Ca n'a toujours rien à voir avec le ski, mais autant que quelqu'un le lise plutôt que ça reste au fin fond d'un dossier de mon ordinateur, non ?
Cette lettre a été écrite pour un ''Concours de la plus belle lettre d'amour'' (snifff snifff ;-)) donc c'est pas quelque chose que j'ai vécue pour ainsi dire...


Pierre,

Je sais que tu ne liras jamais cette lettre. Tu ne verras jamais mon écriture, avec mes « s » qui s?enroulent comme des serpents à la fin des mots. Je le sais mais je ne peux m?empêcher de t?écrire quand même et cela me fais plus mal encore.

Je me souviendrais toujours de notre première rencontre. Je t?ai vu arriver de loin, avec ton pas hésitant dont je ne comprenais pas encore la cause. Tu portais un pull noir et gris avec un jeans, comme souvent, et tu m?as immédiatement plu.
Je t?ai observé longtemps avant que l?on ne se parle. Pourtant, nous étions dans la même classe mais je n?osais pas m?approcher et j?étais si? imperceptible pour toi.

Tout a commencé - t?en souviens-tu ? - à la sortie d?un cours d?histoire. Tu as trébuché et tu t?es rattrapé sur mon épaule, alors que nous descendions côte à côte l?escalier. Je sens encore la pression de ta main, à la fois douce et ferme, sur mon épaule. Tu m?as remerciée en me parlant à l?oreille et j?en ai eu des frissons toute la journée. Tu ne savais même pas mon prénom, j?en suis sûre.
De toute façon, que suis-je pour toi ? Une ombre, dans le meilleur des cas. Le plus souvent un support, une épaule à hauteur de ton bras. Peut-être une voix, un peu trop aiguë, voire un rire, toujours trop forcé.

Lorsque le désespoir gagne mes pensées, je revois le moment, si bref, où nous étions tellement proches et je n?ose espérer que tu t?en rappelles aussi bien que moi.
Je sens encore ta main, remonter de mon épaule le long de mon cou. Tes doigts qui démêlent mes cheveux tandis que ta voix, soudain un peu plus rauque, m?en demande la couleur. Un peu plus haut, ton index caresse doucement mon oreille droite, joue un instant avec le lobe et la boucle avant de continuer son chemin vers le front, où il est rejoint par les autres doigts. Et tranquillement, tu effleures mes sourcils puis mes yeux, fermés sous la caresse. Je retenais mon souffle tandis que tu frôlais mon nez. Et enfin, toujours aussi léger, ton index dessine le contour de ma bouche. Je n?ai pu m?empêcher de sourire.
Le seul sourire que tu as pu voir parmi tous ceux que je t?ai fait et que je te ferais !

Je vis donc avec ce souvenir si présent et je garde l'espoir qu?un jour?
Nous sommes si différents pourtant ! Toi, qui compenses ta vision par ton éloquence et qui sais si bien, à l?intonation des voix, sentir les émotions. Et moi, toujours un peu trop timide pour oser parler mais observant tout.
Je le fais encore davantage depuis que je te connais. J?aimerais tellement te décrire les petits détails, amusants ou tristes, que je remarque, et te faire partager mes émotions lorsque nous marchons dans la rue !
Mais j?ai peur. Peur, que tu ne perçoives mes sentiments dans ma voix. Alors je me tais, car j?ai peur que tu me rejettes et je reste à tes côtés, appréciant le contact de ta main sur mon épaule et ta voix, si chaleureuse, tout près de mon oreille.
Tu ne remarques même pas mon silence. Ou peut-être, ne veux-tu pas le comprendre. Tu me parles, je t?écoute et je te guide, heureuse d?avoir une place, même si anodine, dans ta vie.

Puisque tu ne peux le voir, je te le dirais un jour. Lorsque je n?aurais plus cette peur si forte d?être rejetée. De voir mon amour refusé. Car c?est de cela qu?il s?agit. Cette attirance que j?ai pour toi, celle-là même dont je suis sûre qu?elle n?est pas partagée, cette attirance, elle s?est transformée en amour, malgré le fait que tu ne lui opposes qu?une amitié plutôt distante et étrange en échange.

Alors je rêve à un jour qui n?arrivera pas, où tu me regarderas, d?un regard à la fois vif et tendre, où tu me dévoreras des yeux avant de lire ce qu?exprime mon regard. Et ce jour-là, je lirais à mon tour l?amour dans tes yeux?

Louise