C'est là qu'arrive le moment tant attendu, et un peu redouté aussi ; la récompense de toutes ces heures de dur labeur, mais de plaisir aussi de voir naître petit à petit les planches de mes rêves ; la rançon de ces gouttes de sueur (si si!) et de sang parfois aussi (mais pas beaucoup).
Ils sont tous beaux tous brillants sous leur couche de vernis. Je commence à toucher du doigt le rêve. Il ne me reste plus qu'à aller voir le skiman pour qu'il me monte mes fixations, structure ma semelle et m'affute mes carres. On ne peut plus descendre à l'atelier pour lui parler directement depuis cette année, c'est franchement dommage mais il paraît que c'est pour les normes de sécurité. Bref, ça me plaît quand même qu'à moitié d'expliquer ce que je veux exactement à un intermédiaire, aussi serviable soit-il, pour qu'il aille ensuite jouer au téléphone arabe avec le skiman dans l'atelier bruyant. Devant mon scepticisme, il fait finalement monter le skiman et je peux donc lui expliquer tout ce que je veux en face à face. Me voilà rassuré, je peux repasser les chercher le lendemain, ils sont entre de bonnes mains.
Enfin le moment tant attendu arrive, je chausse MES skis, « mes miens d'à moi », que j'ai faits avec mes petites mains (et aussi accessoirement : une scie circulaire, une perçeuse, une ponçeuse, une défonceuse et d'autres petits joujoux encore) . Clac-clac! Euh non, les look pivot ça claque pas...enfin bref, ça y est je les ai aux pieds. Première impression : il n'y a pas beaucoup de longueur devant, et du coup il y en a pas mal derrière. Le même sentiment que lorsque je suis monté pour la première fois sur une paire de Head Mojo il y a quelques années et du coup je me dis qu'ils vont sûement être aussi joueurs et c'est une idée qui me plaît. Ce que je pouvais sentir à la main se confirme, les flex est bien souple. Je voulais des freestyleurs, je suis servi :D .
Bon et bien c'est parti, « Baizaï! ». Télésiège, téléski, la neige n'est pas très abondante comme un peu partout donc le choix des pistes est limité étant donné que j'ai qu'à moitié envie de faire des trous dans mes semelles toutes neuves. Je commence donc par la grande rouge où la neige est bien dure. Zut, je suis en haut de la piste et je me rends compte que j'ai oublié de régler mes fixations... « Je suis à combien là ? 4, ça fait quand même pas beaucoup ça ! Bon, on en fait une pour du beurre les gars ? » Quelque petits coups de tournevis en bas et c'est réglé. Allez, on remet ça! Et c'est la première très bonne surprise : le slalom entre les petits cailloux qui dépassent de cette neige béton est plus qu'agréable : l'accroche est impressionnante et surtout très franche et saine. (première séquence de la vidéo) Alors certes ils sortent de l'atelier mais quand même je suis impressionné et pas moins heureux! Bien sûr, en conduites dérapées, on sent qu'il y a du talon, ce n'est pas un ski de slalom, mais je m'y fais vite et une fois la position trouvée, ce n'est pas gênant. Une fois en bas du premier mur, la piste s'aplatit et je profite de ma vitesse pour enchaîner en carving et là encore c'est l'halucination : ça tourne court, et ça crante fort bien. Du coup je rentre dedans un peu plus au fur et à mesure et plus j'appuie, plus j'en reprends ma dose dans les cuisses en fin de courbe et plus j'ai la banane :D Wouhouhou! Je suis fou de joie, j'ai du mal à y croire. Ce flex à priori très souple en a dans le ventre quand même et ça c'est une super nouvelle! C'est le moment pour une interview des plus sérieuses sur le télésiège! (intro de la vidéo)
On en fait encore quelques unes comme ça avant de passer sur l'autre versant plus plat et avec de la neige plus molle pour du grand cruising en carving de haut en bas. (deuxième partie de la vidéo) C'est un vrai régal de se balancer en rythme de droite à gauche. J'essaye un peu de fakie et même si mon niveau n'est pas bien élevé je sens que les cotes symétriques facilitent bien la conduite. Etant donné le peu de neige, pas moyen de trouver de sauts corrects à faire pour vérifier l'équilibre aérien même s'il est déjà presque acquis de par la symétrie du shape. Ensuite retour sur la neige dure du versant à l'ombre mais là, c'est le drame! Sur le télésiège je remarque un morceau de la carre qui n'est plus exactement à sa place...AAAaaahhh! Qu'est-ce que c'est que ça??? En plus en spatule sur la carre extérieure, comment est-ce possible?! Bref, j'arrive en haut, je déchausse et effectivement, la carre commence à se décoller... :(:(:(:(:(. Je suis dépité. Je ne pensais pas que le problème puisse venir de là. Bon, tant pis, retour à la voiture, échange de ski après quand même 4 bonnes heures de plaisir intense. (A noter que c'était pas mon jour, je me suis rendu compte en fin de journée que même sur mes skis cailloux, j'avais perdu un morceau de chant alors que, je suis formel, j'ai pas touché de caillou!)
Enfin il n'y a pas 36 solutions : le soir, dans le garage du tonton, recollage de tout ça à la colle bi-composants.
Le lendemain, les conditions n'y étaient pas et il y avait d'autres choses au programme. Laissons la neige se poser (enfin!) tranquillement. Le sur-lendemain (et dernier jour) par contre une bonne grosse couche de poudreuse s'est posée donc là j'ai sorti les fat (cf article « Un jour comme ça »). Mais j' ai quand même sorti mes pro...euh...amateur model pour une petite session rails sur le parking. Oui c'est osé, mais quitte à tester, autant tester à fond. Euuuh attends le crash-test on va le faire à 10 km/h sinon on va complètement bousiller la voiture là...non, ça le fait pas! Donc étant donné mon niveau assez pitoyable, ils ont pris leur tarif : un mordage de carre dans la barre et la semelle a fait une petite bulle et puis redécollage au même endroit qu'avant mais sur une plus grande longueur. J'ai bien les boules quand même mais bon ... c'est le jeu ma pauvre Lucette!

Conclusion :

+ Une superbe surprise pour ce qui est des performances sur piste et en virages coupés notamment.
+ Légers et souples donc très joueurs même si j'aurais voulu plus exploiter ce domaine.
+ Le fakie.
+ La bande de freestylers à la pointe de la mode niveau matos qui regardaient mes lattes tous penauds en bas du télésiège ;)
+ Une sensation indescriptible de rider SA paire de skis.
- Gros problème de solidité au niveau des carres.

->N'a pas satisfait tous les tests, ne reçevra pas le sticker ITWT d'homologaton.

Je ne sais pas tellement à quoi est dûe cette fragilité au niveau des carres. Peut-être que j'ai tiré trop de dépression lors de la stratification et que du coup mon sandwich est trop sec.
Je ne comprends toujours pas non plus comment ce fait-ce que la carre s'est décollée au niveau de la spatule et à l'extérieur. Je ne pensais pourtant pas qu'il y avait beaucoup d'efforts à cet endroit.


Quelques mots sur le testeur :
1m75, 65kg
Skie habituellement sur :
Volkl Gotama 183 (skis de tous les jours jusqu'à ce que je me mette au télémark ;) )
Dynastar Intuitiv74 188 (cailloux)
K2 Piste-Pipe (télémark)
Skie depuis l'age de 4 ans, un peu moins d'une trentaine de sorties pas an. Jamais pris de cours donc un style sûrement pas très académique.



Et même quelques images en mouvement avant les photos :

http://www.zapiks.fr/Peau-d-zeb--1.html