Partir en vacances avec quelqu?un qui a gravi les principaux sommets des Ecrins a comme avantage de se sentir rassuré quand il vous propose de « faire un 4000 » !
Départ donc, le 5 aout du Pré de Mme Carle (que les enfants n?ont toujours pas trouvé...) et montée pénible au refuge des Ecrins sous le soleil des Hautes-Alpes et dans les cailloux. La partie finale s?effectuant sur le glacier blanc qui pour ceux que ça interesse a perdu 500 m de longueur en 20 ans et 50 m en épaisseur au niveau du refuge.
Le lendemain 3h45, les muscles encore endoloris, c?est le départ. Une étoile filante en guise de porte-bonheur salue notre arrivée sur le glacier.La traversée de celui-ci permet de bien se mettre en jambe. La lune dans son dernier quartier rassure par sa lumière pâle mais donne à la montagne un caractère mystérieux.
Aux environs de 5 heures, un grondement comme un coup de tonnerre déchire l?atmosphère et envahit la pente. Notre cordée se fige et nos regards se portent sur notre droite. Les séracs dévalent la pente et coupent l'itinéraire de montée ou nous venions de passer 15 mn avant. Nous restons figés, mon coeur s?accélère. C?est terrifiant. Au pied de la pente les frontales s?agitent pour fuir le monstre... et le silence se fait. « Ca va en bas ?» lance un guide non loin de là. Question et affirmation. Aujourd?hui, que des frayeurs, 3 jours après, mêmes causes mais issue fatale pour 3 alpinistes. Que d?émotion pour un baptème. La montagne nous a rappelé qui elle était.
Le reste de l?ascension sera plus tranquille. La montagne se pare de rose au lever du soleil. Instants magiques.
Nous confirmons notre objectif, ce sera le dôme. La barre ce sera pour une autre fois. La raison l?emporte.
Il est 7h00 quand nous atteignons le sommet. 4015 m. Yes !!! Au sommet, échanges avec des Espagnols, oups pardon des catalans ! Le paysage est grandiose, seul le vent rompt la sérénité des lieux. Les efforts sont oubliés, seul le plaisir compte !
Il est l?heure de repartir. On ne s?attarde pas... Pause sur le glacier pour reprendre des forces. Puis descente au point de départ comme une tâche administrative : c?est pas le plus plaisant, mais faut le faire !!!! Au passage, on croise un papy solitaire sur le glacier, tennis au pied puis quelques minutes aprés une famille fort sympathique toujours sur le glacier. Il ne leur manquait que les crampons, les baudriers, les cordes, ... pour être encore plus sympathique... Peut-etre cherchaient-ils papy ?