Cinq heures un dimanche matin ! Le speaker annonce le départ ; perdu à cinq cent cinquante mètres d?altitude au milieu des mille six cent dossards qui ont été distribués, je commence à courir?
Et là, ami skipasseur, tu te demandes pourquoi je commence à te raconter une histoire de course à pied : Toi, tu aimes la montagne, les sommets enneigés, et la bière.
C?est que cette course-là, elle n?est à aucune autre pareille !
Alors je reprends.
Je commence à courir et découvre ceux qui comme moi sont venus avant tout pour se faire plaisir ; ce n?est pas pour rien que notre catégorie se nomme « Touriste » : Beaucoup plus de présence féminine que je ne l?imaginais et un grand nombre de personnes sont munies d?une frontale.
Après cent cinquante mètres de bitume, un goulet étroit nous balance directement dans le vif du sujet ; plus de mille personnes cherchent à se jeter dedans et il n?y a de la place que pour une à la fois : les premières minutes se passent dans l?attente du ticket d?entrée. Et puis ça passe.
Fin du goudron et début de la grimpette. Et quelle grimpette ! Nous sommes partis pour deux mille mètres de dénivelé. La file s?étale sur les lacets abrupts ; le premier kilomètre est à cinquante pour cent de pente. Il est difficile de dépasser, facile de chuter et l?on a vite fait de se retrouver coincé ; l?obscurité nocturne, toujours présente, incite à la prudence. Alors on suit, on suit?
Et puis après une heure quarante d?azimut brutal, c?est l?arrivée à Ponchette : C?est l?heure de la lumière solaire, la fin du premier tiers de la course et l?heure des alpages, nous sommes désormais à plus de mille huit cent cinquante mètres au-dessus de Douarnenez (oui, j?aime bien la Bretagne aussi).
La montée continue ; il me faudra encore presque deux heures jusqu?à l?hôtel Weisshorn, à alterner course et marche sur ces pâturages et petites sentes tout en profitant de la météo exceptionnelle ; la vue est immense et la beauté des paysages est magnifiée par l?effort. Ils sont tous là, les «quatre mille » promis :
Le Weisshorn, Le Zinalrothorn, L?Obergabelhorn, Le Cervin et La Dent-Blanche.
Après le ravitaillement de l?hôtel Weisshorn, bien qu?il reste onze kilomètres à courir, j?ai l?impression d?être arrivé. Enormément de randonneurs sont montés : certains pour faire une photo en action de papa, maman ou de la progéniture, d?autres dans le simple but de nous encourager. Quelques montagnards de la montagne agitent moult cloches à vaches ; bravos et applaudissements fusent à travers les pierriers ; cela devient presque gênant. Après une dernière descente kitzbüellienne et cinq heures d?effort, c?est l?arrivée à Zinal dans une ambiance démente.
Jusqu'à seize heures, les participants vont se succéder sur la ligne d?arrivée. Je les observe en sirotant une bière avec en point d?orgue, l?arrivée des pros qui ont le privilège de dormir quatre heures de plus que nous et qui flinguent le parcours en deux heures et demie pour les meilleurs.
Certains participants font l?intégralité du parcours en marchant - soit trente et un kilomètres avec un dénivelé positif de deux milles mètres et un négatif de sept cent mètres. Ils deviennent spontanément de fervents supporters lorsqu?ils sont rattrapés et dépassés par ces bolides. Toute la magie de Sierre-Zinal est là : la montagne, l?effort et le respect de l?effort des autres.
Alors, ami skipasseur, as-tu compris pourquoi cette course est faîte pour toi, que tu courres ou bien que tu marches ?
Bien sûr, tu as vu que je parlais de montagne, de sommets enneigés et de cette binouze finale qui t?est chère. Alors, combien de stickers en 2006 ?
P.S : Bravo à Angéline Joly-Flueckiger qui remporte la victoire et explose le record féminin de l'épreuve en 2h55'35''.
La Course des cinq '' 4000 '' mercredi 17 août 2005
Posté dans 'Histoires' par Ouatitm


Mais je skie comme une 







réactions (11 réactions)
Mais courir en montée ce n'est pas chose aisée. Le we dernier je me suis fait les 7 dernier kms du mont Ventoux et je dois dire que c'est déjà costaud !
Alors la ....
Beaux récit
Chapeau bas Mademoiselle
Beaux récit et belle course
Avec la Marmotte, on te rejoint l'année prochaine, pas vrai, Auré ?
j'ai failli l'année dernière, mais c'est certain qu'un de ces 4 je la ferai.