Il faut croire que je suis abonné... Ma saison dernière s'est terminée avec une blessure, et cette nouvelle saison commence avec une autre!
Quoi que j'éxagère... Il est vrai que je suis resté bloqué dès le mois de mars l'hiver dernier, mais mes dernières courbes remontent au mois de mai! J'avais en effet pu profiter d'un hiver à ralonge dans les Pyrénées pour m'échaper en Espagne dès que le kiné avait donné son feu vert.
Direction le massif des Posets, en compagnie du snowboardeur Christophe Marobin (team Nidecker) et de notre photographe Alain Baschenis, histoire de cloturer cette saison en beauté.
1ère étape, le village de Bénasque, souvent surnomé le ''petit Chamonix Pyrénéen''. Il est vrai que c'est bien beau, et on sent ici aussi que toute l'activité humaine est tournée vers la montagne, haute de préference. Vous y trouverez d'ailleurs un shop spécialisé en articles de montagne aux dimensions surréalistes: 4 ou 5 étages à thème, de quoi faire le boonheur des alpinistes et autres freerideurs. D'ailleurs le shop recoit des commandes de toute l?Europe, il doit bien y avoir une raison...
Mais on est pas là pour faire du shoping. A défaut de récupérer une nouvelle paire de skis, on récupere Alain. Le temps de charger son C15 aménagé à la roots de tout notre matos, et nous voila repartit sur une piste caillouteuse de 5km qui finira d?achever le C15 d?Alain. Arrivé sur un parking végétal, on troque donc la voiture contre les chaussure de rando, on remplit les sacs, sur lesquels on rajoute les skis, puis une partie du matos photo d'alain...
Et nous voila partit en direction du refuge d'Angel Orus, dans un contexte bien printanier: c'est cool, il fait beau et chaud, tout est vert, les bourgeons et les fleurs refont leur apparition, mais pas le moindre flocon en vue. Je commence à me demander ce que nous faisons ici, surtout que nous montons malgrès une météo plutot pessimiste, qui ne nous permet pas de savoir dans combien de jours nous redescendront dans la vallée. Mais mes doutes disparaissent au fur et à mesure que nous montons. Au bout de 20 minutes de marche à pied, il y a de quoi chausser les skis. Mon dos est content, les skis de freeride Atomic montés en Diamir, c'est pas ce qu'il y a de plus léger à porter. Je n'ai désormais plus aucune inquiétude sur l'enneigement, il faut dire qu'on était partit de bien bas: 1500 mètres, au moi de mai... En montant nous croisons des francais qui redescendent sans avoir pu faire le sommet: risque d'avalanche beaucoup trop élevé, la neige ne manque pas là haut...
La dernière montée en foret permet de faire un nombre incalculable de conversions (mon point fort, tout comme Alain qui est particulièrement doué lui aussi) sur 30cm de large. Heureusement, nous arrivons enfin a notre camp de base : le refuge Angel Orus, planté à 2100m d?altitude, au soleil dans un petit vallon entouré de faces plus incroyables les unes que les autres. Et c'est pas Christophe qui me contredira: lui qui ne fonctionne pas au GPL comme moi est arrivé depuis un moment, et nous attend en contemplant tranquilement le spot de reve qui entoure le refuge.
On le sort de ses reves en le rejoignant, tant pis il continura de réver les yeux ouverts demain, sur sa board cette fois ci. Nous nous installons au refuge. Il a été entierrement reconstruit il y a 4 ans après s?etre fait exploser la geule par une avalanche. La nouvelle génération d?Espagnols voit les choses en grand, puisque du petit refuge de montagne, on est passé à un immense hotel du genre 4 étoiles pouvant acceuillir une soixantaine de personnes, avec bar, restau? Le club alpin a mis les moyens, et a meme construit une piscine au sous sol : le refuge soufre de problèmes d?humidité et des litres d?eau dégoulinent des murs et du plafont, donc ne laissez pas vos shoes en bas sous peine de les retrouver en version aquatique. A part ca, les chambres sont tout confort, avec 2 salles de bain par chambre? Malheureusement, 5 espagnols viennent rompre le charme en s?installant avec nous. La bonne femme devait etre au courant du standing de l?établissement, puisqu?elle a monté sa trousse de toilettes en format XXL.
Nos compagnons de chambre nous feront ensuite une chorale de ronflements toute la nuit, ce qui nous fera nous lever à 4 heures du matin sans regrets, mais avec quelques cernes. Le gardien du refuge est victime de notre saut du lit puisqu?il doit aussi se lever pour nous servir le petit dej?. Après avoir ingurgité 2-3 conneries, nous voilà partit en direction des Posets, sous la pleine lune. Nous avons prit la décision de partir tot, contrairement à tous les autres randonneurs du refuge, pour profiter de la neige dure à la montée et pour limiter les risques d?avalanche de l?après midi. Mais au bout d?une heure et demi de montée, Alain trouve un beau spot et nous demande de nous arréter pour attendre le lever du soleil, histoire de faire quelques photos d?ambiance dans ce cadre féérique. Mais voilà, on avait oublié que le soleil se levait ici à l?heure espagnole : on a attendu 2 heures avant d?en voir la couleur, le temps de geler sur place, et de se faire ratraper par les Francais? On repart alors pour la suite de l?ascension. Devant moi, Christophe fait le bourin et préfere monter en boots sur la neige tolée plutot que de chausser ses raquettes. Question de principe dit-il. Derrière moi, Alain crache ses poumons. Et moi au milieu, j?essaye de pas faire ma vieille meme si s?enchainer plus de 1000 mètres de dennivelé positif juste après 2 mois d?immobilisation me rappelle vite certaines sensations douloureuses?
Sur la crète finale qui mène au sommet, le vent a la fabuleuse idée de se lever plein pot. En temps normal ca me rend plutot heureux et je me dépeche de préparer mon matos de kite, mais sur cette crete ou la moindre erreur se paye cash, le kite est un peu hors-sujet. Les piolets et crampons que l?on a préferé laisser au refuge histoire d?etre plus léger se font regréter : penser à ne pas refaire la meme connerie. Finalement, nous voilà enfin aux 3375 mètres du sommet. La vue est fabuleuse, sans limites, on apercoit meme la maison à Saint Lary où on imagine tout le monde déjà occupé à des activités printannières (parapente, kayak, VTT?) alors que nous nous aprétons à faire un run d?antholgie dans une poudreuse de cinéma? On habite un beau pays?
Nous sommes sur le second plus haut sommet pyrénéen : l?Anéto ne nous dépasse que de 29 mètres. Alors que tout le monde s?entasse sur le « toit des Pyrénées », qui a d?ailleurs un peu le relief si passionant d?un toit, nous sommes ici à l?abris de toute présence humaine, les Français ayant renoncé au sommet. Et le relief qui se présente à nous ne peut laisser les rideurs que nous sommes indiférents. En effet, ce que nous retiendrons avant tout de ce massif est sa morphologie, faite sur mesure pour le ride. A perte de vue, des faces immenses, variées, immaculées? Le terrain incite le rideur à jouer avec lui, tout est ludique : ce massif donne envie d?etre créatif dans la manière de rider, d?utiliser le moindre relief au maximum afin de multiplier encore les sensations, tout en recherchant à s?intégrer au mieux avec la montagne, ne faire plus qu?un avec elle... Avec Christophe, on savoure ce qui s?offre à nous. Comme des gamins, on imagine toutes les possibilités de ride sur ces faces modelées pour le ride. Il faudrait certainement plus d?une saison entière pour laisser sa trace sur toutes les faces que l?on a devant nos yeux et qui attirent notre attention.
Mais nous sommes aux portes de l?été, et nous nous contenterons de la face qui se déroule sous nos spatules. Un run de plus de 1000 mètres de dénnivelé nous attend jusqu?au refuge. Pendant cette descente de plusieurs km, nous auront l?impression plusieurs fois de nous retrouver sur de nouveaux spots, tant le paysage change d?un endroit à l?autre. Nous découvrons de nouvelles ambiances au détour d?une courbe, tout en nous adapant aux nouveaux terrains de jeu qui s?offrent à nous régulièrement. Quand Christophe et moi ne sommes pas occupés à nous tirer la bourre quelque part dans la montagne, et que Alain arrive à nous garder près de lui, nous faisons quelques photos. Parfois, une face nous interpelle et nous n?hésitons pas à aller lui rendre visite à grand coup de neige jusqu?au genou. A ce jeu là, Christophe est imbatable, et ne peut jamais résister à la tentation d?une jolie face? Sans voir passer la journée, on arrive donc en bons derniers au refuge, à l?heure du coucher de soleil.
Nous resterons encore le lendemain pour nous amuser autour du refuge. On halucine encore plus sur les possibilités offertes par ce spot, et les conditions sont au RDV : nous sommes dans un frigo qui nous a réservé une neige encore poudreuse. Contrairement à hier où l?objectif étair de monter au sommet des Posets, là, la seule chose qui nous guide est notre instinct, et nous allons partout où la montagne nous apelle.
Mais il est déjà temps de rentrer au refuge. Nous profitons du dernier run surplombant le refuge. De nombreuses personnes nous guettent depuis la terasse, on fait donc monter un peu la pression avant de s?élancer dans ce run aussi court qu?intense, à travers les arbres, les rochers, les langues de neige et autres mouvements de terrain.
Cela marque la fin de nos 3 derniers jours de ride en montagne pour cette saison. Une chose est sur, nous reviendrons nous insataller un peu plus longtemps dans ce refuge, pour profiter pleinement du potentiel de ce freeride land. En attendant, il est désormais temps pour moi de troquer les skis contre la board de kite. La vie de rideur n?est décidément pas facile tous les jours.
Aventure à suivre dans les kiosques à la fin de l'hiver! ;)
[crédit photo: Alain Baschenis]
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Saint Lary: au pays des ours bruns. Matos de ski à vendre...
Souvenirs d'une fin de saison espagnole...
par Babouchka, samedi 13 novembre 2004


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