Il y a des périodes comme ça: rien ne va. Ou si peu et tellement de travers. Cet hiver s?inscrit pour l?instant complètement dans ces moments à oublier: une température à empêcher les ours d?hiberner tranquillement, une neige pas plus présente dans nos Alpes que les dahus, les licornes et les dragons réunis?
Bref, de quoi rendre malade n?importe quel skipasseur. D?autant plus qu?à chaque fois que l?or blanc a tout de même daigné nous honorer ? avec modération - de sa présence, j?avais des obligations. Famille, travail?. Décidemment, c?était bon d?être étudiant!
Trêve de nostalgie. Revenons à ce pourquoi nous sommes là: la sortie du 11 février 2007 avec Alex et Sophie. Pour info, au compteur on est encore sur la 1re main. C?est dire la pauvreté de la saison?). La forme n?est pas encore au rendez-vous, la pompe tourne pour l?instant au ralenti, la dernière chute de neige date de plusieurs jours et le foehn a fait déjà son ?uvre : le plan est donc le suivant: La Tornette depuis l?Etivaz, soit 1200m de dénivelé orienté pour l?essentiel nord, nord-est. Pas de quoi enflammer les foules, mais déjà de quoi se réconcilier un peu avec cet hiver avare en bonnes conditions.
En montant, on se rend vite compte que tout espoir de bonne descente est impossible. L?ascension ne se passe pas trop mal. Surtout pour Alex et Sophie, qui tirent comme des p? Pour ma part, ça coince pas mal? Cette petite surcharge pondérale récoltée à l?entre-saison se fait sérieusement sentir? Pas grave, j?arrive tout de même au sommet? comme les 70 (minimum) autres randonneurs qui avaient choisi ce sommet. Pour la sensation de liberté et de grand espace, faudra repasser. On se croirait à la gare de Lausanne à 7h30 un lundi matin. Tant pis, le salami a, comme toujours à ce genre d?altitude (2540m), bon goût.
Et alors qu?en sirotant une dernière tasse de thé, on se dit que finalement cette journée n?est pas si mal et qu?on trouvera bien le moyen de se faire plaisir à la descente, un ski AK de Sophie décide de se faire la mal. Le réflexe un peu court, on se contente, avec Alex, de regarder fuir le ski en direction Les Diablerets?. À l?opposé d?où on prévoit d?aller. La tuile! Quand je disais que rien ne va cet hiver?
Dépitée, Sophie décide de descendre à pied. Pas trop le choix en fait? Elle entame son périple sous les remarques désagréables et moralisatrices des vieux c**s du club alpin. Avec Alex, on trouve quelques rares possibilités d?enchaîner une ou deux courbes de qualité acceptable. Les maigres espoirs de bon ski envolés, «Gentleman Alex» donne l?un de ses ski à Sophie et se paie près de 800m de dénivelé sur une latte, façon skwalleur avec bâton. Une véritable démonstration. Pour dire, on a même rattrapé les vieux c**s d?en haut?

Enfin bon, tout ça pour dire que si dans la région d?Isenau-Les Diablerets, vous tombez nez à nez avec un AK jaune isolé. Merci de me contacter par MP?

John aka NaturalBornRider