Beau temps, enfin une rando avec ce cher Smoke. On a décidé de se faire le col de Fenestre. On arrive dans le vallon au fond duquel les cîmes s'organisent en un petit cirque. Les aiguilles ont encore de la neige, on ne pensait pas qu'il y en aurait autant. Je n'ai pas de carte, j'ai laissé le guide dans la voiture et nous partons déjà dans la mauvaise direction en laissant le refuge du CAF sur notre gauche. Nous montons lentement le vallon Cabret dans les éboulis de gros blocs pénibles pour les chevilles. En nous élevant, nous apercevons sur l'autre versant qui est à notre gauche le tracé du GR52 que nous aurions du suivre. Nous sommes déjà au delà du doute, il est clair que nous nous sommes trompés.
Il n'est pas question, pour nous, de rejoindre le GR52 par le vallon. Il fait beau, il y a de la neige, les lacs agrémentent le décor avec superbe et nous faisons notre pause repas dans un cadre vraiment magnifique devant le lac de Balaour. Après cette petite pause il est grand temps de reprendre la marche plein nord ouest vers le col de Fenestre dominés par la cîme Cabret. A cet instant on y croit encore. Sans raquettes, la progression n'est pas toujours facile mais le plaisir de fouler le manteau blanc suffit à lui seul.
En tête, j'avance droit devant en suivant des traces. C'est si simple: le GR52 est là devant moi sur l'autre versant, il suffit de franchir la combe et nous y serons. Bien sûr...
Soudain je m'arrête et dis a Smoke d'en faire autant, environ 3 mètres de longueur me séparent d'un vide. La vue sur le lac de Fenestre est belle mais quelque chose en moi me dit que le danger est tout proche. Ca sent le gaz. Je cherche une alternative pour descendre car ni moi, ni Smoke avons l'envie de faire marche arrière dans le pentu enneigé. Sur la gauche, un couloir étroit et bien raide nous semble être l'option la moins risquée meme si elle ne nous plait pas vraiment. Toujours dans la neige bien transformée, on s'approche doucement de la cassure. On jette les bâtons et on commence la descente de la paroi rocheuse qui nous amène dans le couloir.
Une fois dans le couloir, c'est la galère, tantôt la neige nous porte, tantôt elle cède et nos pieds finissent dans des trous entre des gros rochers le plus souvent invisibles. Pour couronner, le tout, l'eau glacée de la fonte remplit nos chaussures et gèle nos orteils qui deviennent douloureux. Quelle galère, quelle imprudence, et surtout quelle lecon... Ne jamais suivre des traces sans savoir où elles mènent c'est valable ici aussi. Préparer sa rando, emmener ses cartes, la boussole, voire un altimètre, en un mot: être responsable.
Avec prudence, lenteur et l'envie d'en finir, nous parvenons à rejoindre le lac de Fenestre. On a hâte d'avoir les pieds au sec. Ils se réchauffent bien durant la descente au cours de laquelle nous croisons deux couples qui ont attendu de nous voir arriver au lac en suivant notre progression à la jumelle. Quand ils nous ont vu là haut, au dessus des ruptures, ils pensaient que nous allions nous tuer. En me retournant sur mes pas je dois admettre qu'ils n'avaient pas tord et que là dedans je n'étais pas très fier. Notre instinct nous a conduit à prendre la bonne option.
Cette course s'étant bien terminé, il s'agit d'une bonne expérience dont nous avons tiré un enseignement. Dans le cas contraire, il n'y aurait eu que regrets amers...
Les photos:
La Madonne de la galère mardi 18 octobre 2005
Posté dans 'Rando' par maniac






réactions (8 réactions)
..et comme cela, tu pourras nous servir de guide pour rider ce couloir cet hiver !! ca à l'air bien sympa
lol
sinon de jolies photos comme d hab