Je pense qu'on s'est tous posé ces questions?
Alors voilà, depuis quelques années, je me suis aperçue que je n'étais bien, qu'en ayant des montagnes, des pics, des cimes en face de moi? Pas seulement les faces enneigées de l'hiver, mais aussi aller découvrir cet espace durant les périodes creuses, sans les touristes, avec l'impression d'être seule au monde devant ces paysages, d'où mon déménagement dans la capitale des Alpes, pour continuer mes études, rien que pour le plaisir de voir les montagnes de mes salles de cours.
Je ne suis pas une grande randonneuse, encore moins une grande alpiniste (repoussant toujours à plus tard la promesse faite à mon père qu'un jour il m'emmènerait là haut au sommet du dôme des Ecrins...), pas non plus une grande skieuse, mais adorant aller faire joujou dans la neige, faire une ballade d'une heure dans les hauteurs, allant admirer les paysages à 360° que m'offre certains de mes crapahutages.
La montagne, je l'aime depuis toujours, même si j'ai souvent vécu (trop) loin d'elle au cours de mes (trop) nombreux déménagements.
Mes parents m'ont retransmis cet amour, cette envie d'y aller, de m'y balader, de la découvrir un peu plus chaque jour, ne serais-ce que par leur histoire, qui commence il y a 33 ans, lors d'un stage UCPA du côté de Briançon. Comment réussir à ne pas retransmettre l'amour des cimes à ses enfants, alors que l'essence même de la famille s'est construite entre deux relais, entre deux sessions grimpette.
Alors voilà depuis ma naissance, quelle que soit la ville de résidence, on passait en famille une grande partie des vacances, dans les Hautes Alpes, ou ailleurs dans les montagnes, été comme hiver, Sachant à peine marcher, je rampais souvent dans la neige ou j'admirais déjà le Glacier Blanc du porte-bébé, sur le dos de mes parents, ou j'assistais aux progrès des bambins plus grands que moi depuis la cabane de l'école de ski, pendant que mes parents étaient quelque part là-haut dans les montagnes, bien trop hautes pour moi...
Bien sûr grâce à mes parents, grâce à quelques guides ou moniteurs, j'ai été mise sur les skis dès que je sus marcher (et je suis consciente de cette chance), à 5 ans, je fais ma première montée au refuge du Glacier Blanc en marchant toute seule, comme une grande, s'ensuivront de nombreuses randonnées et balades, en compagnie de mes parents, dans les Alpes, les Pyrénées, le Mercantour à la découverte de la montagne, de sa faune et de sa flore, avec le souvenir de l'attente (déjà un peu angoissée) pendant deux jours des parents montant au Mont Blanc du Tacul (et à cette époque les portables n'existaient pas encore...), avec le grand frère, veillant sur moi, essayant de cacher son angoisse, sans y arriver vraiment. D?autres souvenirs bien nombreux s'y ajoutent depuis : le premier hors piste, la première randonnée à ski, le premier contact avec un ARVA (pas si vieux que ça celui là), les journées de grosse chute de neige, les jours de piscine. L'hiver de mes 7 ans, mes parents me forcent à porter un casque quand je skie, beurrkkk, bref pas le choix quand même, on est casse-cou et on l'assume, (je le remettrai de moi-même 14 ans plus tard!)
A 10 ans et demi arrive le premier « drame » lié à la montagne : une chute, pas grave, enfin en apparence, un jour de ski avec ma maman, dans les Alpes du Sud (de chez Sud, hein on parle des Alpes Maritimes ;)) « boarfff c'est une petite entorse, ma fille » Ok, même pas mal en plus, enfin pas trop, la douleur passe en 2 jours, mais se réveillant dès que je force un peu... Arff, « Maman, j'ai encore mal au genou quand même » Direction médecin du sport deux mois après la chute. Bilan : rupture totale du ligament croisé antérieur : quésako ? Je sais juste, que ça m'oblige à porter une attelle pendant deux mois, à aller chez le kiné pendant longtemps, mais alors très longtemps (Pour finir 5 ans plus tard sur une table d'opération, suivie de 180 séances de kiné), mais l'envie de remonter sur les planches, de retourner là-haut ne me quittent jamais. D'autres drames suivront : la perte de potes, dans des avalanches, des accidents liés à la montagne, me rappelant sans cesse qu'il faut rester humble et prudent face à Elle, m'obligeant à me rapprocher un peu plus d'Elle, pour leur rendre hommage, pour penser à eux, en dévalant les pentes, en grimpant là-haut...
Bref, je continue quand même à skier, tout en faisant ma crise d'ado « la montagne c'est bien que l'hiver, j'aime pas faire des randonnées, à quoi ça sert de monter là haut ? » « pour voir le paysage, découvrir le monde vu de là haut » « Boarff, pas besoin de monter vous allez ramener des photos, je les verrais.» Grosse bêtise qui dure quelques années, et du coup depuis mes parents sont persuadés que je n'aime pas marcher... Redécouverte de ce plaisir en venant habiter dans la capitale des Alpes, pour mieux profiter d'Elle, durant les quatre saisons, sans se limiter aux vacances...
Sans rien oublier, je continue à vivre Ma montagne, en continuant d'écrire mes souvenirs dans ma tête, avec quelques fois, des photos pour marquer ces moments de joie, de bonheur, essayant d'oublier les mauvais souvenirs, qui restent quelque part, dans un petit tiroir (au fond à droite) de ma mémoire, pour ne pas oublier, pour partir toujours en sécurité, même si l'accident est imprévisible (et tout accident touchant à mes passions me fait mal, même si cela concerne un inconnu, que ce soit là haut ou sous l'eau?)...
Bref, J'aime la montagne, parce qu'elle est belle, énigmatique, rappelant régulièrement qu'elle est plus forte que les humains sans humilité, offrant des paysages toujours différents et toujours magnifiques. J'ai pas envie de partir d'ici, de quitter mes montagnes (je sais c'est égoïste, mais bon, hein ;)), que j'aime plus que tout, mais peut-être que je n'aurais pas le choix, sûrement même, pour mieux y revenir, ça c'est plus que sur... Je ne pourrais pas m'en passer, encore moins l'abandonner sans possibilité de retour...
PS : je pensais pas que parler de la montagne m'amènerait à raconter ma vie, du moins le début de ma vie, j'espérais pouvoir montrer mon amour pour cet espace, en écrivant de beaux mots, le décrivant, m'attachant seulement à ce que je ressens quand j?y suis, mais non, les touches du clavier se sont enfoncées toutes seules sous mes doigts pour écrire ces mots sur l'écran. Peut être un jour, j'arriverais à décrire tout cela sans raconter ma vie, mais est-ce seulement possible...


Moi aussi je l'ai ce soir la larme à l'oeil... J'ai fait mes au revoir à quasi tout le monde, ca fait bizarre :x Allez, une page se tourne
. Malheureusement les retours sur Grenoble pas ...

réactions (3 réactions)
Je me retrouve complètement dans ces lignes de passionnée, sauf que pour ma part, ce sont 'mes Pyrénées' (avec affection et non égoïsme).
-A chacun sa montagne, des montagnes pour tous -
Passion partagée, bonheur de se ressourcer d'une petite rasade d'air frais, de se faire plaisir le nez dans les p'tites fleurs ou en jouant dans la neige.....rhaaa la montagne c'est bô !