Elle était une nymphe aux yeux verts,
Sa chevelure était de charbon aux reflets d?or,
Elle dansait dans le pâle soleil de l?hiver,
Les pieds nus, et la robe dans le vent du nord.

De sa voix chantante, cristaline comme la source,
Tombaient des poussières d?étoiles et de lunes,
Brillants d?éclats bleutés tournoyant en averse,
Se déposant sur le sol léger comme une plume.

Dans l?herbe grasse elle s?allongeait,
L?été venu avec son cortège d?oiseaux,
Chanteurs, ricaneurs, ils piaillaient
Près de la rivière aux grands roseaux.

C?est ainsi qu?un jour je la vis, certain
Qu?auprès du Grand Saule qui pleure,
Dans les brumes fraiches du matin,
Elle se tenait là, lasse d?un grand malheur.

Lui demandant la raison de ses larmes,
Elle me chante, elle murmure et s?épanche,
Mon c?ur est transpersé par une arme,
Dont nul homme ne tient le manche.

C?est ainsi que la plus belle des anges,
Etait condannée, d?attendre,
Que la Camarde vienne dans sa robe étrange,
Lui demander sa vie, son âme, et son c?ur pour lui prendre.

Je saisis sa main trop froide et lui dit,
Ne soit pas triste, belle nymphe, je t?aime,
Mais, le crépuscule était là et rien n?y fit,
Car déjà, son c?ur était trop en peine.

Elle m?embrassa tendrement pour me confier,
Que je ne pouvais être l?amant,
De celle qui appartenait à l?homme d?arme, riche et fier,
Et qui lui mettait l?âme en peine pourtant.

Dans mes bras mourut la plus belle des elfes,
Et sur sa tête, je posai doucement,
Une couronne d?iris, de rubans et de tréfles,
Et la pluie se mit à tomber sans bruissement.

C.J.
Marseille, Septembre-Décembre 2004.