Il y a des jours comme ça qui resteront dans nos mémoires c'est certain,
Des jours exceptionels, des jours que l'on voudrait presque sans fin...
Et ce jour là en était un.

A l'heure où certains rentrent aussi certainement de quelque session mémorable dans cette nouvelle vague de poudreuse fraichement -enfin- débarquée sur la France, retour sur une journée épique lors de la marée blanche précédente : le 3 janvier aux Karellis. Le film de la journée est enfin monté et publié ; le prétexte me suffira pour remonter le temps.

Le début du séjour ayant été plutôt chaud sur les pistes peu eneigées, on se consolait en se disant qu'ici au moins on avait la chance de pouvoir skier sur une bonne partie du domaine, chose dont tout le monde ne pouvait alors pas se vanter. Qu'à cela ne tienne, ce fut l'occasion pour moi de tester mes nouveaux joujoux sur le dur et de m'essayer à la technique du talon libre. L'exitation ne pouvait pourtant pas se dissimuler quand les grands gouroux du ciel annonçèrent deux jours consécutifs de chutes importantes (NDLR de neige) pour le 1er et le 2 janvier. Après ces deux jours au chaud au profit du bricolage familial, sans voir le soleil ni même apercevoir un coin de ciel bleu entre deux flocons, le lendemain était le dernier jour et quoi qu'il advienne c'est là-haut qu'on serait avec le frérot.

Et c'est là que commence le conte de fée. Au petit matin lorsque l'oeil à demi entrouvert pour localiser l'engin de torture qui le tire de sa quiétude entraperçoit la lumière poindre entre les volets. Il ne s'y trompe pas, le grand monsieur tout là-haut a décidé d'être de la partie. Et c'est alors que tout bascule, une sorte de révolution s'opère, les priorités et les références sont soudainement chamboulés. Plus aucun des arguments que l'on peut habituellement trouver (ou que d'autres peuvent trouver pour nous) pour gagner quelques minutes sous la couette n'a de poids : ce jour là promets d'en être un. Un de ces jours qu'on attend tous, plus ou moins patiemment, que l'on chérie quand enfin il se présente et que l'on remercie encore longtemps après.
La première couche de l'équipement est enfilée en quelques secondes et le petit-déjeuner ne sera qu'une affaire de minutes. Le nécessaire à casse-croûte est bien vite empaqueté et on se bourre les poches de barres chocolatées, céréalières et autres fruits secs : on risque bien de ne pas prendre la syndicale pause pique-nique...Les chaînes sont déjà montées et les fats sont déjà dans la voiture depuis la veille, on double-check que tout le nécessaire pour la deuxième couche de l'équipement est bien là et c'est parti! Ah, on oublie pas que c'est aujourd'hui le baptème à la poudre de la caméra parentale : les dernières images en mouvement datent de plusieurs années, il est temps de rafraichir tout ça et c'est aujourd'hui ou jamais, car aujourd'hui sera un jour comme ça, un « perfect day » dans sa vision skipassienne de la chose.
Les quelques kilomètres paraissent longs même si, avec les chaînes, on monte très bien. Le téléphone sonne peu avant le sommet, Double-M n'en peut plus, il fait une rotation en nous attendant. En très peu de temps nous sommes habillés, chaussés, le forfait est acheté et nous nous retrouvons tous les trois (Rene55, Mickyky et moi même) en bas des pistes pour le top-départ de la grande gavade! Cette fois c'est certain cette journée en sera une, une de celle où la sensation de la faim et des cuisses qui chauffent s'éclipsent devant celles que peuvent procurer le ride en poudreuse.
Le reste n'est que joie, bonheur à l'état pur, cris d'exhaltation et poussées d'adrénaline pour un traçage en rèles dans une glisse douce et des courbes épurées. La joie intense d'être là, ensemble et de partager ces petites faces, ces champs de blanc immaculés entre amis, entre frères, cela nous comble et nous colle une grande banane pour toute la journée en pied de nez aux déferlantes de poudre qui nous tapissent jusque dans les narines.
Les rotations s'enchaînent. Tous d'abord méfiants envers cette épais manteau tombé d'une traite sur une fine sous-couche bien dure, une discussion avec le personnel de la station nous rassure un peu et on peut s'aventurer un peu plus loin. On a même le temps de filmer presque tous les bon passages : il y a très peu de monde et ça ne trace pas vite du tout. Il restera même quelques endroits avec notre seule signature jusqu'à la fermeture.
La fin de la gavade approche, les estomacs ronchonnent, on a défloré tout ce qui nous faisait de l'oeil, les riders sont comblés.
Merci dame Nature qui même si elle s'est faite prier, a encore démontré son infinie mansuétude.
Le 3 janvier en était un, un jour où on quitte la station, vidé d'énergie, mais rempli de cette sensation magique de but atteint et plein d'images inoubliables qui reviendront hanter nos songes...jusqu'au prochain jour comme ça.




Les vidéos enfin montées : deux approches différentes à partir des mêmes images brutes.
C'est mon premier montage, si vous avec des critiques (constructives) n'hésitez pas.Vous pouvez aussi noter et commenter les vidéos sur Zapiks.

La mienne :



Celle de mickyky :

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