Petit résumé un peu tardif mais mûri par le recul par une certaine nostalgie entretenue par les skipasseurs croisés là-bas, par cet état de manque de la neige qui nous gagne, nous pousse au fartage, à la location pour le mondial, aux rêves devant les photos d'Argentine.
Ayant décidé ce trip en Nouvelle-Zélande de façon totalement impulsive et irréfléchie, je me suis retrouvé sans un sous à Christchurch un mois avant le début de la saison. Direction Queenstown, suivant les promesses de boulot aussi facile que les filles, d?argent rapide, de vraies stations de skis, de fêtes perpétuelles, etc.
Apparemment j?étais pas le seul a suivre ces rumeurs car la ville est pleine, même avant le début de la saison. Pas pleine de riders qui commencent à aiguiser leurs bâtons, ayant déjà limer 15 fois leurs carres, mais pleine d?anglais de brésiliens venus là pour travailler. Je me fonds donc dans la masse du travailleur saisonnier, déçu de parler des conquêtes féminines de la veille, de la cuite du lendemain et non de la prochaine sortie, du prochain couloir, de la différence entre un Seth Pistol et un Maden-AK, du derby de la Meije, bref des sujets que je sais défendre.
Car Queenstown est une ville bizarre pour le français. Hybride entre une station mais dans la vallée, Ibiza mais par ?10°, Chamonix pour les activités extrêmes mais Koh Lanta pour le côté faussement extrême, Davos pour les hôtels 4*, Indochine pour le défilé permanent des hélicos, la ville est en fait un défilé permanent de touristes dont le seul but est de dépenser un maximum en un minimum de temps, sans dormir grâce aux pilules magiques.
Mais comme on peut souvent le vérifier, l?avantage de ces villes touristiques du plaisir, c?est qu?en s?éloignant ne serais-ce que de 200 mètres des circuits touristiques, on redevient seul au monde, ne croisant que quelques semblables.
Et c?est là qu?on croise les gens biens : parapentiste français au coin d?un déco, grimpeur Australo-Thaïlandais au détour d?un bloc dans le jardin municipal, vendeur français dans son petit magasin au allure de caverne d?Ali-Baba, skipasseur autour d?un 15 verre de chartreuse fatal, architecte d'intérieur renomée, moniteur français venu montrer ce qu?est l?enseignement «made in France », instituteur français venu montrer ce qu?est l?enseignement « made in France » mais aussi tueur de bloc, pisteur canadien, etc.
Première constatation, le français est moins c.. que la moyenne anglophone et malgré quelques exceptions, il est venu chercher la même chose que moi, à savoir l?exaltation face à l?exploit montagnard, la solitude des faces Nord, le rush d?adrénaline du couloir extrême (j?en fais un peu trop peut-être là).
En tout cas il y a certains plaisirs que l?on se refuse pas, être les premiers à faire « The grand couloir », itinéraire pas si extrême, évidant dominant les Remarkables, arrivant au point culminant dominant Queenstown, et un peu éprouvant, alors que tous les anglophones en parlent deux français le font, petit sourire en coin ?
Bref Queenstown ça a l?air d?être à éviter mais on y trouve quand même une petite communauté d?irréductibles, accrochée à l?éthique alpine, profitant quand même du côté festif des lieux.
Ski sexe and Wakatipu : un mois à Queenstown NZ vendredi 13 octobre 2006
Posté dans 'Evasion' par el cascador




réactions (12 réactions)
Tes photos sont vraiment top !
Allez bravo El Cascador, donne nous-en encore!!!