Il est 20h, vautré dans mon canapé, je jette un dernier coup d??il au journal gratuit déjà feuilleté dans la journée. Perdu au milieu de la page des sports, une photo de montagne attire mon regard. Ca parle de projection, de soirée en club, de dédicaces, de pro-riders. C?est la tournée d?Optimistic, dernier film d?Absinthe Films.



Bon c?est du snowboard, alors pour un skieur c?est même pas la peine..... de trouver une excuse pour ne pas y aller ! Le temps d?enfiler mon plus beau smoking et je me retrouve au volant de ma Shelby Mustang GT 500 filant à vive allure. A 21h, chrono en main, j?arrive devant l?entrée du club où je suis interpellé par un skipasseur dont je tairais le nom pour ne pas lui fournir d'alibi sur son état en cours le lendemain. Là, dans le premier froid annonciateur d'un rude hiver, se presse une foule de riders aussi impatient que le lendemain d?une grosse chute de neige attendant l?ouverture du télécabine.

A l'intérieur, l'accueil est chaleureux. On nous sert des verres d?absinthe (? ou de vodka redbull, je sais plus). 1h30 plus tard, après quelques soucis technique et quelques verres en plus, on rentre enfin dans le vif du sujet.

- une petite présentation des riders en tournée: Romain de Marchi, Jules Reymond, Nicolas Droz (ainsi que d?autres noms aux sonorités norvégio-autrichiennes que j?ai un peu du mal àretranscrire ici) pour le plus grand bonheur des groupies.
- un lâcher d?articles publicitaires qui vous donne l?impression de vous retrouver dans l?enclos des lions en plein nourrissage.
- un film avec des images qui bougent et de la musique dessus.

Je dois avouer qu?Annie Boulanger (seule rideuse du film) ne s?étant pas déplacée pour moi et qu?un manque flagrant de soupe aux carottes dans mon enfance ne m?ayant permis d?être ni plus grand que le monstre devant moi ni plus vif que les autres chacals pour récupérer ne serait-ce qu?un vulgaire porte-clé, j?ai nettement préféré la partie film.
D?accord, peut-être même qu?Annie n?y aurait rien changé, vu la qualité du cru, mais bref je m?égare (de lion).

Donc dès les premières images, c?est tout de suite très rock?n?roll tant sur le plan musical que du point de vue des images où s?alternent des figures en freestyle backcountry et des couloirs très freeride dans un manteau neigeux à faire frémir un lapon.

C'est que les bougres n'ont pas attendu sagement la livraison des flocons en Europe centrale, ils ont été les chercher là où ils étaient le plus tombés: Alaska, Canada, Russie, Suède, etc. Ils n'ont donc pas eu beaucoup de neige, non, ils en ont eu trop, car comparé à ce que nous avons eu, cela devient presque indécent (faudra d'ailleurs vérifier les bordereaux d'expédition de l'année passée, il se pourrait effectivement que certains aient reçu les commandes des autres!). Les voire s'éclater (dans tous les sens du terme) au milieu d?une forêt de conifères, aussi blancs qu?un lièvre polaire albinos, est tout simplement insoutenable bien que magnifique à regarder.

Selon certaines critiques, il semblerait qu?Optimistic pose dans son titre la question de savoir s?il faut rester optimiste sachant que même si l?hiver doit être définitivement considéré comme pourri, il existe toujours un coin où patauger dans plusieurs mètres de fraîche. Une pseudo réflexion sur le réchauffement climatique en sorte ! On peut donc saluer l?effort fourni pour nous sortir un film avec autant de richesse et nous faire garder l?espoir bien insouciant que rien n?est encore perdu... pour réagir.


J?espère pouvoir être aussi « optimistic » cet hiver ! En attendant je vais me repasser quelques uns des plus beaux segments qu?on nous offre de la saison passée.