Ce 9 mars 2007 fera incontestablement partie de ces jours qui restent gravés à tout jamais dans la mémoire. Pour de bonnes, mais aussi de mauvaises raisons.
Récit d?une journée? contrastée !
En premier lieu, ce vendredi, à lui seul, devait me faire oublier ma saison jusque-là catastrophique entre mauvaises conditions météo et obligations professionnelles. Pourquoi tant d?enthousiasme ?
Pour ça :

1. Skier avec Nicolas Falquet dans son fief des Marécottes, c?est incontestablement un privilège
2. Le programme est vraiment intéressant: montée au col de la Golette (200m de dénivelé seulement), descente sur le lac de Salanfe puis le village de Salvan.
3. La rencontre étonnante avec Jimmy Petterson.

Jimmy? C?est au premier contact un type qui skie avec un bandana jaune dans les cheveux et qui a le tin du visage façon « moniteur-rouleur-de-mécaniques». Pas de quoi enflammer un skipasseur.
Rangez toutefois vos préjugés. Cet américain de 57 ans a une carte de visite si longue qu?il faut un livre de 400 pages pour mettre en exergue sa vie de skieur. Ce livre, c?est « Skiing around the world », une encyclopédie de la glisse qui décrit 200 stations dans 47 pays différents, tous visité par Jimmy (Plus d?infos sur www.skiingaroundtheworld.net et www.skibum.info.se ).
Aux Marécottes, il tournait l?un des six documentaires qui composeront une série voyage et ski. Parmi les autres destinations, on trouve la Russie, l?Arménie, le Cachemire et la Suède, où Jimmy vit d?ailleurs une grande partie de l?année. En Valais, Nico Falquet servait de référence pour le sujet, mais aussi de skieur-modèle. Et moi dans tout ça ? Sans l?avoir vraiment prévu, je me suis retrouvé avec un 2e rôle de skieur-randonneur.
Au-delà du ski, cette journée a aussi et surtout valu par les discussions devant et derrière la caméra. Au choix: opposition entre le style oldschool de Jimmy et le freeride actuel; évolution du matériel et de la technique ; l?image du hors-piste et son utilisation commerciale ; responsabilité des professionnels par rapport à l?exemple qu?ils donnent mais aussi celle des pratiquants «normaux».
A propos de responsabilités. Il a été question d?assumer ce que l?on fait, d?accepter le danger de voir un proche mourir ou se blesser en pratiquant une activité ou le risque 0 n?existe pas. D?accepter ce risque soi-même et ses éventuelles conséquences... comme la rupture d?un LCA. Eh oui ! Petite chute, grande conséquence: piégé par mon ego, j?ai voulu trop en faire devant la caméra et je suis parti à la faute. Je n?y ai pas cru, j?ai continué à skier toute la journée, mais au final le résultat est malheureusement sans appel : triade maligne, comme le médecin de l?hôpital orthopédique de Lausanne appelle ça, soit ménisque, ligament latéral et ligament croisé antérieur.
Mais faut assumer maintenant: cette journée ne laissera pas des traces indélébiles que dans ma mémoire, mais également dans ma chair et mon corps?

John aka NaturalBornRider