Et voilà ce qui devait arriver est arrivé...
Suite logique des choses je dirais en fait : après avoir succombé aux délices du télémark à Noël, me voilà maintenant introduit aux joies de la randonnée. En effet le télémark a cela de génial qu'il suffit de coller une paire de peaux sous les semelles pour pouvoir s'offrir le luxe de la liberté non seulement du talon mais aussi de visiter la montagne à son rithme, avec sa vision personnelle.
Je n'ai donc pas résisté longtemps à l'appel des peaux de phoques puisque à peine plus de 3 mois après mes premières génuflexions, j'ai craqué pour une belle paire de G3 à -30%.
Bien, je découpe tout ça le plus proprement possible (ça se fait mieux que ce que j'imaginais) et la semaine suivante, c'est la premiere rencontre avec la neige pour mes adhésifs à poils. C'est juste pour la prise de contact puisque je ne ferai qu'une bonne heure de montée en guise d'échauffement. Je suis en station donc je fais la première moitié sur le bord des pistes avant de prendre la tangeante et aller traçer un peu plus loin des pistes travaillées. Je suis très agréablement surpris par l'accroche impressionnante que j'ai. J'essaye de faire un peu de pentu pour m'essayer à mes premières conversions et ça se passe sans trop de soucis, tout va bien! J'arrive vers le sommet du (petit) domaine mais par un endroit où on accède pas par les pistes, privilège de la rando hé hé... Quelques photos, je décole les peaux et les remballe avant de savourer une descente courte mais non moins déplaisante à l'écart des sentiers battus. Première impression, c'est assez éprouvant physiquement et surtout pour que ça descende un peu en ski, il faut que ça grimpe sévère à la montée! Mais j'accroche bien à l'esprit, c'est le principal.
Deuxième étape (et c'est bien ça que j'avais dans l'esprit quand j'ai fait mon investissement) : tenter une sortie avec le club le la fac, ici à Trondheim (Norvège). Depuis le début de l'année je regarde les photos de leurs sorties sur le net en y rêvant, cette fois je tente le coup. Le concept est toujours à peu près le même : départ le vendredi dans l'après-midi, arrivée sur place le soir, installation du campement pour la nuit sous les tentes (ou dans des petites cabanes quand l'hiver se fait trop rude). Le samedi, une première bonne rando, re-nuit sous la tente et re-rando le dimanche mais un peu plus courte pour pouvoir rentrer. Je me pointe donc au rendez-vous briefing le mercredi soir ; tout ce petit monde a l'air bien sympatique. On discutte de ce qu'il ne faut pas oublier, on regarde les cartes pour voir les itinéraires faisables, discutte organisation et heure de départ.
Le vendredi arrive enfin et je descends à la fac pour le rendez-vous avec un sac (merci Nantraldam) plein à craquer mais je me dis que pour ma première il vaut mieux que j'aie un peu trop d'affaires plutôt que pas assez. En arrivant, je suis rassuré : certains en ont encore plus que moi :) . Le temps annonçé pour le week-end est plutôt trop chaud et très couvert mais en ce vendredi soir tout va bien, on profite des magnifiques panoramas sur la route en allant vers les fjords de Todalen.
Le campement sera assez vite installé dans la neige à la frontale et c'est avec plaisir qu'on se serre pour avaler un peu de chaud qui fait grand bien. Le ciel étoilé est d'une profondeur rare et n'est guère perturbé que par quelques rapides passages nuageux. Pas de lumière parasite ici, le premier rassemblement d'habitations se trouvant à quelques dizaines de km. Bon, c'est pas qu'on soit pas bien dehors car il ne fait même pas si froid mais le réveil est prévu à 7h pour le samedi matin alors hop, tout le monde dans son sac de couchage. Je m'endors emmitouflé jusqu'au bout du nez dans mon duvet et en souriant tout seul face aux étoiles que j'aperçois par le sommet de la tente.
Sur le matin, il commence à faire froid allongé sur la neige dont je suis tout juste séparé par 2cm de mousse et une couche de duvet. La mise en route n'est pas facile et d'autant moins que dehors, le ciel est tout bouché quelques centaines de mètres au dessus de nos têtes...Aller, petit déj', préparatifs et on est partis pour ma première vraie rando. Les norvégiens randonnent pour la grande majorité avec des fixations de télémark classiques sans position randonée donc je ne me sens pas seul.
Malheureusement, le temps ne tardera pas à se gâter avec d'abord un peu de neige, un peu de vent, puis beaucoup de neige et beaucoup de vent, vraiment beaucoup. Tant et si bien qu'on ne pourra pas monter au sommet comme prévu et qu'on ne verra même pas à quoi il ressemble. Tant pis, c'est ici qu'on enlève les peaux, ça ne sert à rien d'aller plus loin. Et là l'opération prend une toute autre tournure avec ce vent horrible. C'est vraiment pas évident de totalement épargner la colle de la neige et j'essaye de faire de mon mieux... Et de une! Je retourne le ski, fixation vers le sol et l'enfonce dans la neige pendant que je vais m'occuper de la deuxième. Tiens, un sac pour ranger les peaux qui s'envole, ayant échappé à un colègue. Je le suis des yeux alors qu'il s'envole dans le brouillard...MAIS! OH NON! Voilà que je vois mon ski, retourné par ce vent incroyable se mettre à dévaler le mur en dessous de nous...Oups...Heureusement, il se retourne quelques dizaines de mettres plus bas avant de disparaître dans la purée de poids qui nous entoure.Une fois que tout le monte est prêt, on descend tous ensemble jusqu'à mon ski que je retrouve heureusement sans trop de problèmes. Je n'en finirai pas de m'excuser auprès de mes camarades pour cette mésaventure qui, j'en suis conscient, aurait pu être bien plus fâcheuse. La moitié de la descente se fait en aveugle à suivre le GPS, seul recours dans ce monde blanc. Plus bas, le brouillard disparaît enfin...pour laisser place à la pluie et c'est complètement trempés qu'on arrive au campement où la tente (affalée le matin pour la protéger du vent) ressemble maintenant à une piscine. Heureusement que les sacs sont dans l'autre petite tente...
Concertation rapide puis les deux responsables vont jusqu'à l'habitation la plus proche et en reviennent avec des prévisions de temps similaires pour le lendemain. Il faut se résoudre, ce serait ridicule de passer une nuit de plus ici, tous trempés, pour retrouver la même situation le lendemain. Le campement est plié non sans une déception certaine sur tous les visages à l'idée de rentrer à Trondheim.
On mange tout de même tous ensemble le soir et c'est finalement une soirée bien sympatique.
Une expérience un peu décevante pour moi par rapport aux images de descentes ensoleillées avec vue sur le fjord que je m'étais imaginées mais sacrément enrichissante aussi. Une sorte de condensé de l'apprentissage de la rando. Et le mieux c'est que j'en redemande :) .
Troisième étape : on prend les mêmes (ou presque) et on recommence. Même concept mais direction Sunndalen cette fois ci. Au programme : le samedi Dronningkrona et ses 1800m. N'oubliez pas qu'on est en Norvège et qu'ici 1800m ca fait déjà pas mal. En effet le départ et l'arrivée se font en dessous des 200m mais du sommet on a vue sur la mer et ça c'est fantastique!
Et pour le dimanche on verra bien mais ce sera quelque chose d'un peu plus court pour avoir le temps de plier le camp avant de rentrer sur Trondheim.
Même début de scénario que la fois précédente avec installation des tentes et préparation du repas qu'on prend tous ensemble autour d'un petit feu qui amène encore plus de chaleur et de convivialité avant la nuit qui s'annonce fraîche.
Samedi matin, lever à 7h, la nuit n' a effectivement pas été très chaude et le café fait du bien. On se met en route tranquilement pour notre objectif du jour sous un ciel malheureusement bien gris et triste mais pas trop menaçant. Après un petit passage de plat depuis le campement, on attaque la montée dans la forêt à un rithme norvégien. Je n'ai pas d'idée exacte des dénivelés précédents que j'ai pu faire mais je me doute qu'il va nous falloir plusieurs heures pour parcourir les 1600m verticaux qui nous séparent du sommet. C'est pourquoi je commence à me dire que vu comme je transpire, je vais sûrement bien dormir cette nuit. Je suis rassuré en voyant que les autres dégoulinent comme moi et le rithme se tasse progressivement. Finalement, je reste dans le groupe de tête sans problème. Après la pause casse-croûte on attaque par un très, très long dévers qui finira par former une petite ampoule sur ma maléole interne mais sachant qu'il y a des habitués qui ont été touchés bien avant moi je me dis que ce n'est pas un problème de chaussure. Simplement la prochaine fois j'essayerai de faire quelques conversions pour changer les appuis de temps à autre. Après ce dévers, il ne reste qu'un petit raidillon avant d'arriver à un premier sommet qui culmine à environ 1600m. Pas forcément très difficile à première vue, cette partie sera en fait une des plus agaçantes pour moi car la neige colle enormément aux peaux et avec 5cm sous les peaux, c'est bien plus lourd et bien plus difficile à contrôler. S'ensuit un replat balayé par un vent assez fort avant d'attaquer la dernière partie de montée qui est malheureusement orientée comme la précédente et où on retrouve donc ce problème de bottage. Cependant, une fois arrivé au sommet, le spectacle est grandiose! Même s'il manque quelques rayons de soleil pour faire ressortir les contrastes, et illuminer le bleu des fjords à nos pieds, il se dégage tout de même une superbe atmosphère. Instant de contemplation, puis mitraillage photo, petite restauration, décollage des peaux et une fois que tout le monde a bien goûté son plaisir, on rechausse pour la descente. La neige n'est pas extraordinaire mais cela suffit pour tailler des courbes et le plaisir de skier la pente gravie auparavant est plus fort que le reste. La fin de la descente entre les arbres n'est pas évidente mais ça fait progresser. Au final, on arrive tous au campement avec une jolie banane collée sur la frimousse et on se met bien vite à préparer le repas du soir.
La soirée autour du feu permettra de sécher les habits et les peaux humides de la journée pour pouvoir recommencer le lendemain.
Finalement, pour le dimanche, on abandonne l'idée de Snøfjellet, trop éloignée du camp de base. On remonte en fait par le même tracé au départ mais on va ensuite sur la face opposée à celle du long dévers de la veille pour un sommet dépassant quelques peu 1300m. Et cette fois un soleil génreux nous accompagne pour toute la journée qui est du coup plus photogénique. Encore une ascension fort simpatique même si cette fois on a pas de vue plongeante sur les fjords. La descente elle aussi est un vrai régal, d'une part parce que nous sommes les seuls à avoir choisi cette face, tout le monde profitant de cette belle journée pour contempler la vue depuis Dronningkrona, et d'autre part parce que la neige est très plaisante à skier : quelques centimètres fondus en surface sur couche stable et régulière. La pente n'étant pas excecive, il n'y a pas à se poser beaucoup de questions et c'est un vrai plaisir!
Encore une fois la partie finale n'est pas des plus évidente car le soleil n'est pas arrivé jusqu'ici et la neige croûtée n'est pas des plus faciles pour slalomer entre les arbres.
Le week-end touche à sa fin et il faut maintenant plier bagages et reprendre la route, de belles images plein la tête et un peu de fatigue dans les jambes...
Je ne suis, pour sûr, pas encore un randonneur expérimenté mais je crois que je suis contaminé par le virus. Certainement pas un inconditionnel car j'aime trop cumuler les dénivelés négatifs pendant toute une journée, mais à mon idée, je le vois plus comme une alternative, une autre façon d'appréhender la montagne et le ski, complémentaire et non contradictoire.
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Openski - Etape III : Test Un spot avec vue.
Initiation rando à la mode norvégienne.
par kampaniarider, vendredi 13 avril 2007

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réactions (6 réactions)
joli article, en tout cas!
Tu t'amuses bien là-bas !
En tout cas, c'est un vrai plaisir de lire tes récits de tes aventures et découvertes !!