Deneriaz a rangé ses spatules. Qui sera son successeur ? Qui sera le prochain Français à gagner une médaille olympique ? Impossible à dire, on sait seulement qu'il sera certainement issu de la filière de haut niveau de la FFS (fédération française de ski), sorti de ce que l’on appelle encore le "ski-étude".
Comment y entrer ?
Tout débute à l’entrée au collège, dans les sections sportives. Pour intégrer celle qui existe dans chaque district, il faut faire partie d’un club et surtout il faut y être bon et bien classé dans les compétitions Poussins (CM2) : « la participation et le classement au Coq de Bronze est un indicateur imortant. Sur les 8 à 10 courses disputées pendant l’hiver, le classement au final compte à 50% dans l’indicateur de recrutement, explique Thierry Blanc, coordinateur sportif de la section sportive du collège Saint Exupéry de Bourg-Saint-Maurice. L’autre partie du recrutement se fait sur le potentiel ski et EPS ainsi que sur des tests physiques. Ce sont des évaluations pour juger la totalité du dossier. »
Ensuite une commission étudie les dossiers scolaires et des tests de français et de mathématiques ont lieu en mai, afin d’établir la liste de ceux qui intégreront la section sportive à la rentrée suivante. Bref, il faut en avoir dans la tête et pas seulement dans les jambes. Même si, petite précision de Thierry Blanc, « les meilleurs en ski passeront même si leurs dossiers scolaires ne sont pas parmi les plus brillants. On remarque qu’il y a une forte émulation ensuite au niveau des performances scolaires. »
Comment les cours sont-ils organisés ?
Une fois entré en section sportive, les choses sérieuses commencent. « Au lieu de n’avoir que trois heures de sport par semaine, les élèves-skieurs en ont une dizaine. En période hivernale, ils ont trois créneaux de trois heures de ski par semaine. Nous avons pu trouver un accord avec les professeurs : les élèves ont des cours de skis sur les heures de dessin et de musique. » Mais évidemment, sur l’année, ils ne sont pas uniquement sur les skis. « VTT, rando, escalade, raft... Il y a beaucoup de préparation physique. A Bourg-Saint-Maurice, l’environnement s’y prête bien. » Et comme pour les champions, les jeunes pousses ont droit à des entraînements spécifiques au stade pour améliorer vitesse et tonicité.
Des horaires aménagés et des professeurs très impliqués. En général, les section sportives sont les meilleures classes des collèges où elles existent. Et cela a eu des effets pervers, comme le raconte Pierre Bornat, responsable du Programme National Jeunes à la FFS. « Nous avons eu affaire à des parents qui, sachant qu’elles étaient les meilleures classes, avec des effectifs moins importants (de 23 à 25 élèves par classe), voulaient que leurs enfants intègrent ces sections. »
Et ce que certains avaient pu oublier c’est que, le rythme demandé aux collégiens est presque celui d’athlètes de haut niveau. « Les élèves sont à bloc pendant les cinq jours de la semaine. Et en plus de cela ils ont les entrainements avec les clubs le weekend », précise Thierry Blanc. Et Pierre Bornat d’ajouter que « Le contre-coup, c’est une certaine déperdition à l’entrée au lycée. Pour certains le programme est trop dense, ils ont trop fait de ski et ont envie d’aller vers autre chose. »
Jusqu’à quel niveau peut-on continuer ?
Au dessus des sections scolaires des collèges, il y a le Pôle France et les Pôle Espoirs. C’était dur au collège. Ca sera pire au lycée. Et là encore, il y a un recrutement spécifique. Tout le monde n’intègre pas une structure du Pôle France, l’entité qui est en charge de la formation et de l’entraînement des meilleurs skieurs entrant en classe de 2nde. « Au vu des résultats aux courses de l’Ecureuil d’or, une quarantaine de jeunes skieurs passent des tests physiques et techniques. Nous mesurons leur réelle motivation pour intégrer la filière de haut-niveau. »
40 places, pas une de plus, et trois options possibles : le lycée général d’Albertville, le lycée technique de Saint-Michel de Maurienne et le lycée agricole de La Motte Servolex. « A Albertville, les rythmes de travail sont différents de ceux des autres lycées du Pôle France. L’année de Seconde commence le 1er juillet, pour que les élèves puissent être libérés pendant l’hiver. C’est un rythme accéléré en seconde, mais ensuite, ils font leur Première et leur terminale en trois ans. C’est très lourd à gérer et très exigeant », rappelle Pierre Bornat. Si un skieur ne peut pas entrer dans l'une des structures du Pôle France, il peut intégrer un Pôle Espoirs. Il y en a sept en France. Sinon, il peut entrer en formation pour le brevet de moniteur de ski. « Après le lycée, les skieurs peuvent poursuivre des études supérieures à l’IUT d’Annecy en trois ans au lieu de deux. 80% de ceux qui continuent ces études supérieures sont des filles. Le rythme leur convient, c’est celui que les élèves connaissent depuis le collège et le lycée. »
Combien ça coûte ?
En France la scolarité est gratuite. Celle que l’on peut suivre dans la filière de haut niveau ne l’est pas complètement. « A Bourg-Saint-Maurice, nous demandons 120 euros par an aux parents et 120 euros par an et par élève aux clubs. Cela nous sert à pouvoir prêter les skis, gérer le parc de skis et organiser les stages. » Au lycée, la cotisation varie en fonction de l’appartenance à la catégorie Espoir ou Jeune : de 350 à 700 euros par an. Finalement pas si cher lorsqu’on regarde ce que demandent les Suisses ou les Autrichiens. « En Suisse, à Davos ou Engelberg l’enseignement est privé et coûte 50 000 Francs suisses (environ 30 000 euros) par an. A Stams, la célèbre institution autrichienne, c’est 510 euros par mois pendant 10 mois. »
Texte et photos (lycée de Bourg St Maurice) : Floriane Macaire
Photos en-tête et vignette : D.R.


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(17 réactions)
bon article, ça aidera sans doute beaucoup de jeunes
A ce niveau la y'a de tout, biathlon, ski de fon, combiné, alpin, bosses, freestyle, handiski et snowboard.
et c'est la qu'on s'aperçoit que ce n'est pas forcement les freestyleurs les plus frequentables, ni mêmes les plus marrants, surtout les plus glandeurs (j'en étais un
mais surtout ça aide vraiment a poursuivre les études avec le sport, comme pour deux camardes de promo : Polo de le rue et roddy daragon
sinon bel article et dur d'être un champion
c'est une alternative au sport etude à étudier pour ceux qui sont passioné de ski et qui n'ont pas forcément le niveaux de pour intégrer le ski étude,
Merci pour l'article !
En effet, le ski n'importe ou et n'importe comment. (y compris le piquet). faites plus d'articles sur ces disciplines (les bosses aussi). Elles sont aussi sensation que les autres, exemple, la descente, imaginez vous à 120km/h sur une patinoire hyper raide, ça doit dépoter sévère. bien sur je le ferai jamais. Je préfère faire du ski plaisir (loin de moi la compétition) ma discipline préféré étant freeride (droit dans les sapins en poudre) et les bosses (le plus fun; freestyle et ski en même temps).
Mais sinon, je félicite les courageux qui se lancent la dedans, parceque peu d'élus. En Freeride ou freestyle aussi, peu d'élus si vous regardez bien, il suffit pas d'envoyer un peu pour etre candide thovex. Le parcours est largement aussi long, et moins cadré.
Faites vous plaisir en ski, que vous soyez de classe mondial, simplement bon, ou complétement nul. Et vive 2008 et sa neige.