La meilleure façon de préparer la tartiflette... et de la manger !
L'autre jour, autrement dit je ne sais plus quel jour, on a eu de la visite à la maison, un pote de Grenoble, et donc on s'est dit : « Tiens, si on se faisait une petite tartiflette ? ». Là, cher lecteur attentif, tu as remarqué deux éléments chelous dans la phrase précédente. D'abord, tu me demandes : « Mais quel rapport ? Depuis quand la tartiflette est-elle dauphinoise ? » Oui, bon, c'est vrai, dans la tartiflette on met du reblochon, qui par définition est savoyard. (Mais ne crois pas qu'il s'agisse d'un plat traditionnel savoyard : la recette a été lancée en 1980 par des producteurs de reblochon, pour augmenter les ventes. On peut dire que la stratégie a fonctionné. La fin d'un mythe, hélas !) Mais sois clément : vu de Saint-Étienne, c'est un peu la même chose, Isère et Savoie : des montagnes, des vraies, mais de l'autre côté du Rhône. Et puis ensuite, tu as peut-être tiqué sur l'expression de « petite tartiflette ». C'était un piège grossier, bien sûr. Toute tartiflette se doit d'être monstrueuse. Et celle-ci le fut.
Tout avait pourtant mal commencé. Pommes de terre ? OK. Oignons ? OK. Lardons ? OK. Reblochon ? OK. Le hic, c'est que j'avais pesé mes patates sur une balance graduée en kilos et en livres (note bien, c'est pas ma faute, c'est le système impérial des Angliches qu'il faut blâmer). J'ai donc cru lire 1 kg 5, alors que je n'avais que 700 g de patates. On s'en est aperçu en se mettant en cuisine, un peu tard pour retourner faire les courses. Du coup, pour être sûrs de contenter nos estomacs, on a été très généreux avec les autres ingrédients. Lardons et oignons revenus à la poêle, pommes de terre précuites et coupées en petits morceaux pour recueillir plus uniformément le fromage (également débité en dés)... Rien n'est laissé au hasard.
Et pourtant, c'est à cause d'une erreur de lecture sur la balance que cette tartiflette était parmi les meilleures ! Oui, elle était vraiment excellente, et pas seulement à cause de la chartreuse qui l'accompagnait : en fait, le secret est dans les proportions. Pas trop de pommes de terre, beaucoup de tout le reste ! Et ce n'est pas étonnant : ce qui donne du goût, ce sont les oignons, les lardons et le reblochon. Les patates, elles, ne sont là que pour faire du remplissage. En fait, c'est vachement philosophique, tout ça. La vie, en vrai, c'est pas comme une boîte de chocolats, c'est comme une tartiflette : c'est l'équilibre entre remplissage insipide et trucs goûtus qui la rend intéressante. Ouais. Avec ça tu vas pouvoir briller en société, ami lecteur.

réactions (2 réactions)
Tu aurais du écrire cet article avant que je parte à la montagne avec des amis et que je rate une tartiflette (Mais si, elle est très bonne ta tartiflette, elle est originale !)
Bref, tout cela pour te féliciter de ton style aletant qui ressemble pas mal au style journalistique...