Vendredi précédant Noël, je finis l?année sous un arbre binaire résolu avec les pensées des vacances proches. Vacances ? Oui, vous savez bien ce que sont les vacances : c?est fait pour se reposer, prendre du bon temps, ? souffler un peu. Cette année, je ne vais pas rester scotché dans un unique lieu hypnotique, souvent bien agréable. Mon agenda « vacanciel » ressemble plus à un graphe mathématique qu?à un mot simplissime de huit lettres.
Quatorze trajets en train et voiture pour onze différentes destinations. Mon Tour de France en quatorze jours, si rapide que j?effectuerai l?équivalent de deux boucles. Certains lieux ne seront que traversés et sans intérêt (il est si aisé de traverser Paris sans sortir du métropolitain) alors que d?autres retiendront magiquement mon attention.

Les premiers trajets essentiellement familiaux sont encore loin des sommets. L?empereur Stanislas trône toujours sur sa place entièrement piétonnière. En ces temps de Noël, il se prête à veiller sur cette foule rassemblée autour d?un conifère aussi flamboyant que les bâtiments l?entourant. La familia étant aussi rapprochée qu?il y a de nombres de prises 220V en seconde classe, je continue mon voyage en direction de la région Rhône Alpes, pour un arrêt à la Part Dieu. Stop&Go devrais-je dire, la véritable destination étant la ville où l?on produit cette délicieuse eau minérale naturelle exhilarante. Juste le temps de dignement fêter Noël autour d?un foie gras maison et d?un Sauterne sorti de la cave paternelle, de revoir de la famille habitant près de la ville du Chaudron. Nous retournons à notre Stop&Go, pour un petit SaintéLyon en voiture (on sera plus rapide que le vainqueur, rassurez-vous). Le lendemain de Noël, retour à la maison mère en traversant la France, avec un détour familial dans la ville de la Banque de France (je n?ai pas encore réussi à me procurer de planches à billets ?). Première festivité terminée, je vais enfin pouvoir me reposer.

Ce repos, j?en aurai bien besoin car la seconde semaine de mon Tour de France est la plus rude, mais également la plus riche en évènements. Après une première semaine faite d?étapes rapides propices à des sprints, je vais directement attaquer par la plus longue journée. Traverser la France en train n?est pas d?une simplicité évidente : le chemin le plus court n?est pas la ligne droite. Amis du « tourner, c?est triché », vous verrez qu?une bonne courbe vous amène à finir plus rapidement. ;) Longue étape à venir donc. Après dix heures de test des sièges Pullman (mais où sont les prises pour recharger mon Old Fellow iPod ?), j?arrive à « la Mecque ». Pour ne pas rompre aux habitudes, nous allons rejoindre ce petit endroit de 20ème siècle toujours aussi accueillant, avant de faire un saut aux Tribulations Buvables où le Père Noël était encore présent, nous distribuant force de goodies. Grande déception, la fille du Papa Noël ne sert plus en ces lieux, certains s?en mordent encore les doigts. ;) Pas le temps de se lamenter, on repart à la gare accueillir un grand monsieur à la running attitude.

Le lendemain, depuis le Colloc? Lodge, la plupart allant skier à Serre Chevalier (histoire de pallier le manque de sorties orgiaques), je décide d?accompagner Mr Hopeula à La Grave, ce dernier comptant bien se préparer à fond pour le Derby. Sauf que ce n?est pas aujourd?hui qu?il choisira entre les Vallons et Chancel, il n?y a même pas à hésiter. Nous rejoignons alors un autre suisse dingo du pays magique. J?appuie prestement sur la touche Stop. Début de mes vacances reposantes : je regarde à travers la fenêtre du bar des Glaciers ? quel calme. Déguster une noisette au Pays Magique a un tout autre charme que dans une gare devenue vivier de pigeons. La journée continue doucement jusqu?au moment du retour sur Grenoble.

Alors que la neige semble interdite de séjour en France (foutu manteau qui ne reste pas en place ?), nous filons en direction de la station de C. Montillet, désespérément verte. A défaut de neige, les prévisions d?un festif réveillon sont au beau fixe : Marennes de Briançon, chapon farci, buche à la chartreuse, ? gavade pour le palais. Quand bien même les planches restent au chaud, les parets sont de sortie pour une session by night. Ceux ayant survécu au Sunday Night Fever feat. Spontex vont en direction de la patinoire pour voir si l?hydratation intensive n?affecte pas notre aptitude à manier des engins de glisse. Certain(e)s se débrouillent très bien, d?autres moins (la prochaine fois, je loue des patins fat !).

Passée cette étape de montagne, je me prépare pour les derniers jours de mon Tour de France, dignes d?un contre-la-montre. Dans deux jours, je serai déjà revenu en capitale tout en ayant observé deux ravitaillements. Avant de repartir de la capitale du ski, je me devais de passer en coup de vent au Lab (pendant que certains tentaient un non-but par cette journée blanche). Le truqueur numérique et la baïte à poilz ressemblaient à de véritables « work alcoholics ». ;) Certains bossent pendant les fêtes, d?autres traversent la France en quête d?un je ne sais quoi. Un je ne sais quoi qui a un goût de nostalgie. Seconde fois quasi jour pour jour que je patiente dans la même salle d?attente, sur le même siège, pour un même retour forcé sur mon lieu de naissance. Certains souvenirs sont tenaces ? les retards de train aussi.

Arrivé à Montpellier l?imprévue en fin d?après-midi, ma correspondance d?une demi-heure se mue en un retard indéterminé, pour une cause extérieure à la SNCF. Heureusement, ce plan foireux ne va pas se terminer en full loose : les skipasseurs sont partout. J?en repartirai le lendemain matin, mon chirurgien se devant de me voir pour m?autoriser par écrit la reprise de pratiques sportives. Je reste à peine quelques heures à Toulouse, le temps de prendre un repas à ma sandwicherie préférée, aller à ma consultation, et repasser par des endroits familiers pour ne pas oublier.

Vendredi 5 janvier, dernière ligne droite : je vais enfin fouler le sol de la gare Montparnasse. 21H30, je sors du wagon 18. « Ne me demandez pas d?où je viens, j?en aurais pour des heures à vous raconter. » Je viens juste de franchir la ligne d?arrivée. Paname, I?m back.

Dédicace à tous ceux que j?ai rencontrés pendant mon road&train trip (désolé si j?en oublie) : ak, castor, Cedski, Dagu, Ender the Skier, freerider des sous bois !, jo8374, JR le Fou, krakoukas, Le Tabanné, manuman, max31, redbull13, roulio, The Dude et yosso.
Je remercie tout spécialement ceux que j?ai vu pour la première fois et qui m?ont hébergé : l?incontournable Colloc? et max31 (tu as bien fait de faire kiné à Montpellier ;) ).