Sur le continuum des pratiques photographiques, où se situe notre propre histoire ?
De la lente ascèse des chambres au bouillonnement numérique irréfléchi, on placera le curseur de ses propres pratiques quelque part. Il semble que selon les lieux, les pays, les milieux, la convenance se situe quelque part et qu'il ne faille en déroger.
Ici même, on prendra son reflex, sa bobine de noir et blanc et on ira photographier des choses vues, et si possible, si la jeune fille le veut bien, un bout de seins, voire plus.
Cette approche normative de la photographie a un grand avantage, c'est quelle permet à quiconque en échappe de s'extraire des conventions et de devenir un marginal à peu de frais.
Ce continuum, de Adams à Araki, nous définit-il vraiment ? Dans une certaine mesure oui, car il dévoile notre inconscient photographique, et nos images sont comme une projection géante de nos fantasmes, nos peurs, nos limites et nos conventions.
Ne croyez pas que vos photos en disent beaucoup sur vous, sachons simplement que ce sont les images que nous sommes incapables de faire qui nous définissent le mieux. C'est en cela, peut-être, qu'on peut comprendre cet extrèmisme normatif qui encombre le discours photographique : la frustration de ne pas pouvoir.
A celui qui mitraille, qui capte la vie à grande vitesse et qui déborde de vie, qui cherche à tout prix à emmagasiner ses souvenirs, pour tenter vainement de retenir le temps, la photographie composée est une souffrance incommesurable et il se demande bien sûr, à quoi bon.
La photo comme souvenir du temps qui passe, dérisoire illusion, puisque c'est demain qui importe. Laisser filer sa vie en voulant en retenir des bouts dans ses filets photographiques.
Du gloutonnement photographique jeudi 12 août 2004
Posté dans 'la faute aux grafies' par d'la_fraiche


ça donne envie mais on va rester calme lol 




réactions (3 réactions)
C'est tellement vrai ...