5 ans déjà que ce sentier m'appelait, ce même sentier qui m'avait fait comprendre que ma vie serait la montagne ou rien, ce sentier qui m'attirait tant du haut de mes 12ans...Beaucoup d'ambition à l'époque, peut être de l'inconscience, mais surtout de l'inexpérience...
Alors, tous ces étés passés en Corse depuis ne faisaient que raviver mon étrange attirance pour ce sentier dont je ne connaissais qu'à peine la réputation. Je tâtai le terrain d'année en année avec quelques canyonings croisant le chemin du gr20, et toujours ce goût de défi qui m'envahissait dans mon admiration pour ces montagnes si particulières...
Attendre. Attendre passer les années. Passer les étés, en se disant à chaque fois qu'on aurait pu... ''Bien que tu saches marcher depuis tes 9mois, on part pas faire le gr20 toute seule à 13ans!'' C'est maman qui l'a dit. Bon, si c'est maman qui le dit...
Trois ans plus tard, le bac en poche et l'envie toujours plus présente, j'en suis plus très loin de ce gr20!? Oui mais voilà, à 16ans et des poussières et comme tout premier sentier de grande rando, c'est peut être me surestimer. Heureusement les Ecrins sont pas loin, ce sera le gr54 comme premier gr...
Plus de doute; dormir par terre des jours durant, se faire tremper sous les orages, bouffer du lyophilisé, et surtout se faire réveiller par ce paysage si silencieux mais bien réel, et plus beau encore que le rêve dans lequel vous étiez une minute auparavant; c'est bien ça mon trip.
Eté 2006,rentrons dans le vif du sujet, nous sommes le 5juillet: cette fois ci sur le bateau on a enfin troqué les valises contre nos sacs de rando. Malgré mon peu d'entraînement physique cette année, les 21kgs sur mon dos ne me font pas peur, si la motivation pouvait se peser j'en aurais bien le triple!..et puis si le mental suit, tout suit...
Premier jour, après une petite nuit à Calenzana, on attaque vers 6h30 le début du gr. La chaleur est très pesante, mais bon, plus on montera plus il fera frais?le positivisme y'a qu'ça de vrai! Pendant la montée on voit la baie de Calvi s'éloigner et malgré une visi pas excellente c'est vraiment beau! La principale difficulté de cette première étape est l'eau: il fait chaud, les sacs sont encore bien lourds et l'organisme pas trop habitué à marcher 6h d'affilée en plein soleil, mes 3,5L ne me suffiront pas vraiment.
Quelques 1500m de dénivelé positif plus tard, on arrive un peu avant 14h au refuge d'Ortu di Piobbu, c'est quand même particulier de payer 8? pour entasser notre tente à côté des autres...
Deuxième jour, on a dormi comme deux gros bébés et même si le réveil à 5h30 est dur, on se sent d'attaque!
Après avoir marché un peu à flanc de montagne et passé 2 ou 3 cols, le sentier s'engouffre dans les crêtes. Le décor est assez chaotique et surtout très abrupt, on apprend vite à gérer l'équilibre entre le poids de notre corps sur la pointe des pieds, et le poids du sac. On comprend vite la réputation du gr20, mieux vaut avoir quelques notions d'escalade, du moins un bon équilibre et surtout pas le vertige!...On marche pas mal la tête dans les nuages durant la matinée, avec une petite frustration quand la chaîne de montagnes nous laisse voir le bout de son nez au milieu d'une éclaircie...
Petit pique-nique suivi d'une grosse descente dans un pierrier. Comme à notre habitude on y va comme des brutasses dans cette jolie descente de 900m, les genoux tiennent le coup alors on va pas se priver ;-)
On arrive en début d'après-midi au refuge de Carozzu, tout orné de drapeaux de prières tibétains, il est chou mais on va essayer de forcer jusqu'au lac de Muvrella, on est pas assez fatiguées et puis il est encore tot !
On passe donc la fameuse passerelle de Spasimata, et on entame la montée au lac. Les nuages se font de plus en plus imposants, et au bout de 2h de raide montée, le dénivelé encaissé dans la journée se fait sentir. Rapidement on ne voit plus à 20m, on entend quelques mouflons dans un pierrier sans vraiment les voir?
Vers 17h on aperçoit enfin le minuscule lac de Muvrella, plutôt encaissé et entouré de 3 névés. On bivouaquera ici..chht c'est interdit dans le parc naturel corse, mais on fera rien de mal si ce n'est ramasser une cartouche de gaz vide et les ordures de randonneurs irrespectueux et irresponsables...
10 bonnes heures de marche, quelques 1400m de dénivelé positif, 1200 de négatif dans la journée, autant dire que la nuit a été plutôt bonne..!
Troisième jour, même pas mal! On se réveille avec du beau temps, la baie de Calvi toujours visible, ce qui je ne vous le cache pas est assez frustrant au bout de 3jours de marche (on a tourné en rond ou quoi?!).
Mais le gr20 c'est aussi ça, et on l'apprend vite: à vue d'?il impossible de deviner où il va passer (de toutes façons il vaut mieux pas des fois!), et un tracé qui te permet de voir de tous les angles le paysage qui t'a tant plu la veille! C'est aussi pour ça qu'on l'aime, si le tracé paraît vraiment tordu ce n'est qu'en levant la tête qu'on comprend où il a voulu en venir le monsieur avec son pot de peinture rouge et blanche...
Pour ce troisième jour on a prévu de faire deux étapes en une, 9h de marche et le cirque de la solitude au milieu, on se motive donc! Passé le col de Stagnu, sentier tranquilou pépère dans la forêt qui descend jusqu'à Ascu Stagnu, la première station de ski corse sur le gr.
La montée qui suit est plutôt gentille jusqu'au lac d'Altore où l'on cassera la croûte, après une petite session ''freeride on ze névé '' On hallucine d'ailleurs pas mal sur le nombre de névés ici !
On continue à monter dans un pierrier, jusqu'à arriver enfin au col perdu...On découvre alors un autre monde. A travers les épais nuages on devine un paysage lunaire: le fameux cirque de la solitude (ou E Cascettoni pour les locaux) On est un peu déçues des nuages car la vue est bouchée, mais finalement ils apportent leur touche à l'ambiance si irréelle qui nous entoure...Le vent froid qui siffle doucement dans les oreilles, quelques bruits de gouttes provenant de la fonte des névés, les espèces de corbeaux qui croassent en planant au-dessus de nos têtes, et ces immenses pics rocheux qui s'élancent à 360° autour de nous...Une ambiance à couper le souffle, d'autant que nous sommes vraiment seules, n'ayant pas respecté les étapes ce n'est pas l'heure de pointe! On profite un peu du paysage mais les nuages devenus menaçants nous rappelle à la réalité: mieux vaut y aller assez rapidement car sous la pluie on ne remonte pas du cirque...
On commence donc notre descente vers les abîmes des nuages... C'est assez raide mais bien équipé, et bizarrement j'ai trouvé le cirque de la solitude moins périlleux que certains passages par les crêtes?Trop réputé ou trop d?appréhension, j?ai été étonnée de la difficulté technique annoncée pour ce passage?On remonte quand même du cirque avec quelques fines gouttes de pluie qui ne facilitent pas l?escalade.
La descente qui mène au refuge nous paraît assez monotone après tout ça, et puis on tient une moyenne de 9h de marche sur les deux derniers jours, auxquelles s?ajoutent pas mal de dénivelée?Mais au milieu de la descente, j?aperçois un magnifique mouflon mâle, pas très vieux et vraiment pas timide ! Avec mon petit zoom numérique X3, je galère un peu, alors je me lance à la chasse au shoot de mouflon?C?est que ça grimpe bien du 6c ces bestioles !?La poursuite aura duré une bonne dizaine de minutes mais je suis pas peu fière de ma photo !
On dormira un peu avant les bergeries de Ballone, dans un coin tranquille au bord de la rivière?
Quatrième jour, on a prévu une petite journée histoire de pas trop forcer non plus?On a pris une étape d?avance donc on s?autorise la grasse mat? jusqu?à 8h30 wAhou ! ! (oui on dirait pas mais quand on a le réveil à 5h30 depuis 3jours et qu?on se couche à 18h30 c?est énOrme !)
On décolle vers onze heures, petite descente le long du Viru dans la forêt, puis 600m de dénivelé positif jusqu?au col de Fuciale.
Vers 14h on arrive au refuge de Ciottulu à i mori, joliment bien situé, et après avoir discuté un peu avec les gardiens, 2 bons montagnards de la Corse profonde bien sympas, on entame la descente qui débute sur une crête avec vue sur mer?Une petite heure plus bas, on trouve un petit coin de paradis le long du Golu (le « fleuve » le plus long de Corse !). Sûrement notre meilleur bivouac depuis le début du gr : intérieur caillou, coin cuisine aménagé, douche multijet avec cascade?Sérieusement bivouac sauvage interdit, mais qu?est-ce que c?est bon quand on trouve ça tout prêt, avec petit muret tout fait et au calme...
Cinquième jour, c?est dur de quitter notre petit bivouac-maison mais bon?
On décolle un peu avant 7h, le sentier longe le Golu pendant une bonne demi-heure, et c?est beaucoup moins alpin que les jours précédents, mais ma foi tout aussi agréable ! Le temps d?acheter du bon fromage qui pue aux bergeries d?E Radule (je vous conseille d?ailleurs le 3 mois d?âge, ça t?infeste ton sac mais tes papilles gustatives s?en souviendront ! !), et vers 9h on arrive au Castel di Vergio, deuxième station de ski corse !?Y?a tout plein de gens, des camping cars et même des voitures?bOouH on s?casse vite de là !
De Castel di Vergio, le sentier remonte tranquillement dans la forêt, jusqu?au col de San Pedru, célèbre pour son vent quasi permanent qui donne cet aspect si bizarre aux arbres?
En continuant sur la crête le sol s?humidifie, quelques pozzines et on arrive au lac de Ninu. On y reste le temps de casser la croûte, petite siestoune, et on sympathise avec nos zamis les bêtes, qui se refusent pourtant à nous porter nos sacs?Vilain dada !
Vers 16h on arrive au refuge de Manganu après avoir traversé le joli plateau di Campotile. De là on peut voir ce qui nous attend le lendemain, cette montée pour la brêche du Capitellu?aïe ! Un type qui fait le gr20 pour la neuvième fois nous dit que ce qu?il y a derrière vaut vraiment le coup, ce qui ne fait qu?amplifier mon impatience et oublier ce pierrier si raide qu?on devra monter à l?aube demain?
Sixième jour, on part assez tôt car on a prévu de finir la huitième étape aujourd?hui. La montée ne passe pas super bien de bon matin, et j?ai vraiment l?impression de traîner?Sur les 10 derniers mètres cependant, je trace bien ; le soleil est de l?autre côté, et le paysage promis aussi.. ! Pas déçues d?être montées, les lacs de Capitellu et Melo sont vraiment magnifiques, une eau très claire, et ce cirque rocailleux qui les entoure ! A notre grande surprise on a pris 45minutes d?avance sur le topo, alors on fait les choses bien, on sort le réchaud et café pour tout le monde ! (?nous deux, quoi ,en fait)
Le sentier emprunte ensuite les crêtes autour des deux lacs, un peu de désescalade et surtout un cadre exceptionnel : le gr suit le cirque autour des deux lacs, ce qui nous permet de nous retrouver en face de la brêche du Capitellu, et de voir les lacs sous tous leurs angles. Ce bout de sentier m?a vraiment plu, un petit peu acrobatique, une petite crête comme je les aime, et ce panorama autour duquel on tourne vaut vraiment le (dé)tour!?
En fin de matinée on atteint Bocca Muzella (2206m), puis l?on redescend vers le refuge de Pietra Piana. On ne traîne pas au refuge, il est plus de midi et on a prévu de rejoindre le refuge de l?Onda par les crêtes (variante de la huitième étape). On ne regrette pas cette variante, qui allège un peu le dénivelé (cela fait déjà six heures que l?on marche), et offre une vue exceptionnelle. Au début la crête est assez taillante et le sentier assez périlleux, puis ses formes se radoucissent pour laisser place à du pâturage, croisé au passage.
La descente au refuge de l?Onda ne se passe pas vraiment comme on l?aurait voulu, ce que je redoutais depuis le début du gr se produit : le dos de Loly fait des siennes, et avec une scoliose ce n?est jamais très bon signe?Si l?année dernière son dos avait tenu, ce ne sera pas le cas pour cette année?Cachet, chocolat, massage, rien n?y fait Loly souffre le martyr jusqu?au moment de s?endormir. Malgré cela on garde espoir qu?après la nuit ça passera, nous avons marché 9h aujourd?hui et fait pas mal de dénivelée, peut être la nuit soulagera tout ça.. ?
Septième jour, ma première pensée lorsque je vois l??il de Loly s?ouvrir va pour son dos?Malheureusement la réponse est négative. Dur début de journée.
La veille nous avons re-répartis les sacs, elle prend les affaires légères et volumineuses et je prend le reste.
La montée au sommet de la Punta Muratellu est difficile, le vent est violent sur la crête et je n?ai qu?une chose en tête : le dos de Loly. Elle souffre et je ne peux rien y faire, ça m?énerve de me sentir aussi impuissante !
Plus nous avançons et plus nous sentons venir la fatalité?cet après-midi nous devons atteindre Vizzavona, milieu du gr, accès au train , et endroit où beaucoup de randonneurs s?arrêtent?
Le sentier longe l?Agnone, où nous avions fait un canyoning 2ans auparavant, avant d?arriver enfin à Vizzavona en début d?après-midi.
Finalement Loly prendra le train de 18h, elle rejoint sa maison de famille dans le nord de la Corse où l?attendent ses cousins, tandis que je décide de continuer seule sur le gr?Une décision dure à prendre, égoïste sûrement car Loly n?a pas le choix, mais c?est plus fort que moi cela fait trop longtemps que je veux faire ce sentier, et puis je le finirai aussi pour elle?
Le soir, plusieurs groupes de randonneurs me proposent de marcher avec eux, ça me touche beaucoup mais je ne sais pas encore quoi faire, retrouver des personnes qui marchent au même rythme que moi et passer mes journées avec eux, je n?ai pas trop la tête à tout cela ce soir, même si tous ont l?air super gentils et d?une solidarité spontanée?
Huitième jour, je me suis un peu perdue dans la tente cette nuit et je me serais bien passé des ronfleurs (vive le bivouac sauvage!)?
Finalement ce matin je pars avec deux randonneurs qui m?ont proposé la veille de marcher avec eux, on les avait aperçus à Calenzana et tout au long de la partie Nord du gr?c?est qu?on doit avoir à peu près le même rythme.. ? Ces deux profs de sport sont bien sympas mais je désenchante vite, ils m?expliquent que leur amie s?est arrêté à Vizzavona et que de toutes façons elle se plaignait trop, et je la comprends?Chrono en main, pas de pause photo (perte de temps), mais contre qui ils font la course ? !?Je me force tout de même à suivre, mais je ne vais pas marcher beaucoup plus longtemps avec ces deux types pas commodes, on a vraiment pas la même vision de la rando et de la montagne?
On torche donc l?étape de 6h en 3h20, on arrive au refuge d?E Capanelle vers 11h. Il est encore tôt mais je m?arrêterais là pour aujourd?hui, j?avais prévu de doubler l?étape en prenant la variante par les lacs, mais l?orage est juste au dessus et j?en profite pour me reposer un peu.
Je retrouve des visages connus tout au long de la journée, avec lesquels on a simplement pu échanger des « bonjours » pendant une semaine mais qui me semblent pourtant familiers.
Pas vraiment profité de l?étape d?aujourd?hui, mais les quelques myrtes gentiment offertes le soir par le vieux proprio du refuge me font oublier ça !
Neuvième jour, réveil difficile à 5h30?
Le sentier démarre assez sec, il remonte la piste du téléski. Une heure plus tard on arrive au lac de Bastani, la lumière est sublime et la lune veille au dessus des névés?Mon appareil photo fait encore des siennes et la carte mémoire commence à saturer, je me restreins donc sur les photos.
Un peu plus tard du Monte Rinosu (2352m), la brume est toujours là mais on voit bien la mer à l?Est et on devine le golfe d?Ajaccio à l?Ouest. Le sentier continue sur les crêtes, et après avoir vu les lacs de Vitalacca et Bracca, on entame la descente.
L?orage nous pressera un peu sur la descente, et le voile de pluie qu?on voit avancer sur nous n?est pas spécialement rassurant?On se réfugiera une bonne heure dans une grotte un peu avant le col de Verde, où l?on restera au sec pour casser la croûte.
On arrivera vers 17h au refuge de Prati, où l?on apprend au passage que deux randonneurs ont été foudroyés sur l?étape le jour même?
La vue en fin de journée sur la plaine d?Aléria est impressionnante, malheureusement les 9h de marche et quelques 1400m de dénivelé positif encaissés dans la journée ne me permettront pas de garder les yeux ouverts jusqu?au feu d?artifice qu?on pouvait peut être voir d?ici?
Dixième jour (wAhou déjà ? !?nan mais j?avance un peu), la douzième étape nous attend et elle n?est pas bien méchante, on part quand même assez tôt car l?orage n?attendra pas.. !
Le sentier est bien agréable, après la bonne montée matinale bien caractéristique du gr20, on marche un peu dans la forêt, puis il suit quelques crêtes toujours moins élancées que dans la partie Nord.
On arrive en fin de matinée au refuge d?Usciolu, tout mimi tout plein avec une jolie vue sur le Monte Incudine, et aussi sur le sentier qui nous attend demain !
La pluie arrive peu après nous, au programme après-midi tarot bien sympa avec tous les randonneurs qui passent par là?
Onzième jour, j?appréhende un peu cette étape après les petites 4h de marche d?hier, celle là en fait le double et cumule près de 1400m de dénivelé négatif pour 1200 positifs?Mais le beau temps est là et la motivation aussi !
Le sentier commence par une courte montée assez raide qui nous amène sur la crête, d?où l?on peut voir un joli lever de soleil sur la vallée, et sur laquelle on continuera un petit moment. Le décor est vraiment particulier et fait beaucoup penser aux rochers des îles Lavezzi ( elle est d?ailleurs surnommée « arrête des statues » en raison de ces gros cailloux caractéristiques )
Puis on redescend dans une forêt de hêtres nains, assez unique en son genre, on se croirait dans un conte pour enfant, on s?attend vraiment à ce que Merlin débarque !?c?est vraiment un autre monde, et super agréable de marcher au milieu de ces arbres tous tordus.
Le sentier nous amène ensuite sur le célèbre plateau de Cuscionu (7000hectares, paradis corse du ski de fond) que nous traversons pour remonter vers le Monte Incudine.
Après la forêt, puis le plateau, c?est encore un autre paysage qui se dévoile dans les nuages filants, et j?atteins le sommet du Monte Incudine (2134m) en fin de matinée. La vue sur les aiguilles de Bavella est prenante, on voit également le refuge d?Asinau où l?on doit poser les tentes, 1000m plus bas.
Une étape aux efforts variés et aux paysages vraiment contrastants, probablement celle que j?ai préféré dans la partie Sud.
Douzième jour, ça sent la fin?snif
J?avais prévu de faire deux étapes aujourd?hui, en passant par la variante alpine de Bavella, mais ce serait trop triste de finir le gr aujourd?hui.. ! Un groupe reconstitué de randonneurs avec qui j?avais bien déliré m?a proposé de finir tranquillement avec eux alors je profiterais un jour de plus !
Il faut remonter une bonne partie de ce qu?on a descendu la veille, le refuge se trouvant dans le vallon entre le Monte Incudine et le massif des aiguilles de Bavella. Assez vite on bifurque pour la variante alpine des aiguilles, que j?attendais avec beaucoup d?impatience.
La vue de là-haut est splendide, je ne trouve pas la variante très « alpine » et m?attendais à un peu plus de grimpette, mais c?est superbe !
Arrivés au col de Bavella (y?a tout plein de gens ici? ! ), on se pose tous pour un bon petit restau?ça sent vraiment la fin du gr ! Les aiguilles vues d?ici sont encore plus belles, et ça fait tout bizarre de se dire qu?il y a même pas deux heures on était en plein dedans?
Vers 13h, l?orage -comme à son habitude- arrive, il se met à tomber des cordes et même de la grêle. On restera à l?abri pendant près de 4h, juste le temps de digérer ce repas bien copieux qui change du lyophilisé.. !
Le soleil se décide enfin à montrer le bout de son nez sur les coups de 16h, on repart sous une jolie lumière d?après-orage. Le sentier est très différent du reste, on marche dans une forêt de pins, et la chaleur nous rappelle qu?on est plus très haut?
Une heure et demie plus tard on arrive au joli refuge de Paliri, dernière nuit sur le gr alors je profite un peu du ciel dans la soirée?
Treizième et dernier jour, la journée commence plutôt pas mal ; petit déj? en regardant le lever de soleil sur l?île de Montecristo, la nostalgie est au rendez-vous (le soulagement pour certains ? ! ;-)
Au bout d?une heure et demie de marche on voit apparaître le golfe de Porto Vecchio, c?est super joli et on a jamais été aussi près de la mer?
Jusqu?au bout le sentier est toujours aussi différent que magnifique ! On croise pas mal de gens qui commence le gr en partant du Sud, ça me fait réaliser qu?on est vraiment au bout et que, ça y est je l?ai fait !!
Midi, on arrive à Conca. Un dernier petit verre et chacun repart de son côté, il me reste plus qu?à traverser la Corse en stop?
Deux jours plus tard je suis sur le bateau, direction le continent.
Je repars avec un petit goût de conquête, des belles images plein la tête et beaucoup de bons souvenirs?
Ce n?est que partie remise?I?ll be back !
(Pour les photos c?est pas trop ça, le petit appareil déjà déficient n?ayant pas survécu au gr, moi-même n?étant pas une grande photographe, pas mal de photos surexposées si vous pouviez m?accorder un peu d?indulgence?)
GR20, quand tu nous tiens... jeudi 7 septembre 2006
Posté dans 'Randonnées' par marmouth_power



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réactions (18 réactions)
ça me renforce dans mon envie de faire ce mythique GR!!
La Corse... Faudra que j'y aille...
J'ai fait le GR nord-sud cet été en 15 jours (mes genoux ne m'ayant pas permis de doubler), c'était super malgré la douleur et les punaises à Pietra Piana! Je voudrais bien recommencer dans l'autre sens mais il faut d'abord que je trouve une solution pour mes pb articulaires. C'est une grosse déception de devoir p être arrêter la rando, qui depuis le GR est devenue une passion pour moi!! Bises à tous les GR20tistes. Bravo pour ton récit qui m'a touché.