On prend les mêmes et on recommence. Phiphi, Thomas, JMi, Barbara, Fred, Thierry et moi nous retrouvons mi-mars à Gaudissard pour essayer de faire aussi bien que l'an dernier dans les Cerces. La météo de la semaine n'est pas follichonne pour le début, mais devrait nous réserver de la peuf et du soleil pour la fin du trip.

J1, départ de l'ancien centre UCPA de St Véran pour la Pointe des Marcelettes (2909m). Le temps est cracra! La visibilité est bonne jusqu'au Pic Cascavelier (2562m) ou nous cassons la croute. Ensuite, la croupe qui est censée nous conduire au but, est prise dans le broulliard, le vent et la neige... On stoppe à 2750, au pied de l'arête finale. On chausse les surfs pour attaquer les grandes pentes qui vont nous conduire à la cabane de Lamaron. La bonne surprise est la quantité de fraîche (environ 30cm), la mauvaise c'est qu'on est dans le plus total jour blanc! On n'y voit rien, du coup on ne peut rien lacher sur le haut. On repasse sous le nuage en dessous de 2200 et la visibilité revient, mais l'épaisseur de peuf est moindre. Tant pis pour celle-là! On se rentre planplan au gîte: bierre (s), sauna (et oui...), récup quoi!

J2, la météo semble nous laisser un petit répit ce matin. Direction la Pointe des Sagnes Longues (3032m) au départ du Pont de Lariane. Je force un peu la cadence de bon matin avec Fred, histoire de "stimuler" la troupe pour qu'on profite du créneau... Jusqu'à la Bergerie des Tioures c'est jolie mais chia... car presque plat. Petite pose et regroupement avant d'attaquer le Vallon de Clausis. Trop content: 20 à 30 cm de poudre est personne n'est monté. On va se gaver! Tous le monde monte à son rythme. On tourne un peu à la trace avec Thierry et Fred. Le vent en altitude est fort et donne une super ambiance à la sortie. Par contre ça promet pour la croupe finale... Nous abandonnons sac et raquettes vers 2900 pour finir en crampons: le haut est pelé par la tempête et il n'y a plus que de la vielle neige bien dure entre les cailloux. Nous gagnons finalement le cairn sommital. la vue sur le Viso est superbe. On voit également quasiment tout l'itinéraire que je projette pour jeudi jusqu'à l'arrivé au refuge Agnel. Le vent nous "chasse" vers la descente. On chausse à l'endroit ou nous avions laissé les sacs et en route pour un run géniale. On s'est juste fait "grillé" par des skieurs partis derrière nous et qui ont chunté le sommet. Vu la place qu'il-y-a, c'est pas un problème! On termine juste au moment où il commence à neiger de nouveau: bonne journée!!!

Troisième jour, conditions pourries: brouillard, redoux infernale en dessous de 2300... On part d'Abriès par les remontées mécaniques. On bascule en versant nord de la collette de Giliy pour descendre jusqu'à Valpréveyre: ça colle grave! On chausse les raquettes alors que le temps semble se lever, direction l'Eypiol (2550m). On brasse comme des chiens dans le mélèzin, malheureusement dans de la neige monstre lourde jusqu'à environ 2200. Au dessus, ça souffle presque en tempête. Nous atteignons le sommet dans un mélange de ouate  et de neige poussé par de violentes rafales: l'ambiance a elle seule vaut le détour! On file rapidement vers le bas pour retrouver un peu de "calme": le haut malgré le vent est excellent jusqu'à 2200, en dessous c'est un peu la "guerre" dans la soupe et la fin est carrément pitoyable sous la pluie!!! J'adore tout de même la réaction de la troupe qui a pu tester en conditions réelles les "gro-tesques" XCR et autres Paclite...  La bonne news est que la perturbe s'éloigne et que l'anticyclone revient. On s'est organisé le matin pour laisser des voitures à Ristolas pour la fin des opérations vendredi.

J4, Départ des remontées de St Véran. La journée va être longue et je peste un peu car ça traine rien que pour sortir le matos des voitures... Le groupe a un bon niveau et j'ai prévu une super étape, mais il faut que ça déroule, sinon on va arriver à la nuit! Première petite montée depuis le haut des remontées: 200m pour atteindre le Pic de Chateau Renard (2989m). La vue est top, tout comme les conditions de neige. Nous attaquons le couloir nord. Malgré le vent des jours passés, l'entrée n'est pas "chargée" (ce qui est souvent le cas). Un par un et par petites sections, on déroule le couloir en essayant de se mettre le plus à l'abris possible pour les regroupements. Même si on misère jusqu'à ce soir, la journée est gagnée! C'est le pied total: 30 à 40 de poudre, grand beau et pas de traces... On chausse à nouveau les raquettes vers 2300m. Mon collègue David Preiss m'a filé un tuyau pour gagner un peu de temps. Plutôt que de descendre le versant sud du col du Longet, on va monter au Pic Traversier (2882m), enchainer par l'arête sur le Queyron (2884m) dont on descendra l'arête sud pour trouver un couloir "évident" dans le flan Est. Je remet un petit coup de pression au groupe, car l'exposition Est de ce couloir que je ne connais pas, m'inquiète un peu. Tout le monde va marcher à un bon rythme et à 13h45 nous sommes au pied du couloir, au Rocher des Marrous, en ayant fait le casse-croute. La dernière montée nous conduit au col de Chamoussière (2886m). 2 kite-skieurs, nous tournes autour dans la pente sud... La cerise sur le gateau est là (le vent aussi!). Nous enchainons les courbes à fonds dans la pente nord: neige de cinéma... Nous sommes au pied de la pente à 16h. Le refuge Agnel est à 15 minutes de marche... Les jambes me "titille"... "on remonte?" Phiphi, Fred te Thierry sont ok. JMi, Thomas et Barbara partent s'installer à la terrasse du refuge avec une bonne bière pour veiller sur nous. Ca "brasse" pas mal, mais quel pied! Nous sommes tous au refuge à 17h, fatigués mais avec la banane: quelle journée!!!!

Vendredi, dernier jour. Départ à 7h30, l'étape doit être assez longue (2 cols et un sommet). La première montée au col de l'Eychassier (2917m) se fait "au frais". Le soleil nous réchauffe au col. Nous laissons glisser pépére jusque sous le Clot du Poulain (2830m), courte montée bien raide sur la fin. La descente sur les lacs de Ségure est poudre... no comment! On s'arrête pour rechausser et grimper au Pic de Ségure (2990m). A ce moment, Thomas (le seul skieur), nous gratifit d'un "face plant". Il met du temps à se relever: il se plaint de la main. On lui laisse 5 minutes pour récupérer, mais ça ne va pas mieux. Je lui propose un coup d'hélico bleu, mais monsieur a sa fierté et "est dur au mal". J'opte tout de même pour la descente directe sur Ristolas. Il nous reste quelques bonnes courbes, puis un chemin dans les mélèzes. Avec la nuit dégagée, la neige en dessous de 2000m est croutée, du coup j'ai un peu moins de regrets pour le Pic de Ségure. On arrive avant midi. On récup les voitures, se salut et nous filons direct à l'hosto avec Thomas: méta-carpe cassé...

Au final, mis à part ce petit soucis, nous avons encore passé une super petite semaine, avec réellement une très grosse journée le jeudi. De mon côté, je remet ça la semaine d'après dans le haut du Briançonnais. Et on se retrouvera avec une partie de la troupe mi avril pour 3 jours en Haute-Maurienne. A suivre...

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