40 cm de neige a Bucarest, un froid glacial et des nouvelles chutes sur les Carpathes. Ce mois de fevrier est une provocation pour skieurs. On a beau etre au milieu de la semaine, j'ai beau avoir cours le lendemain, il faut que je parte a la montagne, sinon je risque de foutre en l'air mon metabolisme, de fermer mes shakras, d'inverser mon Yin et mon Yang et de pleurer tout seul la tete dans mon oreiller. Mais point de ski sans comperes. Et comme de comperes il n'y a point, j'en appelle a une consoeur: Paola l'italienne, toujours partante pour aller montrer aux indigenes comment on skie en occident. bande de sous dev'.

Les deux tentatives infructueuses precedentes ne nous rebutent pas, et nous retentons notre chance a Sinaia (soiree la veille, train de 6h11 depuis Bucarest, le froid, les mecs bourres et le reste...bla bla bla... voir articles precedents).

Malgre le brouillard opaque qui recouvre les carpathes, l'omnipresente blancheur qui recouvre la roumanie et le froid siberien qui recouvre fevrier, le telepherique est ouvert; et tout vert (Ruquier, tiens toi bien, j'arrive).

Nous louons donc nos skis chez le loueur (ca se tient), qui bien qu'autochtone (oui, je me sens d'humeur xenophobe aujourd'hui), est de loin le meilleur avec lequel j'ai jamais traite. Il loue ausssi bien les derniers paraboliques du marche, que des antiquites des annees 70, pour les nostalgiques du ski droit et rigide et des fixations a lanieres.

Le matos sur les epaules nous nous rendons a la benne, et prenons notre forfait. Jusque la, le schema est sensiblement semblable a celui d'une journee de ski dans l'hexagone. Mais dans le tiers monde, les choses different a cet instant. Le forfait, comme dans n'importe quelle station de Roumanie est une carte a point. Seulement, le telepherique de Sinaia est en deux troncons, et donc, paf, le double de points de bouffes a chaque remontee. salops de gueux.

Une fois arrives en haut, nous nous trouvons dans une puree de pois insondable, et Paola est plutot reticente a faire des descentes sous le telepherique, ou se trouvent des barres rocheuses, et ou les pistes ne sont ni damees ni reellement balisees. J'ajoute aussi que ce sont les plus techniques de Roumanie (dixit les misereux du coin et le lonely planet). En consequence, nous nous rabattons pour la journee sur le seul et unique telesiege, de l'autre cote de la montagne, court et avec peu de denivelle, mais qui offre un acces a une bonne zone de hors piste. Et comme je l'ai signale dans mon article precedent (predeal 2), le skieur roumain, dans sa mediocrite et sa peur du risque, ne pose jamais ses spatules en dehors des pistes, voire meme en dehors de la terrasse du bar, parce que faut pas deconner non plus, au prix du matos, on est pas la pour le deteriorer. pourtant, bizarrement, la population skiophile de Sinaia est composee de mecs dotes du materiel dernier cri, avec casque, protection dorsale, camel bag et parachute. Il s'avere que 95% sont des kekes gaves de fric qu'ils viennent etaler dans la seule station jet set de Roumanie, tout ca pour aller consommer des bieres hors de prix dans le resto d'altitude de la station.

Quelques pistes et hors pistes plus tard, nous achevons nos points, et decidons de revenir au moins jusqu'a la gare intermediaire en ski. En effet, personne n'est reellement capable de nous dire si il est possible de redescendre jusqu'a la station en ski. Le roumain est ignorant et peu disponible. Nous prenons donc the most difficult slope of Romania: la Carp. En effet, elle est assez technique, d'autant plus qu'elle n'est pas damee et pas balisee. Le fait de ne pas savoir ou on va angoisse un peu Paola. J'estime que c'est le moment ideal pour la proteger et l'enlacer contre mon torse muscle. Mais elle reste lucide et repousse mes attaques. Pas si simple d'abuser d'une italienne.
Nous arrivons malgre tout a bon port.

retour station, ou nous retrouvons des collegues qui etaient la pour visiter le palais Peles (petite concession a ce sous peuple: j'admet que ce palais est effectivement magnifique), puis train archi bonde, ou je m'essaie avec succes a l'exercice conceptuel de dormir debout avec la gueule sur la porte des chiottes.

defonce que je suis, je rejoins mon plumard directement. C'est decide, je retourne a Sinaia un jour de beau temps. je le sens, il y a un potentiel hors piste enorme.

Ce jour la, une amazone du cru m'a aussi tuyaute sur une station meconnue, qui restera ma chouchoutte (plus pour l'ambiance que pour le ski): Azuga. c'est la prochaine etape.

PS: mais non, c'est pas vrai, j'adore les roumains.
PS1: mais non, c'est pas vrai, je n'abuse pas les italiennes.