Toute l?année, nous avions évoqué la possibilité de « faire le Derby ». Evidement celui de la Gr***, les autres, bon, c?est des Derby mais bon ce n?est pas la Gr***. J?avais sollicité des garZ et des GonZesses pour faire une équipe.Finalement les défections et le manque d?envie flagrants ont réduit nos possibilités. Restaient Pinpon et Freeflyer et moi-même à participer. Une arrivée de dernière minute conduisait Aimeric à s?inscrire aussi.


                      


Mercredi 4 avril :

Le temps à Lyon est morose. La banlieue c?est pas rose.6h45 je passe récupérer Aimeric, direction Grenoble pour livrer le Pif de Manuman qui a des problèmes de réveil. Nous arrivons tranquillement au gite du rocher. Soyons clairs : C?est le spot. Idéalement placé : sur la route, en face de la Meije, et à 30 m des hostilités. (Bar(s), Chapiteau-spectacle, Salle des fêtes, 100m du téléphérique). Accueil super sympa.

Au fait, il neige. Le temps de récupérer notre dossard 747 pour moi et 628 pour Aimeric, on sort les planches pour monter directement. Chui content pour mon pote, c?est son premier jour de l?année, c?est une défloraison de son nouveau (vieux 4807) snow, nouveau casque et tout et tout?

On entame la montée sur 3200 puis le sommet pour tourner sur le glacier. L?épaisseur de 15 cm de neige tombe sans discontinuité et permet à Aymeric de se familiariser avec son engin. Quant à moi, malgré la visibilité réduite je m?amuse bien. Petit cassage de dalle à 3200, au restaurant. Ce self est vraiment typique. Il y a des gros partout. Les gens se croisent sans se toiser et on reconnaît rapidement le touriste du montagnard. Les novices comme moi, restent humbles et en clair ferment leur gueule.

Swix nous propose de farter nos planches. Fart, fer, établi tout est à disposition. Cela fait partie du trip pour l?occasion?

Remontée sur le glacier, afin de terminer les dernières rotations avant que le TK ne ferme pour des raisons de visibilité. Il est 15h30 il est temps de redescendre sur P1. Bon là, il faut dire que la visibilité ne s?arrange pas et que l?on part dans les vallons en version canne blanche. Finalement je retrouve le chemin et la bifurcation pour P1. Neige vraiment pas pire pour la saison, on profite. La traversée sous la forêt risque d?être épique, eût égard aux nombreux « requins » affleurant (bois, branches, cailloux, genoux, poux, etc?) Nous ne sommes que mercredi. 1000 fadas sont attendus le vendredi !!

Pinpon et freeflyer arrivent dans la pinponmobile, (que je trouve un peu sale).

Dans l?ordre Diner, Poker, Dodo, Ronflements, (Pinpon et Aymeric), debout il est 7h45.

Jeudi 5 avril :

Malgré les protestations de mes colocataires de chambrée, il faut se lever tôt si l?on veut avoir une place dans la benne. Surtout qu?il y a un peu de peuple. En effet, il faut faire la queue aux caisses puis au télé. Cette journée est dévolue normalement, aux reconnaissances du terrain. Mais oui bien sur?

Je prends la décision de passer tout de suite à 3600. Le glacier est très appétissant. Peu ou pas de traces, grands champs de poudre inviolée. La « Reco » attendra. La neige est souple (il s?est arrêté de neiger que dans la soirée), toutes nos traces de la veille sont effacées. C?est un régal. Qu?il est bon d?ouvrir dans un domaine pareil. Full speed, gros virages et bucheron staïle en action, on rejoint le col pour basculer sur P2.

Séance photo, et déjà j?entends dire : « rien que pour ce run, çà valait le coup ».

Arrivés à P2 la gare est fermée pour des raisons d?affluence. Effectivement il y a foule. Du coup on descend sur P1 par la forêt, dans une neige pas pire. Mofo connaît cet endroit. Il y avait moins de peuf qu?avec Franckie mais suffisamment pour taper des rollers dans les restes d?une neige pas mauvaise. Avec Freeflyer on se dispute les lignes. (Comme je l?ai grillé sur le coup le Freeflyer héhéhé?). A la vue de la queue pour remonter à P1 on tire jusqu?à la Gr*** afin de manger et prendre l?apéro au Castillon.

Après midi on remonte rapido, sur le glacier pour l?animation Pezl. (On a toujours pas fait de « reco »).

On nous briefe sur l?utilisation du baudrier en milieu glaciaire. Ottakar se joint à nous pour former une deuxième cordée. Freeflyer, moi-même et le guide formons la première cordée, Ottakar, Pinpon et Aimeric faisant la deuxième. L?ordre de passage est très important car évoluer en corde tendue n?est pas chose aisée, et demande une certaine coordination. On s?en sort honorablement grâce au guide. Quant à Aymeric, pinpon et Ottakar, c?est une vrai cata.. Pinpon se fait stopper en pleine course, Aimeric love la corde alors qu?il ne faut pas, et Ottakar peste contre les nobordeurs parce que lui n?a que 2 jours de télémark à son actif.

Bref bonne ambiance quand même. On termine la dernière rotation pour se jauger sur le fameux tout droit et faux plat qu?il faudra passer demain matin. Rappelons que nous sommes tous en snow. Pour Pinpon en back c?est tendu du short,pour nous c?est presque pareil. La neige est encore un peu trafollée, et on ne peut pas prendre d?en haut tout droit, à cause du monde sur la piste. Première vrai « reco » il est 16h30. En gros on a deux options partir sur la droite de la moraine ou sur la gauche et partir en zone interdite.

La zone interdite est dénommée ainsi parce qu?il y a des chutes de pierres depuis la moraine et un joli sérac qui menace à tout moment de venir rider avec nous?

La droite de la moraine est le chemin le plus évident pour rallier l?arrivée. C?est droit et de nombreux passages faciliteront le parcours. C?est presque du damé. Sauf qu?il faut passer le goulet et s?engager correctement dans les vallons. Après mures réflexions, (on a pas frôlé la méningite non plus,?) on passera sur la gauche en évitant le goulet et on partira sur la zone interdite. C?est ce que s?était dit en finissant la descente sur P1.

L?arrivée est délimitée par deux oriflammes et n?est vraiment pas évidente. La droite et la gauche de la moraine convergent en un seul et même passage avec moultes bosses et arbres et rochers.. Ca promet.

Il est temps de prendre la benne pour rentrer, la réunion sécurité va commencer. La sécurité est bien annoncée et les pièges du parcours biens visibles. Les options que nous avions « reconnues » sont clairement évoquées. Pour les barges c?est à droite, pour les blaireaux c?est à gauche.

Atelier fartage et réparation pour les uns pour les autres massages et bar à mouffles pour les autres. Au passage on voit plein de skipasseurs (dingue non?)

Bouffe, poker, dodo, ronflements et à 7h00 « au fait les gars, je pars, et les gars, je pars, youyou je pars » Merci Freeflyer pour cette information digne d?intérêt..

Vendredi 6 avril : You have to be meilleur que last time.

Il y a un monde de fou. On monte et la pression aussi. Il faut environ 1H15 pour arriver à 3200m. On décide d?attendre Laeti from the 2alpes, afin d?encourager Freeflyer qui est le premier à passer avec un dossard dans les 150. De la butte on a une meilleure vision du tout droit qu?il faut faire. A priori pour les snows, même en laissant tout cerveau de côté le plat ne passera pas. Les meilleurs snows ne le passent pas dans sa totalité. Alors imaginez nous (le team de la loose..)

Christophe, (freeflyer) arrive il est 5ème sur 10. Sur le premier plat il décide de déchausser et on le voit arriver en courant (il est débile hein?) Pompier ou pas faites un sprint le matin à 3200 et on verra. Il rechausse pour partir dans les vallons, après pas de nouvelles jusqu?à l?arrivée, puisque nous devons nous rendre au départ.

Pas le temps de trop s?échauffer étant donné que pendant que nous montions à 3600, les dossards 400 passent (ou ne passent pas) devant nous.

Freeflyer nous informe enfin que la Zone interdite est longue mais cela passe.

C?est déjà l?heure pour Aimeric. Je laisse mon pote avec une petite appréhension. Dans 10 minutes c?est à moi. Aimeric ayant un grand sens de la compétition ( !) décide de m?attendre en bas du début de la moraine. Rien que pour cela il terminera dernier des snows. Ca c?est un pote !!!

A mon tour, Dossard 747, j?évite de penser à me crasher comme une grosse buse ou autre appareil gros porteur, lors du tout droit. Ca passe pas mal et avec l?autre snowboarder de la série, on met une tôle à tous les skieurs. Du moins avant le plat, qui évidemment ne passe pas il faut déchausser pour rechausser beaucoup plus loin. J?ai déjà plus de souffle. Je pars sur la gauche pour éviter le goulet puis par la droite afin de ne pas passer ou s?est gelé. Je rejoins Aimeric qui m?attend en fumant sa clope. On tire dans la zone interdite et sur la droite pour partir sous le sérac. On retient notre souffle et on « ouvre » des petites traces dans de la poudre bien fraiche, sous les yeux du staff du Derby. « Il y en a qui ont tout compris » dira l?un d?entre eux (qui se trouve être celui qui remet les prix chaque année).

J?arrive dans l?aire d?arrivée tranquille, je n?ai pas mal aux jambes, je suis juste essoufflé. L?effort est vraiment gérable.

Pinpon va bientôt arriver. Il est le seul de nous 4 à avoir décidé de prendre par la droite, donc le chemin le plus court. Effectivement il mettra beaucoup moins de temps que nous. Qui plus est Freeflyer s?est tanké dans les rochers. Aymeric finira dernier dans le classement et moi avec 19 min 33. Blaireau certes, mais content d?avoir tiré dans de la peuf, là ou les autres ne seraient visiblement pas passés, concentrés sur la seule ligne qui compte : la ligne droite.

Dans la raquette d?arrivée règne une ambiance de folie. Tous sifflent un snowboardeur en combinaison moules burnes, ou applaudissent très chaleureusement un handi sur deux skis qui passe sous la barre des 13 minutes. Chapeau bas. Cette prestation sera acclamée par tout le monde sous le chapiteau lors de la remise des prix. Franchement Respect.

Il est midi le derby est fini. Tout cela s?est fait en 4 heures.

Retour au village pour le repas gratuit. Aimeric a le genou détruit. Finalement, il aura tenu jusqu?au Derby, mais a lâché lors du retour sur P1 par la forêt.

Pinpon et freeflyer ne repartirons pas l?AM, préférant se « préparer » le transit du houblon pour le reste de la soirée.

Quant à moi je remonte, avide de peuf. Je croise Francus de la playa pour une petite bourre dans le glacier de la Girosse. La peuf est encore bien là et je me régale, çà passe super. On ne s?attarde pas dans les crevasses et on tire des grosses droites avant le col. Francus va voir (Jacques) Chancel et moi je retourne sur P2 par le col. Une fois passé, je m?égare dans un goulet et suis obligé de déchausser pour passer la difficulté. Les séances de désescalades de Beauvezer auront porté leurs fruits. Je redescends tranquille au village. Un petit massage pour se remettre en forme m?aidera pour passer la nuit correcte. Les échanges avec les Albertus, Zion, et autres Ottakar me font prendre conscience de ma passion pour la montagne.

Le reste de la soirée est vécue différemment selon que l?on est préoccupé par son classement, par sa résistance à l?éthylisme ou encore par la recherche du sexe opposé (ou du même sexe).

Vers 1h30 le sommeil me rattrape et me rappelle pour me dire « que je suis trop vieux pour ses conneries »

Finalement, non, pas si vieux que cela.

A refaire.

PTK repreZent

L?Artuby