phoques? sans les peaux !
Descente sur les Cochettes, arrivée en haut du domaine « ouvert » (c'est-à-dire un tout petit tiers) , il n?en faut pas moins pour nous déterminer à profiter de notre petite escapade : ce n?est pas une petite bise, si vivifiante soit-elle, qui va arrêter nos ardeurs tout de même ! Une petite reconnaissance (c?est vite dit, on n?aura fait que constater que quelques endroits étaient résolument inskiables, on passera plus haut) avant de redescendre de cette petite mise en jambes.
Au bout de la deuxième montée à perches, nous nous décidâmes enfin à affronter le sérieux des choses, à commencer par les rafales toujours aussi dynamiques (et rien pour bloquer le vent, b****l !) inutile de chausser dans la pente, même faible, les skis sont sur l?épaule... il paraît que j?adoptais à merveille le staïïle « chasseur de lapins » lors des impératives et néanmoins brusques mises à terre nous évitant de nous faire balayer ! à la différence que je n?avais pas de gros « paquetage » ce jour-là (et n?en ai d?ailleurs jamais eu !) et en prime, petite démonstration de voile, ou savoir utiliser le vent même en pente ascendante, cependant les voiles en question c?était nous, marrants les sémaphores !
Pour une initiation improvisée, celle-ci était réussie, pas tant sur le plan technique mais pour les conditions. Ajoutez à cela un concert de sifflements au-dessus de nos têtes, les sièges sur leur câble se balançant en ch?ur et avec entrain, un véritable son et lumière (ne manquait plus qu?un peu de netteté pour pouvoir en profiter pleinement.)
La montée progresse, nous croisâmes quelques pisteurs, puis un ratrack ? mais il n?a pas voulu nous prendre... ? ça ne fait rien nous sommes presque au but !
En effet, après avoir vu se rapprocher l?arrivée des balancelles folles, nous nous arrêtons juste en-dessous : rouge des vallons, terminus !
Dévalons les Vallons...
Toujours sous le vent, et la visibilité n?était vraiment pas au top : nous avons dû redoubler de prudence pour ne pas nous égarer. Finalement c?est Spooky qui aura eu le meilleurs sens de l?orientation !
Comme toujours dans ce genre de situation, la descente est toujours trop courte en comparaison avec la montée... Mais le jeu en valait la chandelle, car à part quelques plaques à vent (il fallait s?y attendre) les congères de poudreuse ramenées par le souffle étaient tout simplement royales. Bref, que de passages trop courts mais ô combien plaisants !
Retour à la réalité
C?est-à-dire les Cochettes, petit coin de monde civilisé desservi par des perches, où se seront succédées quelques descentes dans une neige... de qualité honorable somme toute (nous étions quasiment les seuls à tracer) , même si au pied de la piste la soupe nous attendait bel et bien (un schuss à 5 à l?heure, qui dit mieux ?!) pour finir tranquillement notre journée (après une frugale sustentation dans une cage d?escalier !) dans quelques séries des bosses de la Blache.
Pour une fois le collectionneur de tuiles n?était pas en ma personne ? clin d??il amical à Spooky qui, en plus d?avoir manqué se faire embarquer par le vent (couche-toiiiiiiiiiiiiii !) a dû se résigner à skier en semi nocturne dans les moments les plus agités : ses yeux aussi ont cligné (pas glop les lunettes sous le vent et la neige, la prochaine fois tu penseras à ton masque...)
Bilan qualitatif des deux bonshommes : trempés jusqu?aux os, et le visage bien coloré.
Bilan quantitatif : une paire de gants pour moi (quand donc cesserai-je d?être autant étourdi ?) vs un bâton « 2 en 1 » pour Spooky, contraint de faire le deuil dudit bâton ayant cédé sous son poids.
Inutile de vous dire que cette journée m?aura donné l?occasion d?ouvrir les yeux sur une pratique autrement plus trépidante que les simples migrations sommet ? pied des pistes, je crois que je vais vraiment prendre le pas !
Inutile aussi, en ce qui vous concerne ami(e)s lecteurs/trices, de nous demander des images de notre parcours de santé, ni surtout (!) la raison de leur absence !!!
Bonne journée.







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