Jeudi 10 Mars 2005, nous sommes au stade du Steuea Bucarest pour le huitieme de finale de la coupe de l'UEFA entre le Steuea et Villareal. Alors que la neige avait quitte les rues de Bucarest depuis plusieurs semaines, il tombe ce soir la sur la ville une vingtaine de centimetres. Le match est annule pour cause de terrain impraticable. Pas tres grave. De toute maniere, je suis deja ailleurs.
Je m'imagine le lendemain a Sinaia, dans les grands espaces vierges inexploites de cette station fantastique. Malheureusement, deux choses s'opposent a cette sortie: Tout d'abord, je suis salement enrhume depuis un bon bout de temps; et surtout, le lendemain, vendredi, commence mon stage en Roumanie. Moyen moyen de manquer le premier jour, tout de meme.

Sur ces pensees maussades, nous prenons le bus de retour, dans des conditions apocalyptique; le bus en derapage permanent, a la fenetre des voitures patinants et klaxonnants, des flocons monstrueux, et une carapace blanche ensevelissant la ville par un sursaut d'orgueil de l'hiver roumain.
La joue collee a la fenetre et les yeux dans le lointain, j'ecoute d'une oreille distante Ben, mon colloc belge, manier savament les sirenes de l'edonisme, tout comme il a su manier maintes fois avec moi celles de la debauche. Il me convainct finalement d'appeler mon patron, et de pretexter une maladie fictive, pour aller tater de la neige fraiche sur les sommets. Etant effectivement malade, j'ai moins de scrupules a jouer la comedie. Mon patron me croit de A a Z et me souhaite un bon retablissement pour le WE.

Que dieu protege les belges et les gens sans morale. A y regarder apres coup, il est evident que j'ai fait le bon choix: montagne immaculee, 1000 m de denivele praticables, couloirs, sauts et surtout bain de poudreuse ont ce jour la remplace la morosite commmuniste des immmondes blocks de Pantelimon, quartier hideux de Bucarest ou se trouve ma non moins moche entreprise.

Exceptionnellement, nous ne prenons pas le train de 6h11, ni le taxi pour rejoindre la gare. Aujourd'hui, c'est bus 123 et train de 8h30 au menu. Du coup, nous arrivons plus tard a Sinaia, mais peu importe, pratiquement rien n'est trace, et les zones vierges accessibles depuis le telepherique sont nombreuses et variees.

Poudreuse, poudreuse et repoudreuse, avec des champs de neige immenses et completement vierges, parfois juste a cote des pistes, des combes, et des espaces offerts juste a nous, les stations etant quasiment vides en semaine. Nous rentrons a Sinaia par la pseudo piste qui se finit dans les rues de la ville (skiables ce jour la).

DU BONHEUR.

prochaine etape: le lendemain de cette journee memorable, je retrouve Azuga, via un passage par mon lit a Bucarest.