Comment devenir dingue du snow en une leçon. Valberg, Noël 2003.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu la neige de près. Ce petit séjour de trois jours à Valberg durant les vacances de Noël a fait remonter un vieux désir: essayer le snowboard. Je suis un piètre skieur mais j'avais un niveau correct en skate, au point de tenter des 360 au dehors des banks et participer à la coupe de France. C'était l'époque des José de Matos, Jean-Pierre Marquant et autres Alexis Lepesteur (ca ne me rajeunit pas). Je me souviens de ma Santa-Cruz en sandwich de coeur d'érable et fibre de verre avec ses ACS 500 chaussés de SIMS Snake. Avec cette planche de FS, je descendais le campus de Luminy à bloc, nous étions vraiment des inconscients. D'ailleurs un jour j'ai fini au bloc opératoire... :)

Back to the pow. A mon retour de Valberg j'étais décidé à essayer le truc. Cela faisait plus de dix ans que je connaissait l'existence de l'engin mais je n'avais jamais eu la volonté de monter et voir ce que je pouvais en faire. Un cours réservé auprès de l'ESF, une loc, et hop me voilà au bas de Garibeuil relié par des step-in à une vieille Ross 149 plutôt éprouvée. Le mono arrivé, je lui ai expliqué mon cas: pas sportif, plus tout jeune, mauvais skieur, mauvaise condition physique mais un passé de skater dans une autre vie. Après un peu de patinette, de marche et des glissades en front et en back le moniteur m'a dit un truc du genre ''Vous c'est bon, on y va direct'' et me voilà avec lui dans le TS.

Premières longueurs sur les carres en front comme en back pour sentir l'engin et puis déjà en grande courbe sur la verte. Au niveau sensations, c'est génial. Ca change de la planche (du moins les souvenirs que j'en ai) mais j'ai constaté avec bonheur qu'il me restait du feeling de l'époque roulettes. En quelques minutes j'avais trouvé des angles et je commencais à suivre le moniteur à quelques mètres en virage serrés. Il fût plutôt étonné de me voir aussi à l'aise pour un débutant. A la fin de l'heure du cours il m'a dit qu'il me lâchait et que je n'avais plus besoin de lui, qu'en cinq ans d'enseignement du snow il n'avait jamais vu ca... Je ne saurai jamais si il cherchait à me flatter ou si c'était sincère mais une chose est sûre: il n'a fait que me donner l'envie d'aller encore plus loin. La suite du week-end aura été un enchainement de boites plus ou moins sévères et sans conséquences. Peu après le cours je faisais des 360 en glissade sur ''ma'' savonette.

De retour chez moi, les cuissots ''pétés'', la torture des escaliers, mais j'étais heureux avec un gros regret: avoir attendu 10 ans pour me décider. Je suis vraiment passé à côté de quelque chose. Putain, 10 ans !!!

Vacances de février.

Encore quelques jours, toujours à Valberg, avec ma 149 de loc histoire de me faire encore plus plaisir et aussi plus mal. J'ai commencé à envoyer sur les bleues et j'ai tenté même un peu de hp pour rejoindre la vallée blanche qui était fermée. Les rouges verglacées étaient fatiguantes et je recherchais déjà les coins non damés. Le dernier jour, ce fut la dernière descente, la dernière faute de carre presque à l'arrêt et la première chute vraiment douloureuse: de tout mon poids sur une plaque de verglas, comme une crêpe. Radio du bassin, rien, seulement les ligaments un peu écrasés. A ce moment je ne savais pas encore que je le sentirai encore de temps en temps presque un an plus tard. On se fait vieux...

A Valberg c'est côté Eguilles que j'ai commencé à descendre un peu fort. Problème: la neige qui commencait à manquer sans parler de l'attente au TS.


Fini les vacances, vive les RTT !!!

Les pistes d'Auron et Isola sont devenues la scène de mes errances, de plus en plus attiré par le hors piste et souvent relooké en bonhome de neige. Toujours avec du matos de loc, Hammer Motion / fixs Flow Auron, Forum Recon / fix Nidecker à Isola, toutes deux en 153. J'ai commencé à descendre des noires très prudement. Ce n'est pas ma tasse de thé, dès qu'il y avait un coin de poudreuse, même croutée, j'y allais. J'ai découvert comment la neige de printemps convient au snow. C'est en début d'après midi dans la soupe de pistes défoncées que je prenais le plus de carre. Du haut de Las Donas, Berchia et Sistron, je découvrais le spectacle de la montagne, sa beauté majestueuse et le plaisir d'être là assis à côté d'une board en train d'admirer le panorama. C'était la pause récupération physique mais aussi le bien être à l'état pur.

Après 13 jours de ''ride'' il a fallu s'arréter car les stations fermaient. J'ai réussi mon premier ''Air'' à la troisième tentative. Pas bien haut et pas bien long mais très important psychologiquement. ;-)

De retour à Saint Etienne de Tinée en juin pour la fête de la transhumance, j'ai vu les névés sur les adrets d'Isola. J'ai imaginé y monter à pied pour faire quelques descentes.

Les tofs sont de L2, aka l'abominable grosnez des neiges ;-)