Les jours sont devenus des années. Chaque minute dure désormais une éternité. Le temps est une infâme distorsion, les secondes sont des heures, mais parfois quelques heures s'écoulent en une minute. Jamais vraiment réveillé, toujours un peu endormi, je n'ai plus aucun repère. Seule ma montre égrène les heures, me permettant de savoir depuis combien de temps je n'ai pas dormi ni mangé. Le soleil accompagne les aiguilles dans leurs rotations. Le calme se fait dans la rue, la ville s'endort. Je continue de somnoler. Le jour se lève encore une fois, les gens s'activent. Je n'ai toujours pas dormi, mon esprit est perdu et épuisé.
Fatigué tout le jour, je lutte pour rester plus ou moins conscient. Parfois je m'assoupis une petite heure mais combien de jours encore me faudra-t-il tenir éveillé?
Deux nuits déja que je ne dors pas... Deux longues journées qui n'en font plus qu'une, une journée annéantissante. Je suis devenu une ombre, une ombre qui doute et qui est spectatrice de sa propre fatigue.