Du fin fond des gorges du Verdon dont je suis l'affluent, je suis le témoin privilégié et la victime du réchauffement de la planète. D'ailleurs, je ne courre vraiment qu'au moment de la fonte des neiges. Le reste du temps, je ne suis plus que vulgaires flaques d'eau ou ruisseau intermittent soumis à la volonté de violents orages. Pourtant, jadis, j'étais puissante et redoutée, en témoignent les 180 mètres de profondeur que j'ai creusés pour en former des gorges abruptes et étroites.

Aujourd?hui, je ne suis reconnu et redouté que par une bande de joyeux drilles qui me rendent visite. Oh, ça ne dure jamais très longtemps. 3 secondes ponctuées de cris décrivant une décharge d'adrénaline ou de peur non contenue puis ½ heure pour remonter et me quitter. Il paraît même que certaines rivières se font chatouiller le ventre par ces individus farceurs qui ont envie d'aller au bout de leurs sensations.

Sauter à l'élastique n'a rien d'un exploit. Il suffit juste de pousser sur ses jambes et vous voilà dans l'instant le plus fort de votre vie. 180 mètres, 98 €, 3 secondes, ½ heure. Tous ces chiffres ne veulent rien dire. Il est difficile d'exprimer ce que l'on ressent pendant cet instant. C'est d'ailleurs différent pour chacune des personnes qui sautent. De l'appréhension, de la peur, des regrets, de la joie, de l'euphorie, du partage, de la fierté, une forte envie de recommencer, de la fatigue?
Chacun y tire ce qu'il veut ou plutôt ce qu'il peut. Dans tout les cas, sauter vous rappelle que vous êtes encore vivant et combien il est bon de repousser ses limites.


Merci à Cathou, Fredo et Nanou pour les petites photos d'action et de cette bien belle région.

Le pont qui surplomble l'Artuby

Même pas peur !!!!!!

L'heure approche, on fait moins les malins

C'est parti pour un grand shoot d'adrénaline

Photo de famille

C'est quoi, ce truc?

Lac de castillon

Moustier Sainte Marie

Les gorges du Verdon