Pour moi, et je pense aussi pour mes compagnons de ride, cette saison a été toute particulière (elles le sont toutes à la réflexion).

Forte en émotions comme je l'indiquais dans le titre.

Ça se traduit par des journées mémorables avec de la powpow par dessus les oreilles, mais aussi par des jour moins généreux ou les pierres guettent tes semelles pour n'en faire qu'une bouchée.

C'est des sorties avec les potes à slalomer entre les arbres d'une forêt devenue ton terrain de jeux et où tout s'enchaîne à la perfection comme si on était les barrons des lieux, rien ne nous arrête, ni les barres ni les troncs, la neige est notre amie (60 de fraîche ça aide quand même) et tout semble possible.

Mais voilà, y'a les bas aussi (et oui, on y arrive)

Curieusement ça commence comme les hauts, y'a tes potes, y'a cette même neige (tu sais bien, notre fameuse amie).

Tout est là, avec même des petits bonus, un temps magnifique et un nouveau domaine à explorer avec quelques habitués pour guides.

La neige est légère au possible et c?est le gavage, le bonheur en somme, à peine perturbé par quelques riders du dimanche (j'ai bien d'autres termes pr les qualifier ms ça serait moins gracieux) qui partent au dessus de nos têtes par vague de six.

Bien sûr, pas de sacs, donc ni pelles ni sondes, et pour ce qui est des arvas je ne parierais pas dessus non plus.

Je nous entant encore les incendier et faire des commentaires entre nous du style ''et après ça on s'étonne qu'il y est autant de morts par avalanche, non mes regarde moi ces abrutis''.

Enfin ça passe et on va traîner nos spatules un peu plus loin.

Nous voilà maintenant tous au dessus d'une combe qui nous fait de l'?il depuis déjà qqs heures.

Ici, le groupe se sépare en deux pour des choix de lignes de niveaux différents.

Je choisi la plus calme, avec une pente raisonnable et qui selon moi devrait contenté les moins friands d'engagement qui constituent notre groupe.

Je me lance donc le premier dans cette voie pendant que mes petits collègues attendant gentiment en haut.

Et là patatras, après 20 mètres sans encombre, tout bascule, le manteau neigeux se plisse et le monde se dérobe sous mes pieds.

Je cherche d'abord une issue et je me rends très vite à l'évidence, pas d'échappatoire possible, je suis au beau milieu d'une plaque qui prend naissance sur la crête derrière moi et s'étend sur une soixantaine de mètres de large.

Là c la descente aux enfers, pour faire cours, je ne suis pas resté longtemps en surface et même pire que tout je suis parti tête la première dans la pente.

Rapidement il fait noir, la neige me rentre de force dans la bouche, et je me sens compressé de toute part.

Les idées, noires elles aussi, commencent à affluer, ''ça y est, c la fin pour toi garçon, dommage'', ''pourvu que je ne souffre pas trop''.

Et puis, les skis, ou plutôt les ancres que j'ai aux pieds finissent par déchausser. Je vois brièvement de la lumière et en profite pour cracher la neige que j'ai dans la bouche. (A ce propos, vous ne me verrez plus jamais avec un liche ou l'équivalant sur des skis de rando)

La coulée finit par ralentir et par miracle je remonte doucement pour finir dégagé jusqu'à mi-torse.

Je déblais rapidement devant moi pr libérer mes bras et informe par radio ceux restés en haut que tout va bien ou en tout cas que le pire a été évité.

Je reste sonné et endoloris en attendant qu'on vienne me dégager avec une pelle (la neige est trop dense et mes forces m'ont abandonnées).

Je passe le reste de la journée au bar avec ceux de mes collègues à qui ça a coupé l'envie de skier.

Voilà pour le côté sensationnel de cet article.
Quelques nuits agitées plus tard et quelques contusions en moins, la saison reprenait (le doute bien encré dans la tête concernant ma capacité à apprécier les conditions d'enneigements et concernant la (relative) sécurité des pentes arpentées pourtant jusque là sans encombre).

Je ne vais pas donner de morale à cette histoire, mais depuis j'ai pris la peine de me former d'avantage aux risques d'avalanches et j'ai multiplié les exercices de recherches.

Sur le papier ça marche plutôt bien, 2 min 28 et la 3ème place de la recherche arva (mono victime) organiser dans le cadre de la 2ème freeride DDLP ou encore premier par équipe à la recherche arva organisée pendant la 7ème freeride étudiante des 7 Laux (2 victimes retrouvées en moins de 3 minutes si je ne me trompe pas).

La saison à donc repris avec des sorties mémorables (et en images http://www.youtube.com/watch?v=Csu3MhjrO-k ) dans les sous-bois d'Arêches ou encore en toute fin de saison une petite session freestyle au col du pré.
Et pour prolonger l'hiver un petit passage au 2 Alpes en juillet (en images également http://www.youtube.com/watch?v=DThu0BW44Dw ).

Voilà, la boucle est bouclée et j'attends avec impatience la nouvelle saison et son lot de surprises (bonnes je l'espère), le tout avec en tête quelques projets de ride aux 4 coins des alpes.

Arvi