Légère, telle de la farine, un sable froid, immense, glacé.
Un désert polaire, qui étincelle, qui brûle les yeux. Un trésor qui recouvre le monde, les hauteurs, les majestés rocheuses. Trésor de cristaux, par milliards, par tonnes, par km, des diamants, des miroirs?étalés.
Tu ne sais plus où regarder. Cette lumière t?aveugle, partout où tu tentes d?assister au spectacle ; mais tu ne peux pas. C?est trop beau pour être vu, tu n?as pas le droit de voir, sinon tu perds la raison, tu es envoûté, et condamné à sentir, à voir, à aimer ça toute ta vie. Ne la regarde jamais, elle te soumettra, de toutes façons, tu es perdant.
J?ai perdu.
Je ne me passe plus d?elle, elle m?a jeté son sort. Je suis prisonnière. Je ne pourrais plus jamais détourner mon regard d?elle. Je ne peux plus la quitter. Elle est ma reine, je suis son esclave.
Alors je vais la voir dès que je peux. Entendre, le fameux?CLIC ! Baisser mon bouclier pour pouvoir mieux avancer. Et s?élancer.
Avoir l?impression que tu glisses sur les nuages, que tu voles, avec cet immense panorama devant toi. Tu n?as pas de but précis. Tu veux juste sentir sa présence, sous ton poids.
Elle te regarde de haut. Tu lui dois le respect. Sinon elle te tue. Tu dois reconnaître tes limites. Rester à la frontière. Sinon, elle te punit.
Tu aimes respirer son odeur, qui t?arrache les poumons, cette odeur qui n?a pas de parfum, si ce n?est celui du froid, un froid qui crame, qui fait mal.
Tes sens s?évadent, tes idées, tes soucis, tu les laisses derrière toi. Tu files, tu continues de parcourir, de découvrir cet immense linceul.
Mais tu es déjà au paradis, où tout est pur, frais, neuf, innocent, vierge.
Seule ta trace est « le violeur ».
Violeur fière de son acte, infiniment obsédé, qu?il voudra recommencer encore et encore jusqu?à que mort s?en suive.
-Raph- octobre 2004





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