On a skié, et bien skié... à condition d''avoir été là le bon jour, au bon endroit. Dans cet hiver noir, ce sont sans surprise les stations d'altitude qui s'en tirent le mieux. Résultat des courses...
Après cinq années de fréquentation et de chiffre d'affaires records, les stations de ski françaises ont connu l'hiver dernier un brutal coup d'arrêt avec une baisse de 12% des journées skieurs et de 10% des recettes par rapport à la saison précédente (source panel SNTF, syndicat qui regroupe les exploitants de remontées mécaniques). Derrière cette moyenne se cachent de grandes disparités entre massifs et à l'intérieur même des massifs : certaines stations ont pu joindre les deux bouts, d'autres n'ont tout simplement pas ouvert. Ainsi dans les Alpes du sud, les grandes stations enregistrent une hausse de fréquentation comprise entre +2% et +20% alors que les petites tombent entre -20% et -70%. La Maurienne est stable en moyenne avec des extrêmes situés à -20% et à +57%, idem en haute-Savoie en Isère. Les petites massifs (Central, Vosges, Jura, Vercors, Chartreuse ) sont, eux, globalement sinistrés par la discrétion du Général Hiver. Transmontagne, exploitant de stations de moyenne montagne (Chamrousse, Val Fréjus ou Bardonnechia en Italie - voir la news) est en liquidation judiciaire. Si l'hiver chaud n'est pas l'unique responsable, il a aggravé la situation de cet exploitant.
A la Régie Intercommunale du Tourmalet (RICT), qui gère les remontées du Tourmalet-Barèges-La Mongie, dans les Hautes-Pyrénées, on pensait que le bilan de l?hiver serait bien plus noir. Le domaine accumulait les tuiles : une ouverture du domaine le 21 décembre, soutenue avec l'artillerie lourde des canons à neige, « pour sauver Noël », le redoux du mois de janvier qui fait baisser la fréquentation durant les week-ends et réveille le spectre du chômage technique (non appliqué finalement), un domaine ouvert à 50% seulement pour les vacances de février? Jusqu'à ce que la neige providentielle de mi-mars vienne couvrir les montagnes pyrénéennes de plus d?un mètre en trois jours. « Les vacances de Pâques ont été très bonnes. Elles ne nous ont pas permis de sauver la saison, mais au moins de l?améliorer un peu », dit-on à la RICT. Le domaine du Tourmalet-Barèges-La Mongie a ainsi vu son chiffre d?affaires baisser de 30%. « Ca aurait pu être pire ! Nous avons réussi à conserver notre clientèle de séjour, les Bordelais et les Espagnols, alors que les locaux sont très peu venus. »
Car ce ne fut pas un hiver sans neige, loin de là, les reportages alarmistes de la télé au mois janvier, qui montraient des champs de boue dans le Jura ou les Vosges, ont dressé un portrait calamiteux et mensonger de l'état réel des pentes : la neige était bien présente. Ainsi plus au nord et plus haut en altitude, Chamonix, à l'image des grandes stations de Tarentaise (+1,5% de journées skieurs à Val Thorens), est l?une des rares stations de France à avoir connu un bon hiver. Vu l'altitude de son domaine, à plus de 2000 m, la configuration météo n?a pas trop affecté son fonctionnement, au contraire, elle a attiré les skieurs qui trouvaient les téléskis fermés dans leurs stations de basse altitude. Chamonix augmente ses recettes de 12% même si, « comme toutes les stations, nous avons souffert jusqu?au 3 janvier, nous n?avions quasiment pas de neige », explique Jean-Marc Farini, directeur du développement à la Compagnie du Mont-Blanc gestionnaire des remontées mécaniques dans la vallée de Chamonix. Les précipitations arrivées ensuite ont arrosé la vallée de pluie et couvert les pistes de neige. « Avec une limite pluie-neige à 2000 m et un ensoleillement correct, nous avons réussi à avoir un ski satisfaisant sur l?ensemble du domaine. » La station des Menuires a même profité du bruit médiatique pessimiste pour lancer une "garantie neige" sur ses séjours afin de rappeler que les flocons étaient bien là.
La précédente année noire du genre remonte à 1989/1990 « avec une baisse de chiffre d'affaires et de fréquentation de 30% », rappelle Laurent Reynaud, directeur du SNTF. Trois hivers secs avaient mis fin à l'âge d'or du business du ski (il faut rappeler qu'en 20 ans, le marché mondial du ski a été divisé par trois, passant de presque 12 millions de paires de ski vendues par an à 4 aujourd'hui). « On remarque que si l'hiver 06/07 a été plus chaud que celui de 1989, les stations ont limité la baisse à -10% en moyenne. C'est le résultat d'investissements depuis 15 ans pendant lesquels la profession s'est organisée contre le manque de neige : neige de culture, préparation des pistes, etc... Cela bat en brèche une idée reçue qui dit qu'avec le réchauffement climatique les sports d'hiver sont condamnés. Cet hiver a prouvé que dorénavant la France a une économie bien plus robuste aux aléas climatiques que par le passé ». Ce qui a permis d'éviter, selon ses mots, « une catastrophe économique ».
Jeudi prochain : troisième et dernier article, cette fois du côté des fabricants de ski et de snowboard.
Texte : Floriane Macaire et Guillaume Desmurs
Photo en-tête : Val Thorens (©OT)


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Mais bon dans l'ensemble c'était une saison pourri (je parle la ou je suis allé
Je dis pas que j'ai pas eu de bonnes journées de snow mais en moyenne c'était bien moi bon que les autres années.
La seule chose à espérer c'est que ce sera meilleur cette année.
mais en comparaison avec quoi? L'annee precedent (05/06) etait plutot catastrophique pour le CdMB avec un baisse de Chiffre des Affaires de -35%. Heureusement ils sont partie de Compagnie des Alpes!
Donc +12% pour 06/07 est toujours moins -23%... grosso merdo.
C'est bon d'avoir des chiffres plutôt que des appréciations du genre : "catastrophique" "c'était mieux avant" ....
C'est quand même bizarre que cetains n'aient pas accès aux Webcams ! Mais c'est vrai qu'une image filmée 5 jours auparavant, et diffusée au(x) JT(s) a beaucoup plus d'impact