C’est comme un éternel recommencement. Chaque hiver apporte son panel de paysages tous aussi beaux les uns que les autres. Chaque skipasseur tient à montrer aux autres ce qu’il a déjà arpenté, ce qu’il a déjà dévalé, ce qu’il a déjà sauté (je parle des barres ou des kicks bien sûr ;)).
En ce qui me concerne, ce n’est ni une fierté personnelle, ni un effort surhumain que je veux vous exposer mais plutôt un moment que l’on vit rarement dans une saison d’hiver, un instant magique que l’on a toujours à cœur de voir et de revoir, comme l’on s’émerveille devant un enfant heureux de vivre.
Sûrement, en lisant ce semblant d’intro, personne ne doit savoir de quoi je parle mais ça va venir.
Samedi 28 janvier 2006 :
Ça faisait des jours que je voulais la faire cette rando en raquette. Mais le fait d’être le seul à être disponible m’avait un peu rebuté à accomplir cette ascension.
Mais lorsque je réussis à motiver Nico pour m’accompagner, ce fût un soulagement. Après plusieurs coups de fils durant la semaine pour décider d’une date, cette rando se fera donc le 26 janvier.
Ce trip sera celui de la maturité car on avait déjà découvert cette balade l’année dernière à peu près à la même époque et cette année le programme serait plutôt axé sur la découverte de la nature et de la montagne. Cet endroit, c’est le massif des Hurtières, en Maurienne, un endroit que je connais bien.
Il est désormais 8h et une brume épaisse envahit la vallée. Le brouillard est à couper au coteau, ce qui ne laisse présager rien de bon pour les conditions météo de la journée. Je passe prendre mon compagnon du jour et allons le plus loin en possible en voiture afin de minimiser le temps de marche inutile.
Voilà, on ne peut aller plus loin en voiture et nous sommes désormais prêts à affronter de pleine face ce trip qui s’annonce plutôt délicat. Les 2 premières heures sont consacrées à suivre un sentier facile et à traverser un bois « à l’instinct » comme on dit car aucun chemin n’est indiqué pendant un certain moment. Mais la beauté de cette forêt qui se réveille donne un bon goût à cette aventure.
A la fin de ce passage, le brouillard s’estompe progressivement au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude. 2heures après avoir débuté la marche, nous arrivons au chalet « intermédiaire » du trip. C’est La Jasse. Dernier effort et je pose mon sac, déchausse mes raquettes, et me retourne. Là, je souris, je m’émerveille comme un gamin à qui l’on donne un jouet.
Je sais que je vis un moment rare, celui de voir la plus belle, la plus esthétique des Mers de Nuages. Celle-ci a une saveur particulière car je ne la vois pas en redescendant en voiture de station, mais celle-là je l’ai mérité, à la force de mes jambes, à la volonté de découvrir sans détruire. C’est un instant magique, je suis coupé de ce monde, transporté par la grandeur de la nature.
Un moment de pause s’impose où l’on reprend quelques forces avec Nico. Hop ! Quelques diots et bouts de chocolat enfilés dans le gosier et c’est reparti comme en 14…
Je découvre aussi que ma Camelback a gelé tellement il faisait froid dans le brouillard, mais tampis le soleil la réchauffera.
La suite du parcours sera plus intensif avec des pentes ardues et encore un bon dénivelé à faire. Nous partons donc de La Jasse (1310 mètres d’alt.) pour aller à un autre chalet se trouvant à 1810 mètres d’altitude. Une fois le ressaut passé, tout est facile car il nous suffit de couper dans des champs qui servent de pâturage à nos chères vaches l’été. Et c’est dans cet endroit même, regorgé de neige fraîche, que j’ai ‘impression de n’être qu’un flocon de neige parmi cette terre blanche. Ici tout n’est qu’ensemble, tout est en symbiose. Magique en sorte! Ce jour-là, on découvrait un coin de ciel dans un paradis blanc.
L’arrivée au chalet d’Arbarétan se fait un peu dans la douleur mais dans l’ensemble tout s’est bien passé. 12h30 à ma montre, c’est l’heure de remanger, nom di diou !!! Ensuite on passe à la 2ème séance photo de la journée. Les tirages s’annoncent déjà grandiose !!!
Avec mon collègue, on se calle un instant sur un tas de bois à contempler le paysage. On mesure vraiment la chance qu’on a de voir la plus rare et la plus belle des mers du monde. Aucun bruit. Silence total. Dépaysement complet.
-- Retour amorcé vers 14h.
un léger craquage temporaire Randonnée et montagne photogénique
Un coin de ciel bleu dans un paradis blanc
par scratch04-extrême, jeudi 9 février 2006




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