Route du col de la Bonnette, le matin est frais au camp des Fourches, mon point de départ pour ma rando vers la Tête de l'Enchastraye.
Malgré les panneaux interdisant l'accés aux ruines qui sont plutôt instables, je n'ai pas su résister à ma curiosité qui m'a conduit à visiter ces vestiges du passé militaire de la ligne frontalière avec l'Italie. De là à faire quelques recherches il n'y avait qu'un pas...
Un peu d'histoire à propos des Chasseurs Alpins:
Dès le milieu du XIX siècle, l'Autriche joue le rôle de précurseur avec ses chasseurs tyroliens entrainés au combat en montagne. Durant la guerre de 1866, les chasseurs Autrichiens montreront aux Italiens, alors alliés de la Prusse, que les Alpes ne sont plus une fortification naturelle suffisante.
En 1870, peu après la chute du Second Empire, Giuseppe Garibaldi (alias Pepin), intervient contre les Prussiens et contribue à l'unification Italienne. Dans son combat contre l'Autriche, Pepin avait déjà compris qu'il lui fallait organiser sa propre troupe spécialisée dans le combat de montagne mais c'était aussi une manisfestation de sa totale adhésion à la république. C'est ainsi qu'est née la troupe dite des ''Chasseurs des Alpes'' dont il fut le colonel auto-proclamé. Cette troupe comptait environ 3000 hommes qui suivaient les ordres de leur héro, un peu franc-tireur et anti monarchiste. Longtemps, la frontière de 1860 sera plus un lieu de rencontre entre Piémontais et Nissarts qu'une barrière.
En 1837, la France forme une compagnie de chasseurs à pieds dont la mission est de tester une arme nouvelle, la carabine à canon rayé. Dès le début, les membres de cette compagnie sont soigneusement sélectionnés pour appartenir à cette troupe d'élite dont la force principale est une excellente mobilité.
Durant diverses campagnes, les bataillons de chasseurs réussissent avec brio leurs interventions militaires et gagnent peu à peu une image de courage, de solidarité et de sacrifice. C'est dans les Alpes que le mythe des chasseurs alpins prendra de la dimension. Dès 1870, pour répondre au problème du déployement des troupes, l'Etat-major français décide de la formation d'unités adaptés aux conditions de la montagne et rendues plus autonomes. Quand la guerre de 14-18 éclate, les bataillons alpins payeront un lourd tribu sur le front.
L'expérience du terrain acquise, les troupes alpines évoluent durant l'entre-deux-guerres et l'effectif est renforcé afin de mieux protéger les frontières. Petit à petit, les chasseurs alpins passent aussi l'hiver dans leurs quartiers montagnards. Durant la deuxième guerre mondiale, l'armée des Alpes restera invaincue, permettant de bloquer l'invasion italienne. Leur bravoure et leur héroisme au combat leur vaudra d'être surnommés les Diables Bleus par les Allemands. Après la signature de l'armistice, la plupart d'entre-eux rejoindront la résistance.
Le camp des Fourches était un camp d'altitude constitué de baraquements en bois ou en pierre qui furent édifiés par le Génie militaire. En hiver, environ 40 hommes restaient sur place. Des galeries en bois permettaient de passer d'une barraque à l'autre en limitant les effets du climat. Un téléphérique permettait de monter le matériel. Durant ces longues journées d'hiver, le quotidien et les conditions de vie n'étaient pas réjouissantes. Le confort spartiate, le froid, l'isolement et la gnole pour se retaper le moral...
Parmis ces valeureux hommes, certains on laissé sur les murs des fresques pleines d'humour. Les pigments de la peinture ont quelque peu souffert des assauts du temps. Toutefois, la palme d'or de la dégradation de dessin est attribuée aux cons de passage dont la capacité de nuisance n'est plus à démontrer...
Quelques photos d'époque (39-40) dont une de l'arrivée du téléphérique côté Fourches (en bas de page) sont disponibles sur le site du Secteur Fortifié du Dauphiné.
Mylka ne viendra pas mais le temps passé à l'attendre aura été profitable. :)
Il est grand temps de partir pour l'Enchastraye.






réactions (2 réactions)
et merci pour la minute histoire