1 mai 2008
Les DVA (détecteurs de victimes d?avalanches, terme que les fabricants préfèrent dorénavant à ARVA, qui est une marque comme frigidaire) peuvent-ils être aveugles ? Le cas avait été évoqué lors d?une réunion sur la sécurité et les avalanches à Chamonix, au début de l?année : des tests montrent en effet que les DVA numériques peuvent, lors d?une recherche de victimes, ne pas « voir » les vieux DVA analogiques. Surprenant, mais surtout inquiétant. Nous avons cherché à en savoir un peu plus.
Rendez-vous est pris avec Alexis Mallon, guide, prof à l?Ensa et président de la commission technique de l?UIAGM (Union Internationale des Associations de Guides de Montagne). Les DVA, il connaît : « nous n?avons pas de préférence pour les marques. Nous ne sommes pas des professionnels du secours, nous sommes des guides, nous en formons et il faut que nos élèves connaissent ces questions. Ces problèmes de reconnaissance entre appareils numériques et vieux DVA analogiques pourraient avoir de graves conséquences sur le terrain. Donc, nous avons fait des tests (1) à l?ENSA avec des pisteurs de la vallée de Chamonix. »Le premier duo testé était un numérique (Pulse de Barryvox) et un DVA analogique (F1 d?Ortovox). Résultat : «le Pulse n?a pas reconnu le vieux F1.» Deuxième phase du test avec deux DVA d'une même marque : un F1 d?Ortovox avec, en appareil de recherche, le dernier né de la famille, le S1 qui a la capacité de déterminer si le DVA recherché émet dans la bande de fréquence ou pas. Résultat : « le S1 reconnaît le F1 comme étant trop vieux et hors bande. Il n?aurait donc pas été retrouvé par un vieux DVA analogiques numérique plus simple que le S1. »
« Ce problème ne se pose qu?entre les analogiques et les numériques : le signal émis par un vieux DVA n?est pas stable donc le système du récepteur numérique n?est pas capable de distinguer s?il s?agit du signal d?un autre DVA ou s?il s?agit simplement de ?bruit? et la recherche devient incohérente », précise Patrick Giraudon de Nic Impex, fabricant français de la marque ARVA. La remarque est confirmée par Dominique Boyer d?Ortovox France : « un DVA analogique arrivera toujours à retrouver un DVA analogique, même s?il est ancien. »
Pour comprendre les résultats des tests, il faut savoir que la norme d?émission des DVA est de 457 kHz, avec une tolérance de ±80 Hz (jusqu?en 2000 la tolérance était de ±100 Hz). Cela veut dire que les fréquences d?émission des appareils sont dans la norme si elles sont comprises entre 456,920 kHz et 457,080 kHz. «Cette tolérance pose problème dans plusieurs cas. D?abord, il faut savoir que la fréquence des DVA varie avec la température. Les 457 kHz de base vont dévier avec la température. A ?10°C, un appareil, construit à la limite de la tolérance basse, passe hors de la bande acceptée par la norme et peut donc ne plus être reconnu par les autres DVA. Par ailleurs, l?âge des appareils est un facteur très important. Les fréquences peuvent varier vers le haut ou le bas de la bande du fait de l?usure des composants. Et le problème se pose lorsqu?un DVA est construit au départ à la limite de la tolérance. Il sort facilement de la bande reconnaissable par les autres appareils,» poursuit Alexis Mallon. Le rapport complet d'autres tests, réalisés ceux-ci par l?Anena à l?automne 2000, semble corroborer cette affirmation.Nous avons demandé au fabricant allemand Ortovox si des modifications techniques avaient été réalisées sur leurs appareils depuis ces tests. Question technique à laquelle nous n'avons reçu que cette réponse officielle : «tous les A.R.V.A. Ortovox sont fabriqués avec le plus grand soin, selon les techniques de fabrication les plus modernes et respectent strictement les exigences des normes A.R.V.A. actuelles : EN 300 718-1, EN 300 718-2 et EN 300 718-3. Indépendamment du modèle, tous les A.R.V.A. ORTOVOX émettent, sans aucune exception, depuis 1981 aux fréquences actuellement demandées par la norme, soit 457 kHz, avec une tolérance de +/- 80 Hz pour l?émetteur.»
L?électronique n?est pas infaillible et celle des DVA ne fait pas exception. «Passés dix ans, les composants vieillissent. C?est la même chose pour tous les appareils, quelle que soit la marque : le marché est très petit, nous avons tous les mêmes composants et presque tous les mêmes fournisseurs», poursuit Patrick Giraudon. Pour limiter les effets de la déviation des fréquences d?émission, la solution paraît simple : se rapprocher le plus possible de la fréquence ?de base? de 457 kHz. Trop simple : « aujourd?hui, les fabricants sont capables de caler les quartz des émetteurs assez bien. Mais, techniquement, il est impossible d?être calé exactement sur 457 kHz. Plus on est proche des 457 kHz plus c?est cher. »
Car, et on s?en doutait, le problème n?est pas uniquement technique. Il est aussi économique. « Petit à petit, la Cisa-Ikar (Commission Internationale de Secours Alpin - IKAR est l?acronyme allemand) demande un resserrement de la norme. A terme, on va y arriver. Mais, on ne doit pas oublier le marché existant, on ne peut pas limiter la tolérance tout de suite. Nous avons une responsabilité morale, nous ne pouvont pas imposer aux usagers de changer d?un seul coup leurs DVA », estime Patrick Giraudon.
Pour Dominique Boyer, la meilleure réponse serait justement « un plus grand taux de renouvellement des DVA. Il y a encore des gens qui nous envoient des appareils qui ont vingt ans en nous demandant pourquoi il ne marchent plus ! Notre problème c?est l?évolution des appareils numériques par rapport aux analogiques. »
Bref, pour éviter que les DVA ne deviennent aveugles et muets, il faut les changer régulièrement. Mais surtout, il faut s?entraîner, les tester avant chaque départ. Et, comme on l?avait souligné lors de la conférence sur les avalanches et la sécurité : « la technologie peut permettre de retrouver une personne. Vivante ou morte. » Aucune technologie n?est parfaite.
Texte et photos : Floriane Macaire
(1) : Ces tests effectués n?étaient pas officiels et n?ont pas été réalisés selon un protocole strict comme ceux de l?Anena en 2000, précise Alexis Mallon.


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comment savoir quel DVA sont les mieux niveaux fréquence??
c simpa de voir le rapport complet et de voir le nombre de "non comforme"!!!!.....flippant!
Bon pour le commerce ça....
Donc, ça serait quand même super bien que les DVA soient:
-détaxés
-testés gratuitement hors saison
Au prix de ces petites merdes, le jour ou je me rend compte sur un entrainement que je capte pas le signal d'un pote, j'espère bien que le matos "hors norme" sera remplacé gratuitement par le constructeur.
Bah merde alors !!!!
Merci pour ces infos très importantes
Très bien fait
Mon vieux F1 marche bien avec les 2 numériques avec je l'ai tester. Je pense que c'est la conclusion de l'article qui est importante .
Un mammut capté mon signal d'une manière très atténué (pile neuve pourtant) d'après le guide!
Je vais le faire réviser par le fabriquant!
Le DVA de chacun doit être testé à chaque sortie...
Il arrête de fonctionner tout bonnement quand bon lui semble... un peu génant non???
Merci pour cet article.
c'est assez flippant ...
C'est nos vies qui sont en jeu, mais les DVA sont des appareils très simples, je n'arrive pas à m'expliquer les prix pratiqués.
Avant chaque sortie, test de tous les DVA entre eux.... ça prend 5 minutes, et on sait à quoi s'en tenir... C'est pas après une sortie que l'on teste son DVA, mais juste avant de sortir !
Question tarif : c'est cher, mais le très faible volume de vente et donc de production explique (un peu) le prix, sachant quand même que certains fabricants font l'effort de sortir des DVA analogique à 150 € tarif public... Par rapport à une paire de ski à 500 €... ou au coût du forfait à 30 €...
Quand à la société de consommation pour sauver des vies, juste un exemple : ma twingo n'est pas équipée d'airbag... pour ça aussi il y a un supplément... idem pour l'ABS...
Tester toujours vos DVA avant de partir...
Pour petitesophie et ses soucis avec l'arva Nic-Impex :
C'est simplement les supports de piles qui sont écrasés !
causes possibles :
- Très vieille ARVA (le métal n'a plus son "ressort"
- Mauvais entretient (piles laisées durant les étés !)
- Mauvaise manip en changeant les piles (c'était étroit sur les premiers modèles, certains "bourrinent" pour mettre des piles neuves).
a+
Mais je me sens floué car le vendeur qui m'a vendu mon ARVA numérique m'a dit explicitement qu'en mode recherche, mon appareil captait aussi bien les ondes des numériques que des analogiques!!!
Les tests matériels entre potes avant une sortie deviennent plus qu'indispensables!!!
mon arva est entretenu...
1er arva récent 2005
2nd arva neuf puisque changé en 2007 et il marche toujours quand bon lui semble.
je signale un problème qui est récurrent et préoccupant.
Perso j'étais au courant lors d'un stage MF1 effectué début janvier, mais l'info ne c'était pas trop généralisée...
C'est chose faite, tant mieux!
C'est bien gentils de la part des fabricants de nous avertir des risque mais à ce jour aucun ne fournit une prestation de contrôle technique cohérente avec un vrai PV en fin de contrôle pour nos appareils.
C'est un peu "on a fabriqué des engins qui vieillissent mal alors achetez vite les nouveaux tout beaux tout neuf mais on ne vous fournira pas plus d'infos sur les caractéristiques de départ et pas non plus lors des révisions".
Alors merci à cet article de passer le message des constructeurs mais c'est pas vraiment ce que j'attend de Skipass, sans rentrer dans du journalisme d'investigation, ces appareils de sécurité mériteraient que l'on creuse un peu plus le sujet...
Je tiens à préciser que je n'ai rien contre Skipass et que je connais même très bien ces engins et cette technologie ainsi que certaines des personnes interviewées.
Mais là je trouve que c'est facile de crier "Au Loup" pour les fabricants sans proposer une solution constructive et claire de "contrôle technique" pour nos engins afin de vérifier de façon claire où ils en sont avant de procéder à leur remplacement.
Mais si le probleme est connu, pourquoi ne font-il pas un rappel pour au minimum tous les vérifier?...
Il est clair que pour un tel materiel de sécurité, les fabricants ont encore beaucoup de progrès à faire concernant le suivit et le controle après vente.