Me voilà bien fantasque de m'essayer à partir à l'aventure seule, j'avoue en toute honte avoir fait un choix mauvais, et l'Arbizon restera ce jour le sommet inaccompli.

Vendredi soir, 25 Mars 2011.

En cette fin de semaine  joyeuse j'entrepris de trouver un itinéraire nouveau et plaisant de randonnée. Ma recherche fût tenue. J'en venait à bout en quelques heures, car il fallait encore préparer les choses et d'avantage les répartir parmi mes deux sacs. Peu avant l'ordre, j'en voyais sur tout le sol, j'avais là de quoi faire face aux éventuels oublis.

Je jetais encore une fois mon dévolu sur la vallée d'Aure, rassurante et si familière. Je choisis de gravir l'Arbizon, une séléction que j'eus bien la suffisance de faire, allant de proportion avec mon entrain. Il convennait évidement de se repérer là bas, j'étudiais la carte, imprima mon itinéraire et y préféra la voie la plus courte. Le départ était prévu en théorie depuis la Hourquette d'Ancizan. Il s'agissait d'une longue ascension de plus de mille trois cent mètres de dénivelé positif, je me représentais le temps nécessaire pour aborder le sommet, m'en rapprocher franchement. Je ne pouvais concevoir des pentes trop soutenues, ma conscience a le talent de surgir en lieu et place opportuns, j'allais donc me fier à cette dernière. Prompte au réveil je me couchais. Dès lors que j'ouvris les yeux, je sautais littéralement du lit pour me préparer et charger le chariot en toute hâte. (:D)

Samedi matin, 26 Mars 2011.

Quatre heure et demi du matin, je chantais gaiement dans ma carriole, me dirigeant droit vers l'Arbizon, le mont imaginaire. Le sourire me venait et mon coeur le berçait, je me sentais résolue et cultivais ma poussée de bonne humeur. Le bonheur s'assèche continuellement, il est indispensable de l'arroser. Lui procurer de l'eau : j'optais pour sa forme cristalline, bien qu'elle soit si sèche au final. Je trouvais facilement la route qui me conduirait à bon port, depuis Guchen, village modeste et coquet qui abritait ma pâtisserie favorite. Mon impatience grandissait à mesure que les virages défilaient ; jusqu'à ce que je trouvasse de la neige sur la route. Contrastant il y avait le calme pourtant bruissant des chants d'oiseaux harmonieux au petit jour, d'une poésie parfaite et ces tranchées de neige qui semblaient transpercer la route tels le démon. Un froncement de sourcil, j'entrepris de chaîner. J'y parvins et m'enhardi trop vite, car moins de cent mètres plus loin une crevasse me barra le passage. J'eus toute la peine à m'en sortir. Je pris la pelle et dégagea mon carsosse. (:D) Je défis les chaînes et repartis pour le second itinéraire. A cet instant encore l'espoir m'animait toujours, il perdura seulement le temps d'arriver au parking. J'étais pourtant finallement arrivée... Un vent de panique, ou un éclair de conscience inversé me fit abandonner mon projet, j'étais entourée de terre et ne pu en supporter la vue si dépourvue de neige, un regard circulaire vain d'Arbizon. Je me sentais faible et seule. J'avais pourtant étudié ma carte, savais qu'il y avait une marche d'approche. Il était huit heure et j'avais perdu une heure et demi. Je rechaussais mon tacot pour aller vers la randonnée la plus sûre du coin, le pic de l'Aiguillette en l'occurrence. Mon humeur papillonna à la vue de l'enneigement de mon nouvel objectif du jour. J'arrivais, m'équipais et commençais mon ascension vers huit heure et demi. Je me sentais aussi affûtée qu'un chat aurait pu l'être parmi un champ de souris. L'air pur m'ennivrait, à mesure que j'avançais mon regard scrutait le paysage à la recherche de la meilleure trace possible... L'imposante corniche n'encourageais certainement pas à ce que je la franchisse. Je voulus quand même me repaître de la pente vierge qu'elle dominait farouchement. J'arrivais au sommet en premier, en seulement deux heures et demi. La dernière demi heure sur la partie en dévers la plus pentue fût un poil pénible mais je m'en remis très rapidement. Pour parfaire cette journée "football" j'eus à peine le loisir d'admirer la vue des monts espagnols entièrement blancs. Les nuages menaçaient de gagner le secteur bientôt. Je redescendais donc sans trop tarder, profitant d'une condition printanière sur la partie la plus haute tandis que le premier tiers se skiait sur de la neige transformée, gorgée d'eau pour être exacte. Onze heure et demi, je reprenais la route. Midi et demi, je glissais de nouveau sur Saint Lary, dont les versants sud me faisaient peine à voir...Je remarquais aussi que les cours d'eau étaient bien vifs en bas de vallée : la fonte était engagée, l'hiver capitulait peu à peu, irrémédiablement le printemps l'emporterait. 

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Cher blog, à très vite.

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