Grenoble, jeudi 4 mai 2006,

Mon bureau ressemble a une infirmerie. En lieux et place des habituels dossiers clients urgents, des cachets, spray pour la gorge, goûtes, pommades et mouchoirs restent à porter de main. A tout moment un éternuement peut transformer mon écran en marécage visqueux. J’en tiens une bonne. Ce soir le médecin diagnostiquera et soignera le mal. Cependant je reste serein. Peut m’importe d’être malade. Lundi dernier, je fanfaronnais sur une arête dans le massif du Mont Blanc à 3700 mètres d’altitude. La descente et le portage pour rejoindre le parking ont scellé ma saison : une dernière descente de 1700m de dénivelé, ponctué de grandes courbes et de petits virages dans le raide.

Voilà la fin d’une saison commencée péniblement en décembre, jalonnée d’accidents et chutes des copains. Moi, j’aurais tenu la baraque jusqu’au bout. Je clôture avec un mois d’avance sur mes prévisions. Et alors, je suis crevé, laminé, torpillé et ce gros rhume prouve bien ma faiblesse. Qu’aurais je gagné à prolonger ? Quel intérêt y a t il à s’exposer dans un des nombreux itinéraires de haute-montagne ? Certes j’ai des ambitions et des rêves mais pas à n’importe quel prix. La fatigue se faisait trop pesante.

Il n’y a rien à gagner en montagne. La souffrance de la montée, des heures à transpirer, pour admirer un panorama ou savourer une descente dans la neige souple, c’est un plaisir pas une victoire. Il y a bien des batailles qui se livre là ; à l’intérieur. Dans le raide, la tempête, le brouillard, se sont certes des victoires mais elles se gagnent contre soi.

Voilà c’est fini ! Rassurez-vous, ma passion est intacte. Ma raison l’emporte. Figurez-vous ces quelques photos : la saison fut bonne. Une sacrément bonne saison, même !

On se retrouve en novembre pour patauger dans des mètres de neige fraîche.

A bientôt,