La mission secrète du Jean Sap Movement sur les sommets pratiquement inexplorés des hauts plateaux de la Chartreuse a pris ce WE un tour très positif, puisque deux membres éminents du mouvement on complété, et avec quel brio, les 2/7èmes (environ) des objectifs.


Le premier objectif, c'était samedi, une ascension à haut risque de la face Sud Est de Chamechaude par la tristrement célèbre ''Brèche Arnaud'', un amas de rochers que l'on croyait jusqu'à présent infranchissable (de Clémencière à Sarcenas, en tout cas). Après un arrêt de quelques dizaines de minutes au Habert, où les 2 extrémistes de l'alpinisme Chartroussin rencontraient, médusés, un quatuor de jeunes (dont deux au moins de sexe féminin) en plein tournage de film pornographique, après un court arrêt, donc, Jean-Rom et Jean-Mat s'attaquaient au raidillon final qui mène sous la susmentionnée et toujours tristement célèbre Brèche Arnaud.

« Regarde, des traces de chamois » ahana Jean-Rom alors que quelques virages les séparaient encore de la base de l'obstacle réputé infranchissable dans tout le Sappey, et même jusqu'à Clémencière et Sarcenas. Jean-Mat, à bout de souffle, se contenta de regarder les crottes d'un oeil morne autant que dubitatif. et pour cause, trois gros moutons balourds les attendaient un peu plus haut, les toisant de leurs toisons.

La brèche était tôt franchie, presque sans se servir de la main courante posée là par on ne sait quel génie de la haute altitude, et le Jean-Sap Movement complétait sa mission à l'abri du vent hurlant, dans une excavation proche du sommet. La descente par les pierriers n'était plus qu'une formalité, et nos deux héros de l'intrépide d'imaginer toutes les barres qu'il y avait là à sauter quand la neige serait venue.

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Deuxième mission : La Pinéa, par un itinéraire nouveau et complètement insolite sur lequel on ne pourra trop s'étendre ici, si ce n'est qu'on ne saurait trop déconseiller d'y aller par temps de neige. Jamais. C'est beaucoup trop dangereux et inutile.
Mission accomplie là aussi, mais le vent au sommet était moins fort, donc c'était plus facile pour le JSP, fort de deux membres supplémentaires (dont un au moins de sexe féminin, et d'extraction douteuse, comme l'indique son accent roumain patibulaire).

Se défiant des petits enfants de trois ans qui les dépassaient en courant et des mamies de 70 ans qui leur cédaient obligeamment le passage, les membres du JSP rentraient encore une fois la tête haute, un sentiment du devoir accompli dans le coeur, et les yeux rougis par une nouvelle et audacieuse victoire.

(photos à venir)