Avec Fred, on avait parlé de faire cette belle voie à la Dibona... Alors voilà, le RDV est pris ce Lundi 11 Juillet : 14h chez Fred pour le départ ! Comme à mon habitude, mon sac est beaucoup trop chargé... Il me semble pourtant pas que j'ai pris beaucoup d'affaires : j'ai même zappé le pantalon pour ne prendre que mon pantacourt de grimpe ! M'enfin...

14h20, on quitte Grenoble à bord de ma titine direction la Bérarde où on arrive vers 16h. Le temps est bien menaçant et il semble que vers le Carrelet, la pluie soit déjà en train de tomber. Tant pis, on est là, on y va ! 20 minutes après le départ, ça y est, il pleut... Bon, tant pis, c'est limite mieux puisqu'il fait assez chaud ! Mais Fred, toujours très rassurant, me parle de laves torrentielles dans le goulet qu'on doit traverser juste au dessus... ;) ! Dès que l'on arrive à la sortie du goulet, on se prend l'orage sur la gueule : les éclairs frappent de partout, la pluie tombe fort,... Pas moyen d'apercevoir les sommets environnants dans cette tempête ! On suit le chemin (perso, en priant pour qu'on se prenne pas un éclair sur la gueule !), et lors du dernier coup de Q avant le refuge, on se prend la grêle ! Il reste environ 500m de dénivellé avant le refuge... Et j'ai tellement hâte d'arriver que je reste en débardeur et en short sous la grêle (ça fait mal...). A 18h, on arrive au refuge, bien trempé et content d'être là ! Après s'être changé, on file préparer notre bouffe : soupe, pâtes avec parmesan et sauce tomate aux herbes, compote. Et grande découverte : le mal des montagnes... Même en Bolivie, à 5900m, j'avais pas été trop malade, alors que là, je n'arrive rien à avaler tellement j'ai la nausée, et j'ai un bon mal de tête ! Tant pis, un cachet d'advil et au lit ! Comme d'habitude, on se retrouve avec qlq ronfleurs, et mes boules Quiès me sont d'une grande aide pour dormir ;) (hein Fred ?) ! Juste avant de fielr au lit, on fait un tour dehors puisque la pluie a enfin cessé : on remonte un peu les éboulis situés derrière le refuge, au pied de la Dibona : la paroi est trempée et ne semble pas très accueillante. Au dessus de 2900m, tout est sous la neige : le résultat de l'orage de l'après midi ! Le Rouget est complètement platré, de même que l'Orientale.

Mardi 12 Juillet : réveil à 6h, petit déjeuner et là, on se rend compte que le soleil arrive au pied de la paroi que vers 8h... Pfff, retour au lit ! A 7h55, on quitte le refuge, et à 8h, on est au pied de la paroi. La voie commence juste derrière le refuge, et termine tout en haut de la Dibona. Fred part en tête, et je découvre un rocher d'une excellente qualité : une accroche parfaite, un joli grain, qui ne parpine pas,... Dément ! Au départ, on a pris une légère variante, et une autre cordée est partie un peu à notre droite. Fred accélère pour essayer de passer devant eux au premier relai, et c'est lorsqu'il entame la seconde longueur que le premier de cordée arrive au relai. Les longueurs s'enchainent, magnifiques, parfois sur des écailles, parfois en dalle,... Le rocher est parfois un peu mouillé, mais je suis surprise de la rapidité de séchage de la paroi ! Quel bonheur de se faire dorer le dos lorsque l'on grimpe ! Enfin, on est quand même en pantalon et en pull pour grimper, et j'ai réussi à prendre une onglée dans la première longueur ! La 4ième longueur avant la fin est ma préférée : le départ est un peu incliné, suivant le parcours d'une fissure puis la paroi devient très verticale et il faut suivre une écaille très franche, un pur bonheur ! De plus, le relai suivant est très confort ! ;) Une longueur un peu ''tire-bras'', mais très très belle !
Petit à petit les nuages bourgeonnent, et on essaie d'accélérer le pas : l'orage est prévu vers 14h, alors autant ne pas le prendre au sommet ! Déjà, le Rouget s'enveloppe d'un manteau de nuages noirs ! Arrivés au sommet, on attend qlq instants que le rappel soit libéré et on en profite pour admirer le paysage : c'est vraiment magnifique ! Derrière nous, on apreçoit des sommets tels que l'Olan, la Tête des Fétoules, les Rouies,... En deux rappels, on arrive sur une petite vire qu'on suit sur 50m avant d'être sur la terre ferme. Là, on avale rapidement qlq barres, et on descend rapidement au refuge où on arrive avec les premières gouttes de pluie ! Ouf, réussi, on est de retour avant l'orage ! :) ! Après avoir mangé, on file faire une petite sieste, puis on descend dans la salle commune pour discuter avec les cordées rencontrées la veille ou sur la paroi. La cordée partie au Rouget s'est pris un but et l'un s'est fait mal au genou. Il a fait la connerie de poser un rappel sur un piton qu'il n'a pas vérifié, et celui-ci a laché. Heureusement, il n'a fait que 4m de chute qui se termine sur un névé, mais il a eu bcp de chance !
Le refuge est plein ce soir là ! L'ambiance est bien conviviale et on discute avec des personnes de la banlieue de Paris, une canadienne de Vancouver, des Suisses du CAS,... Quel bonheur d'être là : déhors il pleut, et dans ce petit refuge, tout le monde est heureux, on oublie les problèmes, on ne pense qu'à la voie qu'on fera demain, aux autres sorties qu'on a faite, on compare les courses,... Vers 22h, on file au lit !

Mercredi 13 Juillet : réveil à 7h ! On devait filer faire une voie aux Tours, mais elles ne prennent le soleil que vers 11h, et je dois être à Grenoble le soir pas trop tard pour prendre le train... Fred lui aussi est pressé puisqu'il repart en refuge le soir même !
Finalement, la gardienne nous recommande ''Martine is on the Rock'' (TD+) ! Voie de 6 longueurs avec équipement espacé, avec passages en 6b. Très belle voie, des passages très difficiles (ok j'avoue, j'ai du tirer au clou deux fois pour passer... Mais avec le sac, c'est pas évident... ;) ), et une sortie sur la vire Boell. La voie continue mais comme nous n'avions pas trop le temps, on s'arrête là. Les Suisses qui nous suivaient ont pris un but dans la troisième longueur, une superbe dalle sans prise... Vive l'adhérence... ;)
On redescend au refuge où on mange un bout avant de redescendre en courant à la voiture ! J'emmène Fred à la Bérarde, et je redescend à Grenoble où j'arrive à 18h ! Le dernier train pour Aix en Provence est à 18h27, je prendrai donc celui de 6h le Jeudi matin...

Un grand merci à m'sieur Fred pour m'avoir supporté ces trois jours ! ''Visite Obligatoire'', cette voie vaut vraiment son nom : à faire absolument !