Je les ai skié. Cette simple petite phrase me fait maintenant fremir de plaisir. Cent vingt cinq, quatre vingt dix, cent onze, un mètre quatre vingt quinze. Des dimentions de géant. Pourtant, une fois en main, le ski nous semble « normal ». Il n?est pas très large et semble shapé à l?ancienne : on dirait un ski droit. Beau, pour ça, il l?est. Le bois est omniprésent. Ca sent le chalet perdu dans la montagne, un feu de cheminé, et la tempête qui fait rage dehors.
Pendant deux jours, j?ai eu le grand bonheur de skier les versions 04-05 et 05-06 (toute deux en diamir FR). Elles sont identiques à part la déco. Mon coup de c?ur va à la déco 04-05 apparement encore dispo sur commande spéciale.

Dans la file d?attente du funiculaire de Tigne, je fais déjà sensation. Les regards convergent, on discute à voie basse, on me pose des questions. Bref, le ski interpelle dès le départ. J?ai lu quelque part que le ski était léger. Là, je me pose franchement des questions car tout de même, j?ai trouvé que mon épaule le sentait bien.

Allez, je chausse, et je m?élance sans attendre. Le ski a un comportement de ski de compétition d?avant l?ère parabolique. C?est une bombe. Il est terriblement rigide et il faut y aller très fort en flexion de cheville pour le faire tourner. Malheureusement, les conditions de novembre sur le glacier de Tigne (glace vive !!!) ne sont pas ce qu?il préfère. Pour le moment le ski dérape plus qu?autre chose. Il n?a aucune accroche sur la neige dure et les changements de carre sont terriblement long. J?ai l?impression de skier deux troncs d?arbre.

La neige tombe et recouvre la piste d?une fine couche de poudre. Je check les bord des pistes pour trouver de la neige douce. Incroyable, le ski carve de folie et possède une accélération de fou. On se croirait sur un semi-remorque qui a laché ses freins ! Je prend sérieusement de l?angle et ma main touche parfois brievement le sol! La prise de vitesse est incroyable. Le ski est un bulldozer, il explose, pulvérise, atomise tout sur son passage. A chaque virage les cuisses crient à l?aide.

Il est incroyablement sain. Il téléphone les réactions et ne trahit jamais, répondant au doigt et à l??il. Le prendre en défaut ? Impossible. Il carve à la demande (si on a les cuisses et la technique) et il dérape au moindre frémissement d?oreille. Des limites ? Je ne sais pas. Je serais incapable de les atteindre. Le pur ski de big montain. Je n?ai qu?une hâte le réessayer dans des conditions de poudre orgiaque.

Pour la taille, n?hésitez pas : 1m95 c?est le mieux. Je mesure 1m72 pour 65 kg. On ne peut pas dire que je suis un gros gabarit et pourtant, je n?ai pas eu de soucis. Je l?ai même skié en godille sérrée old school sans aucun souci (même si son dommaine de prédilection est le virage de super G à mach 1 dans 80 cm de poudre légère).

Un défaut ? Son prix. 950 euros la paire. Je peux toujours continuer à rêver?