Les jours ont passé, la pluie s'en est allée ailleurs, arroser d'autres montagnes. J'ai entendu dire que la californie s'est pris 5m de fraiche pendant que nous on se prenait des pichets de flotte sur la tronche.

Peu importe, maintenant c'est notre tour.

J'ai fini par m'installer dans le sous sol de la maison folle, un bout de place à coté du lave linge et du sèche linge. Dans la buanderie quoi. J'ai visité tant d'autres places moisies que ce fukin' basement ne me fait vraiment ni chaud ni froid. Passage obligé chez Canadian Tire, j'achète enfin mon matelas. Gonflable. 17$ plus des coupons de réduction pour des merdes en provenance de l'asie, les memes qu'on a chez nous avec le petit autocollant doré marqué ''made in china''.

C'est le début de saison, je n'ai qu'un seul objectif, la rastafaride. Alors dormir dans une chambre ou dans un sous-sol..

L'ambiance est bonne, la colloc s'annonce plutot chaleureuse, avec le quotidien d'une colloc': qui c'est qu'a pas nettoyé le filtre du sèche linge, pourquoi personne fait sa vaisselle, pourquoi les poubelles s'entassent sur le balcon, qui à mangé mon fromage, vous faites chier a sexer toute la nuit on entend tout, ca pue les pieds dans l'entrée...

Quelques jours après mon arrivé, un autre gars me remplace sur le canapé (sofa guy), tout le monde à l'esprit ouvert, tout le monde fait sa vie, ca bosse, ca ride, ca boit, ca sort, ca fume, ca fout le bordel. En regardant en arrière, je crois qu'on a été jusqu'à 13 dans cette foutue baraque. Mais elle était bien placée, 3mn du village, du liquor store, des clubs, du boulot. Le centre névralgique.

LE gros avantage de la colloc', c'est le brassage de culture. Des skieurs, des snowboarders, des anglais, des français. Une espèce de loft où tout le monde se retrouve sur la montagne, à se mettre la motiv, à tchatcher dans le salon..
Donc à force de parler, j'ai appris encore une nouvelle expression : never summer. Never summer c'est ce après quoi nous ridons tous, l'hiver sans fin, plus jamais d'été. Le rêve d'une vie où tous les jours quand tu te lève, il a posé gras dans la nuit, et le soleil te chatouille les yeux.

Nous voilà donc sur la montagne, dans le vif du sujet. La neige est bonne, la bonne humeur de retour et tout le monde a le péchon.
Pas la peine de s'attarder sur le nombre incalculable de bières et d'alcool que nous avons ingurgité en attendant cà.

C'est le new deal.