Selon Mashable, Rip Curl aurait passé un accord d'exclusivité avec MySpace pour diffuser ses productions et ses vidéos sur la plateforme gentiment complètement fourre-tout de NewsCorp, mastodonte des media qui détient notamment Fox.
Qu'un tel accord de distribution voit le jour, pour pousser la notoriété grand public de la marque et rentabiliser de lourds investissements de production et de sponsoring événementiel, est tout à fait logique. Les audiences d'un YouTube ou d'un Myspace sont considérables et la diffusion chez eux est à ce titre une composante normale d'une stratégie de communication élargie au plus grand nombre.

Se pose en revanche la question de la signification du terme "exclusif". Car si on l'applique à la lettre, il signifie aussi qu'aucun autre site que MySpace ne pourra relayer à l'avenir les évènements Rip Curl, et celà inclut bien sûr les sites webs spécialisés comme skipass.com ou zapiks. Il est en effet courant que les marques et les évènements fournissent de tels éléments aux médias, en complément de leurs propres productions, pour illustrer leurs articles sur le mode du donnant-donnant : la marque fournit des contenus de qualité, et bénéficie en retour d'une audience très qualifiée pour ses contenus.
Lecteurs, support, marque : tout le monde y gagne.
Il suffit pour s'en convaincre de consulter notre article consacré au Red Bull Hike and Ride qui serait bien moins impactant sans les excellents contenus fournis par Red Bull (dont la stratégie sur ce point mériterait/ra un billet). Les commentaires très positifs des lecteurs confirment le bien-fondé de cette approche qualitative ouverte.

Qu'en sera-t-il donc?

>> Rip Curl, dans cette bataille pour le contrôle de la video en ligne (bataille qui rappellons-le n'est pas la sienne), en confiant ses contenus à un unique acteur, choisira-t-il de se couper de tout le reste, y compris des medias spécialisés et de leur lectorat de pratiquants, ceux là même qui ont construit la street-cred(ibility) de la marque? Si je crois à la complémentarité, je ne crois en revanche pas à la capacité d'un support généraliste à se substituer seul aux supports spécialisés et à réussir le grand écart entre grand public et pratiquants core.

>> Au delà encore, un tel accord d'exclusivité s'appliquera-t-il aux autres média? : à l'heure du multi-canal, il serait logique de refuser de fournir les images aux télés, qui sont toutes amenées à très court terme, si ce n'est pas encore le cas, à diffuser (et re-diffuser) leurs émissions "tv" en ligne, entrant dès lors en infraction avec un tel accord d'exclusivité. Et là je me dis que ça va pas être simple d'expliquer à TF1 qu'ils ne peuvent pas mettre 1 minute d'images de telle ou telle compétition Rip Curl dans leur 20h parce que derrière le dit 20h se retrouve sur le Web... Enfin ça va surtout pas être simple de décider de s'en passer...


Voilà, il ne s'agit en aucun cas de donner des leçons, juste de fournir quelques pistes de reflexion et questions, sachant que tout repose sur la définition donnée au terme exclusivité, et là on a pas tous les détails... si quelqu'un nous lit chez Rip Curl... ;-)

Du coup, on ne pourra donc peut être plus voir cette vidéo dans la rubrique Surf de Zapiks bientôt, dommage non?




complément : le communiqué de Rip Curl qui confirme qu'a priori leurs contenus videos seront chez eux, sur MySpace et nulle part ailleurs...

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